5.5/10

Retour à Cold Mountain

Retour à Cold Mountain s'inscrit dans la lignée des grandes fresques dramatiques, promises aux Oscars et créées pour faire pleurer chaudement dans les chaumières. Le réalisateur, Anthony Minghella, spécialiste du genre (on lui doit entre autres le patient anglais) se remet à la tache avec cette fois-ci pour thème celui du soldat parti au front faisant tout pour rejoindre sa belle qui l'attend. Anthony Minghella maîtrise son sujet mais on voit qu'il a justement trop l'habitude de ce genre et Retour à Cold Mountain se révèle beaucoup trop formaté.

Peu avant le début de la guerre de Sécession, Ada Monroe (Nicole Kidman) arrive à Cold Mountain en Caroline du Nord pour retrouver son pasteur de père. Elle y rencontre Inman (Jude Law), un ouvrier farouche et ténébreux, dont elle tombe immédiatement amoureuse (évidemment c'est réciproque). Etant un peu trop bête et maladroit pour s'avouer leur amour, les deux tofurtereaux vont finalement être arrachés l'un à l'autre à cause de la guerre. La belle dit alors au soldat «je t'attendrai», celui-ci répondant «je reviendrai» (même si en fait il ne dit rien du tout parce qu'il n'est pas très doué pour parler avec elle). Voilà, l'histoire est lancée. La guerre ne durera pas un mois comme prévu et Inman va déserter pour retrouver sa promise.

Un film de ce genre tient sa réussite sur la fiabilité du couple et sur le jeu des deux acteurs principaux. Leur relation, peu crédible au début s'améliore au fur et à mesure. Jude Law est excellent mais l'interprétation de Nicole Kidman est variable, alternant le mauvais et le très bon. Certains dialogues entre eux deux étaient d'une niaiserie et d'une bêtise rarement atteintes, ce qui m'a personnellement fait beaucoup rigoler alors que ce n'était certainement pas le but. Le rôle de René Zellweger en paysanne bourrue qui lui a valu un Oscar était amusant une minute mais c'est tout. Un Oscar pour un accent pas possible et des cheveux mal coiffés, c'est bizarre. On notera aussi que le film fourmille de seconds rôles comme Giovanni Ribisi, Natfalie Portman ou encore Jack White (chanteur des White Stripes) qui apportent effectivement un petit plus à l'ensemble.

Retour à Cold Mountain est parfaitement maîtrisé mais il l'est justement un peu trop. C'est une oeuvre hyper classique qui souffre de son côté formaté. On connaît toute l'histoire avant même qu'elle ne commence et les effets de surprise ne marchent pas. Le film recherche trop le mélo, le genre sponsorisé par kleenex qui doit faire pleurer. On peut également reprocher la longueur de l'oeuvre, comme si un grand film devait durer 02H30. Le rythme, bon au début, s'enlise au bout d'un moment. Le réalisateur aurait pu couper 30 minutes, surtout les parties avec Nicole Kidman assez répétitives. En fait, le film est composée de deux parties: ce qui se passe en arrière avec les femmes travaillant à la ferme et attendant leur mari et le parcours semé d'embûches d'un déserteur. Retour à Cold Mountain se voulant réaliste, quelques passages sont assez crus pour bien renforcer les horreurs de la guerre (au front et pour les civils).

Malgré des dialogues malheureux, un classicisme trop formel et un côté dramaturgique surdéveloppé, Retour à Cold Mountain réussit à passer convenablement dans son ensemble. Le réalisateur montre qu'il connaît son sujet mais son oeuvre préfabriqué et sans surprises ne convainc qu'à moitié.

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