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Rencontres à Elizabethtown

Après avoir fait perdre presque un milliard de dollars à la compagnie de chaussures dans laquelle il travaillait, Drew Baylor (Orlando Bloom) veut mettre fin à ses jours. Au moment de passer à l'acte, il reçoit un coup de fil qui lui annonce la mort de son père...

Rencontres à Elizabethtown, le dernier film de Cameron Crowe, donne amplement dans la romance et les réponses existancielles qui se veulent absolues. Commençant sur un ton sarcastique, le nouveau long métrage du réalisateur de Jerry Maguire et Almost Famous rappelle souvent le récent Garden State de Zach Braff. Accompagnés par une musique pop et folk, on suit la chute savoureuse (bien que cruelle) du héros Drew, son jeu de cache-cache sentimental avec Claire Colburn (Kirsten Dunst) et sa renaissance progressive à Elizabethtown, petite ville du Kentucky profondément meurtrie par la disparition de Mitch Baylor (Tim Devitt), le père de Drew. Outre les prestations éclairs et néanmoins appréciables d'Alec Baldwin en patron superstitieux et de Jessica Biel en petite amie (forcément) superficielle, on retient particulièrement l'interprétation de Kirsten Dunst qui retrouve un charme foudroyant qu'elle n'avait jamais vraiment regagné depuis Virgin Suicides. La splendeur de ses cheveux d'or, ses sourires, ses regards tendres et expressifs ainsi que ses audaces de séduction lui procurent la plus grande force du film. En face, Orlando Bloom, malgré une beauté évidente, fait apparaître ses limites lorsqu'il doit exprimer le doute. Il se contente trop souvent de garder un air niais qu'il maîtrise à la perfection depuis La Communauté de L'Anneau. Susan Sarandon, au travers d'une de ses seules scènes, livre une sorte de « one woman show » dont l'exécution pleine de classe et de justesse force l'admiration.
Jusqu'à la dernière demi heure, Crowe réussit une oeuvre quasiment irréprochable où se mêlent scènes doucement comiques, jeux de séduction et réflexions sur la perte d'un être cher et populaire. Le « road trip » final part dans une évocation flash de grandes icônes américaines (Luther King, Elvis, Buckley) qui participent au regain d'envie de vivre du héros. Dans cette partie, la barrière de la niaiserie est franchie, ce qui atténue la finesse du reste. Crowe semble avoir voulu taper très fort et profond. Résultat, il donne une leçon trop explicite et finalement assez banale.

Belle et drôle apologie de la vie et de l'amour pendant 1h30, Rencontres à Elizabethtown s'égare dans une conclusion poussive moraliste et niaise.

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2 commentaires

  • hiddenplace

    03/11/2005 à 23h17

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    Wow, tu es dur avec Orlando Bloom (je sais, je suis irrécupérable^^)
    Sinon, je me demandais si j'allais le voir, car j'avais ressenti moi aussi dans la bande annonce et dans le scénario cette grosse similitude (limite "mais il se fout de qui Cameron Crow?", surtout 6 mois après!) avec Garden State, que j'ai adoré.

    Et puis ce sont peut-être les acteurs (désolée ) et le début de ta critique qui vont finir de me convaincre.

  • hiddenplace

    15/11/2005 à 23h57

    Répondre

    ça y est, je l'ai vu... c'était pas mal (en tendant quand même vers le moyen...) Le moins qu'on puisse dire, c'est que les similitudes sont flagrantes avec le scénario, la psychologie et l'ambiance (je dirais même la musique) de [i]Garden State, surtout dans la première partie du film, ce qui m'en a légèrement biaisé la vision.
    S'il n'y avait pas eu Garden Sate justement, je pense même que j'aurais trouvé Elizabethtown assez original et attachant, mais malheureusement il n'en atteint jamais vraiment la finesse et les personnages sont un peu moins attachants. Je salue quand même comme Vincent la prestation de Kirsten Dunst, très enjouée et assez sensible, sur le même registre qu'a pû l'être Natalie Portman. Et malgré le respect que je dois à Lego... euh à Orlando Bloom, j'avoue qu'il n'atteindra jamais les somments du non-dit et de l'absurde incarnés par Zach Braff. Son visage doux ( ) et ses airs empruntés et maladroits le rendent quand même sympathique aux spectateurs, mais il n'est pas tjs très plausible hélas dans les scènes où les sentiments sont plus extrêmes (comme à la fin, le road trip "en tête à tête" avec son père, où sa palette d'expressions et de mimiques est un peu trop restreinte)

    Autre petit reproche, la musique, même si très jolie et plutôt bien choisie, est un peu trop omniprésente, et cela enlève bcp de poids aux dialogues... C'est à peine s'il y a un ou deux échanges de répliques qu'une chanson se met aussitôt en route.
    Mais comme Cameron Crowe, le réalisateur, est à l'origine du mignon et nostalgique Almost famous, je comprends vaguement le rapport qu'il entretient avec les atmosphères musicales, et je le pardonne à moitié.

    Au final, une comédie romantique qui se laisse regarder sans déplaisir, mais qui selon moi souffre de sa "postériorité" à la sortie de Garden State[/i] et de quelques lenteurs parfois. La deuxième partie (sur la route) est plutôt sympa, dommage que le final soit un peu convenu, une autre fin aurait peut-être dynamisé le tout et laissé une meilleure impression...

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