5/10

Le Rite : Anthony Hopkins exorciste

Un énième film d’exorcisme, qui fait semblant de poser la question de la véracité des cas de possession. Le résultat a des airs de propagande religieuse.

L'Exorciste : Au commencement est sorti en 2004, suivi en 2005 de L'Exorcisme d'Emily Rose. L'an dernier, Le Dernier Exorcisme pouvait laisser croire qu'on en avait fini avec ces histoires. Mais non… Le réalisateur Mikael Hafström, après avoir tourné un Shanghai au casting international alléchant (dont on attend la sortie
- Dites 33.
- 666.
française avec impatience), s'est attelé à ce Rite que l'on pourrait croire commandé par le Vatican.

Le film s‘ouvre sur une citation de Jean-Paul II, qui rappelle que le Diable est encore vivant et qu'il n'est donc pas prudent de faire une pause Kit-Kat en laissant son crucifix au vestiaire. Pourtant, notre héros Michael Kovak (Colin O'Donoghue, jeune acteur irlandais qui a fait ses armes à la télévision) est atteint d'une crise de foi. Il est sur le point d'être ordonné prêtre, mais pense n'avoir choisi cette voie que pour échapper au métier de croque-mort qu'exerce son père (Rutger Hauer). Son supérieur l'envoie alors à Rome pour découvrir le travail du père Lucas Trevant (Anthony Hopkins), qui exerce la fonction d'exorciste…

Dès les années 70, L'Exorciste de William Friedkin posait un jalon dans le genre ultra-restreint de la "possession démoniaque". Le film de Hafström ne prétend pas marcher exactement dans ces travées, mais plutôt offrir une vision "crédible" du monde de l'exorcisme. Du coup, la problématique centrale se pose en ces termes : faut-il considérer que les personnes possédées relèvent de la religion ou de la psychiatrie ? Le suspense ne tient pas bien longtemps : la première hypothèse est clairement privilégiée. Du coup, le minimalisme de la mise en scène, quasiment
Un film rasoir
dépourvue d'effets visuels et réduite à l'usage éculé d'une musique constellée de brefs pics sonores, rend peu excitantes les scènes d'exorcisme… jusqu'au moment où il est décidé de sortir le grand jeu. Mais là, c'est l'effet inverse : le surnaturel graphique ne passe pas, trop en décalage avec l'ambiance instaurée précédemment. Incapable de trouver le bon équilibre entre prêchi-prêcha pseudo-réaliste et film d'horreur qui file les chocottes, Le Rite se résume fort bien à son disclaimer final : on nous y dit que le scénario est inspiré d'une histoire vraie, mais que toute ressemblance avec des faits ou des personnes réelles serait une coïncidence ; allez comprendre.

Le peu d'épaisseur du personnage principal (ou est-ce la faute de son interprète ?) empêche de s'attacher à lui, on se rabat donc sur le prêtre complexe incarné par Anthony Hopkins, au bord de l'autocaricature. Il parvient à fournir quelques bonnes scènes, mais rien de suffisant pour rattraper un film convenu, qui fera ricaner les païens et n'apportera sans doute pas grand-chose aux croyants.

Partager cet article

A propos de l'auteur

3 commentaires

  • nazonfly

    26/02/2011 à 16h45

    Répondre

    Je déteste ce sentiment de "ah oui je sais, c'est..." tout en ne trouvant jamais le titre.

    Sur la première affiche en haut à droite, il ressemble quand même à Michael Douglas je trouve. Et sur la dernière de la première ligne, faut être sacrément physionimiste pour le reconnaître (tiens celle-ci ne serait pas celle de Hannibal ?).http://cinema.krinein.com/rite-affi ... 15276.html

  • Alexebriz

    21/03/2011 à 19h46

    Répondre

    Quel acteur excellent et inquiétant !
    vivement les réponses...

  • riffhifi

    21/03/2011 à 20h19

    Répondre

    Les réponses sont déjà en ligne ici : http://cinema.krinein.com/rite-affi ... 15277.html

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques