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Retour de la Créature du Lagon (Le)

Le Dr Alec Holland, savant génétiquement modifié en monstre végétal suite à un "accident" du travail, est de retour pour contrecarrer les plans de son ennemi de toujours, responsable de sa condition, le vilain Dr Arcane. Ce dernier, toujours motivé par ses recherches sur la longévité, poursuit ses expériences machiavéliques en créant des mutants plus tordus les uns que les autres...
Rien à dire, à ce beau résumé, il ne manque que la musique qui fait Pom Pom Pom et les éclairs tonitruants.

Le Retour de la Créature du Lagon fait directement suite à la Créature du Marais, petit machin mal emballé de Wes Craven (je ne vous ferai pas l'affront de vous rappeler que c'est la papa de Freddy) qui à l'époque montrait déjà qu'il était capable du meilleur comme du médiocre. Lagon, Marais...non ne cherchez pas. Craven parti vers des horizons plus glorieux, la séquelle se voit confiée à un vieux routard, Jim Wynorski. Wynorski, tout comme en leur temps James Cameron, Joe Dante ou Francis Ford Coppola, fait partie de que l'on a appelé l'écurie Roger Corman, nom incontournable de la série B américaine. De l'imposante filmographie de ce mentor, citons Les Monstres de la Mer, nanar rigolo avec Doug Mc Clure, Mitraillette Kelly, polar efficace pour l'un des premier rôle de Charles Bronson, La Petite Boutique des Horreurs avec le jeune Jack Nicholson ou encore quelques adaptations honnêtes d'Edgard Poe scénarisées par Richard Matheson, comme La Chute de la Maison Usher, avec le glaçant Vincent Price. Wynorski quand à lui, est devenu au fil du temps une valeur sure de la Série Z, statut expliquant à la fois la relative réussite de ce film et sa présence en DVD Mad Movie (bah oui, ils l'aiment bien, chez Mad...).

Réussite, car Wynorski fait du Z et ne l'a pas oublié. Les productions fauchées n'ont pas trente-six solutions pour éviter le précipice du navet et l'une de ces règles est de ne pas se prendre au sérieux. En ce sens, le Retour de la créature du lagon rempli ses promesses et le réalisateur, son contrat. Des actrices recrutées au physique (on retrouve Heather Locklear, vu depuis dans Spin City ), une serpillière géante pour habiller le cascadeur qui jouera le monstre, un marais nauséabond et embrumé, un labo, des savants fous, des effets spéciaux en caoutchouc... : ce film est au premier degré tout simplement grotesque, et comme dans toutes productions du registre qui se respecte, c'est bien ce qui fait son charme. Les acteurs s'amusent visiblement comme des fous, Heather Locklear décroche sûrement là le rôle le plus cruche de sa carrière et s'en donne également à coeur joie (sa performance lui vaudra le Razzie Award de la pire actrice, quelle injustice...), les effets spéciaux assument leurs ridicules et le tout est saupoudré de répliques bien tartes comme on les aimes. Vous en voulez une ?

- D'où est ce que vous sortez ?
- Du marais (...). Je suis...LA CREATURE DU MARAiS !!!

Le film, assez court et Z oblige, ne restera bien sur pas dans les chefs d'oeuvres du cinéma mais on prend un bon plaisir à suivre les aventures de cet être mi homme/mi tas de boue dont l'origine se trouve dans les pages des comic books. Cet univers sera d'ailleurs rappelé lors de jolies effets de transition, où une page se tourne entre deux scènes. Agréable à regarder et assez rythmé, le Retour de la Créature du Lagon malgré sa bonne humeur ne part pas dans la parodie et permet quelques belles ambiances, flirtant parfois avec le gothique. Sans y entrer toutefois totalement car l'ensemble est malgré tout assez léger car clairement destiné aux enfants. De la BD sombre et gore il ne reste strictement rien. Un gentil monstre, des méchants méchants, deux petits gamins en second rôles inutiles et des bagarres qui rappellent davantage des catcheurs de la WWF que les mandales d'un Jet Li...tout est assez lisse pour permettre le visionnage tout public, surtout si il est très jeune. Bien que formaté, voila du pur divertissement où Wynorsky, sur la base d'une histoire abracadabrantesque lâche des scènes tordantes sans viser plus loin qu'il ne peut. Une démarche en tout point appréciable qui fait passer ce petit ecueil.

Film de mutants et de biologistes véreux, Le Retour de la Créature du Lagon n'oublie néanmoins pas son sujet et permet un impressionnant bestiaire, transportant le spectateur dans une sorte de zoo où se croisent Homme-éléphant, Homme-Cafard, Homme-Hippopotame et j'en passe des pires... Si vous rêvez de voir des monstres bien ringards se foutre sur la gueule avec la grâce d'un rhinocéros, voici de quoi passer une soirée rigolarde et pépère, seul ou entre amis. Ce p'tit bout de pellicule qui oscille tranquillement entre le B et le Z ne s'encombre pas de subtilités et offre à défaut d'un grand spectacle une bonne poilade, quelques clins d'oeil sympas et une infime mais touchante thématique, autour du mythe de la Belle et la Bête. C'est pas bien malin et pas méchant, mais ça se visionne sans compter et tout ça fait bien plaisir. Comme le petit vin pas cher qu'on garde dans son frigo pour accompagner les repas...

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