6.5/10

R.I.F., Recherches dans l'Intérêt des Familles

Parfois, aller en vacances n'est vraiment pas une bonne idée. La femme de Stéphane Monnereau (Yvan Attal), capitaine de police, en fait les frais en disparaissant mystérieusement lors d'une halte dans une station service. Le flic de la P.J. de Paris participe à l'enquête, puis fait cavalier seul quand les indices 58475.jpgcommencent à l'accuser.

N'y allons pas par quatre chemins : R.I.F. Recherches dans l'intérêt des familles est terriblement inégal.

Des défauts...

C'est en premier lieu le jeu des acteurs qui frappe. Si souvent Attal sait être très juste, il multiplie les fausses notes, les textes ayant parfois du mal à sortir naturellement. Mais ce ne sera pas le seul, car tout le casting est affligé de ce défaut. Pourtant, pour la plupart on les connait, ailleurs, en grande forme. Qu'est-il arrivé ?

Ensuite, c'est le scénario qui a du mal à nous entraîner dans son sillage. Si la disparition et les ressorts dramatiques utilisés tiennent en haleine (on ne peut pas franchement dire qu'on s'ennuie), la résolution arrive un peu abruptement, un peu mal amenée, pas satisfaisante. Pourtant, on comprend que c'est là le cheminement classique d'une enquête de police : on piétine pendant des jours, éliminant une par une les impasses, puis, quand on a la chance d'avoir une véritable piste, tout s'accélère et se clôt. Difficile de ne pas croire au réalisme de la chose, d'autant plus que Franck Mancuso a 20 ans de maison (il a réalisé et scénarisé Contre-enquête et scénarisé 36 quai des orfèvres). Mais au cinéma, on 58477.jpgn'a pas l'habitude de ce format, plus proche du téléfilm que de l'oeuvre cinématographique aboutie et complète.

Enfin, on regrette régulièrement le côté pédagogique des informations distillées. Pourquoi des gendarmes scanderaient des statistiques à un flic qui connaît son métier ? Mis à part pour asséner quelques vérités au spectateur, de façon fort peu habile, on ne voit pas... Dans le genre fiction à vocation de service public, on n'est pas si loin.

Reste que R.IF. a des qualités qui contrebalancent en partie ses défauts.

Et des qualités !

La photographie est travaillée, assez contrastée, parfois presque brutale, créant une atmosphère bien particulière qui s'ajoute aux tourments des personnages et leur lucidité.

Monnerau, le flic, et Barthélémy (Pascal Elbé), le gendarme, forment un duo tantôt complices, tantôt antagonistes. Des personnalités fortes qui s'affrontent et apportent une tension dramatique supplémentaire, mais sans chercher à se déstabiliser véritablement.

Pour finir sur une note... musicale, signalons que c'est Louis Bertignac (ex Téléphone) qui signe la bande originale du film. Bien foutue, dans le ton.

A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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