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RRRrrrr !!!

Peter Jackson a réussi son pari. Ce défi insensé qui devait porter l'écran une trilogie intouchable de la littérature fantastique en une série de films fidèles et spectaculaires.

Impossible n'est pas Jackson, qui débloque les moyens financiers, humains, et matériels, pour poser un premier pas en enfer. Une véritable épée de Damoclès qui ne donnait pas droit à l'erreur.

Mais le réalisateur aura maintenant tout le temps de goûter au paradis, désormais dans la légende du septième art pour avoir mené à bien une des trilogies cinématographiques les plus ambitieuses et les plus impressionnantes de tous les temps.

Cet article ne la concerne en aucune mesure.

La scène, la télévision câblée, la télévision cryptée, et maintenant, suite ô combien logique, le cinéma. Depuis Robin des Bois (d'à peu près Alexandre Dumas), premier succès de la fameuse troupe des Robins des Bois (donc), ils en ont fait du chemin ! Grâce peut être rendue à Dominique Farrugia, qui découvre la bande des gais lurons, identifie leur potentiel comique "nuls", et les propulse sur le devant de la scène au mépris de tous les dangers (j'y vais un peu fort, là). Des années après, le cinéma français tremble d'un RRRrrr à faire claquer les dents des poulemouths, et se stupéfait d'y retrouver Alain Chabat derrière et devant la caméra, pour son troisième film en tant que réalisateur. Le thème choisi a en effet de quoi faire dresser les poils des chevalmouths, et connaissant lesdits comiques, l'opinion publique peut s'attendre à toutes les excentricités, même les moins drôles...

Nous sommes à l'âge de pierre. Depuis 800 ans, la tribu préhistorique des Cheveux Sales mène une guerre sans merci à la tribu des Cheveux Propres, pour s'emparer du secret ancestral du shampoing. Le nouveau leader des Cheveux Sales (Gérard Depardieu), grâce à un subtil déguisement, parvient à introduire sa fille Guy (Marina Fois) au sein de la tribu ennemie, avec pour mission de rapporter un échantillon du précieux liquide nettoyant. Les Cheveux Propres, eux, ont d'autres chatmouths à fouetter : Pierre (Juliette Poissonnier), la baby-sitter des enfants du chef Pierre (Maurice Barthélémy), est la victime du premier crime mortel de l'humanité. Le chef Pierre charge alors Pierre (Jean-Paul Rouve) et Pierre (Pierre-François Martin Laval), de mener l'enquête et de retrouver le crimier...

J'espère avoir bien fait comprendre à tout le monde, après rédaction de ce résumé, que ce film, si l'on peut le dénommer ainsi, ne pouvait être QUE n'importe quoi du début à la fin. Les Robins des Bois ont leur humour bien spécifique : celui qui les fait rire, EUX. En d'autres termes, ils font sur grand écran la même chose qu'ils faisaient sur le petit ou sur les planches : ce qui les fait rire, EUX. Attendez-vous alors, vous les fans, à retrouver précisément ce qui vous faisait rire, VOUS, dans leurs sketchs. Même humour gestuel (les vautres de Pef et Maurice), même humour verbal (création approximative de mots), mais à la sauce préhistorique et avec nettement plus de moyens pour la conception des décors. Même pas besoin d'histoire. L'important est de s'amuser, et d'amuser si possible. Conséquence directe, on frôle très souvent le "bide" intégral, concept passablement à l'origine du succès de la troupe, et beaucoup, beaucoup, beaucoup de moments n'ont pour seule raison de vivre que le remplissage d'un scénario très, très, très mince. Pourtant, à de multiples reprises, la mixture imaginée par Barthélémy, Fois, Martin-Laval, et Rouve, n'a pas si mauvais goût : Les premières minutes, véritable coup de poing infligé aux rationalistes que nous sommes, montrent indéniablement du potentiel, même si les choses se gâtent ensuite. On décroche parfois, exténué par une scène démesurément longue et asymétriquement drôle, pour revenir l'instant d'après dans un grand éclat de rire, avant de repartir au loin pour mieux y retourner, et ainsi de suite. Notons la présence des guests "habituelles" dira-t-on, Dominique Farrugia, Joey Starr, Valérie Lemercier, Jean Rochefort, etc.

Un long sketch des Robins des Bois porté sur grand écran, qui trouvent en la préhistoire un formidable prétexte pour convertir leurs pitreries dans le monde du cinéma, sans aucune retenue ou histoire potable que ce soit. Et ce n'est pas Chabat qui les tiendra en laisse, pas son genre, le réalisateur se livrant lui-même au jeu avec l'investissement qu'on lui connaît. Le concept de RRRrrr en deux mots : Bides et Gags, avec une part égale à chacun.

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