8.5/10

Requiem

Braquage à la française...

"Je m'appelle Christian. Je suis mort il y a 13 ans. Je suis né il y a 13 ans. Cela s'est passé cette nuit, cette fameuse nuit. On était cinq, on ne se connaissait pas. C'est Marcus qui nous a recruté. Goliath avait besoin d'hommes de main pour un cambriolage. Goliath ? on a jamais su qui s'était. Y'a que Marcus qui sait, et encore, il doit pas savoir grand chose. L'affaire était simple : on kidnappe le mari, on prend en otage la bourgeoise et sa fille et on fait le ménage dans la baraque. Seulement voila, y'avait Gippé. Gippé son problême, c'est l'anémie. Il n'a pas assez de sang pour son cerveau et sa queue : quand il bande, il pense plus à rien. Je vais pas te faire un dessin, mais avec la femme, ça a fini par dégénérer. Comme dit Marcus, Goliath, il aime pas quand il y a de la violence. Faut que ça soit propre. Du coup Marcus a flingué tout le monde : le mari, la femme, la petite fille. Derrière la petite fille, y'avait moi. Une bastos dans le coeur. J'ai voulu jouer au Samaritain, j'ai perdu.
Je me suis fait choper. Les poulets, ils m'ont laissé un drôle de choix : je balance les potes et je suis libre. Je dis rien et je crève en taule. Qu'est ce que tu crois que j'ai fait ? Y'a que les lâches qui s'en sortent, regarde les films. J'ai joué à la balance. Les flics m'ont planqué dans un monastère. J'aime bien le monastère. C'est paisible. On a le temps de refléchir. J'ai pensé à mes conneries. A mon âme. J'ai fini par joindre la confrérie, pour payer ma dette d'une manière ou d'une autre. "

"Je m'appelle Marcus. J'ai participé à plein de coups pour mon boss, celui qu'on appelle Goliath. Le dernier ? il a été particulièrement foireux. Un cambriolage. C'est pourtant simple, un cambriolage. Sauf que j'avais recruté des amateurs. Un putain de bain de sang, voilà ce qu'on a gagné cette nuit. On s'est fait coffrer. Y'avait un mouchard parmis nous, mais qui ? on est tous en taule. Sauf Christian. Mais ça m'étonnerais qu'il dise quoi que ce soit, Christian est mort, je l'ai descendu moi-même. Non, il en reste un dehors, finalement. Goliath. Personne n'a réussi à l'embarquer, celui-là. D'ailleurs même en taule, on essaie de me faire dire où il est. Le directeur est encore venu me voir, avec sa gueule en vrac. Il joue au dur avec moi. Mais je cracherai pas le morceau. Je suis pas une balance moi. D'ailleurs, dans un sens, c'est vachement fendard. Car il le sait pas, le directeur, mais Goliath, il va pas tarder à l'avoir en face. J'ai reçu un message codé, dans le courrier. Ce soir, on se fait la malle. Goliath a tout prévu : voiture, fringues, flingues....
...Il avait juste pas prévu que la voiture allait tomber en rade en pleine forêt. Ou peut être que si. On sait jamais avec des mecs comme Goliath. En attendant, la bande et moi, on va se planquer dans ce monastère. Goliath avait forcément un plan de rechange. Mais on m'enlèvera pas de l'idée qu'il y a un truc qui cloche. Pourquoi il a attendu 13 ans pour nous faire sortir de taule, Goliath ?"

"Je m'appelle Carla, je faisait une rando dans la montagne. Dans le brouillard, j'ai perdu mon chemin. Pas foutu de retrouvé le gite, tu parles d'une aventurière. J'ai demandé l'hospitalité pour la nuit dans ce petit monastère, le temps que le temps se lève. Le Père supérieur était pas très chaud pour m'accueillir. Ils ont une vie simple et n'aime pas s'en écarter. Surtout quand ça vient d'une femme. Maintenant que j'y pense, j'aurai mieux fait de dire merde et de foutre le camp. T'aurais pensé toi, qu'on pouvait braquer un monastère ? Maintenant je suis là, avec des gars en cuir armés jusqu'aux dents. Ils attendent un type, un certain Goliath. Les moines ? ils ne vont rien tenter, ils crèvent de trouille. En y repensant, y'aurait peut être le frère Christian. Il a l'air d'en savoir un bout sur nos agresseurs."

"Je m'appelle Hervé Renoh, je suis Français, et mon film, il s'apelle Requiem. C'est un film très noir, assez violent. Mes réalisateurs préférés ? Tarantino, John Woo, Bryan Singer, John Carpenter... dans Requiem, je leurs rends hommage. On retrouve des gunfights typiques, des ambiances, des clins d'oeil... tiens par exemple ce passage où un personnage recrache le fameux Ezechiel 25:17 de Samuel L. Jackson, dans Pulp Fiction. Et puis bon, Goliath, quand on y pense, c'est pas une sorte de Kaiser Soze ? Requiem, c'est un polar qui se transforme en western urbain, qui fini par lorgner le thriller fantastique avant de finir en apothéose.
Le point faible de mon film ? Je dirai le scénario. Une trahison, une cavale imprévue... pas très original finalement. D'autant plus que le retournement final ne retourne pas grand chose. Les films à twist, le public commence a y être habitué. Pas de chance, le mien est trop prévisible. Dommage. Mais bon, on se console avec les bonnes sales trognes de mes acteurs, le climat et surtout l'excellente musique, choeurs grégoriens qui s'intègrent à merveille dans le film, lui conférant ainsi son aura si particulière. J'ai pris un plaisir monstre à faire ce film, et je crois que ça se voit à l'écran."

"Je m'appelle Lestat. N'en déplaisent aux détracteurs, le cinéma français va bien. Jusqu'à tant que l'on reste dans les productions modestes, on tombe parfois sur de petites perles. Un peu poisseuse ici, la perle. Requiem est un film sanglant, noir, variant les ambiances et les thèmes. Il ne renouvèlera pas quoi que ce soit, c'est un peu dommage. Malgré tout, l'audace, les clins d'oeil et une certaine "french touch" fera passer la pilule. Qui a dit qu'en France, on ne savait pas défourailler ?
Un film à découvrir absolument ! "

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Impitoyable

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1 commentaires

  • Anonyme

    12/05/2008 à 13h56

    Répondre

    Les quatre truands sont plutôt stéréotypés mais je ne les ai pas trouvés spécialement violents. Un moment, un des quatre: Rafik, dénonce l'assassinat du moine par Markus; il a eu pitié de ce moine, à cause de sa foi. C'est là que l'on remarque peu à peu les faiblesses des uns et des autres et c'est en partie ce qui est arrivé au moine, qui les a divisé et qui a montré leur côté "sensible, faible" par rapport à une certaine forme de violence. On comprend tout de suite que la randonneuse égarée, c'est la petite fille qui a voulu se venger de la mort de ses parents. Donc, pas vraiment de suspense mais dans l'ensemble, j'ai aimé ce film, l'âme de ce monastère, le pouvoir de la religion, les scènes, même si certaines étaient assez insoutenables, les références bibliques sur Goliath...


    Il y a une citation prononcée par la fille, qui a retenu mon attention; elle dit au moine: "Tuer le diable, ce n'est pas un péché... " Dans le film, il y a des retours philosophiques sur la mort et la rédemption, omni-présents. C'est interressant.   


     

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