8.5/10

Rango - Blu-ray

LE FILM

Tim Burton en était déjà bien atteint, voilà que Gore Verbinski attrape le virus de la Depp-mania. L'essayer, c'est l'adopter ? Après les trois premiers Pirates des Caraïbes et le présent Rango, le réalisateur et l'acteur se retrouveront pour un Lone Ranger complètement dénué de Chuck Norris malgré la présence d'un Texas Ranger à l'écran. Mais c'est une autre histoire.


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Celle d'aujourd'hui nous présente une envie. L'envie d'un réalisateur, qui un jour lointain imagine les quelques lignes de synopsis d'un scénario de film d'animation qu'il voit déjà immensément grandiose tout en affichant une composante rétro indiscutable. Sa vision, on vous la résume, est de transposer le film de western type dans l'univers animalier du grand bac à sable du désert de Mojave. Mais faire un western, c'est avant tout utiliser des codes et des archétypes d'évènements scénaristiques qui finissent par s'auto-pasticher. Et donc dans les faits, Rango ne présente rien d'original dans sa narration. Il est un gringo, inadapté à l'environnement qu'il découvre, propulsé « icône de la justice » d'un village mourant du nom de Poussière.
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En bon anti-héros qu'il est, il va utiliser son bagout fracassant pour embobiner ses nouveaux concitoyens et passer pour le héros qu'il n'est pas… mais qu'il deviendra peut-être ? Chevauchées sur coucher de soleil, duel en place publique, pendaison, course poursuite en carriole, on n'échappe pas aux lieux communs du genre, et l'on est vite convaincu que Gore Verbinski ne voulait de toute façon pas essayer de s'en écarter – mis à part une scène d'action aérienne qui ne fait certainement pas partie des habitudes de l'ouest. Son film reste donc divertissant mais n'a absolument aucune chance de nous agiter le neurone avec son scénario cousu avec un épais fil blanc – plus problématique, son côté « hommage au western » n'a aucune possibilité de toucher le public jeune auquel il semble se destiner.


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Cependant, il est difficile de cracher sur le film. Bien sûr, comme je viens de l'expliquer, son histoire n'est pas une pépite d'imagination, loin de là, mais le cinéma – et qui plus est, celui d'animation – est aussi une histoire d'image. Gore Verbinski a fait appel à des sommités de l'effet spécial pour leur confier la réalisation synthétique de ses idées : ILM, dont c'est la première incursion dans le film d'animation (même si certains des films auxquels ils ont participé portent très largement leur patte par leur intrusion quasi-systématique). Le résultat est un chef d'œuvre de minutie, une sorte de pot-pourri de tout ce que la firme sait faire de mieux. Non content de proposer des environnements d'un niveau de détail tout simplement bluffant, le film nous présente une population très hétéroclite inspirée de la faune locale, où chaque personnage possède sa propre identité physique. A de nombreuses reprises, les prouesses d'ILM dans le domaine de l'animation donnent lieu à des scènes d'une grande technicité visuelle, portant les termes modélisation, colorimétrie, photographie à des hauteurs inégalables. Et pendant ce temps, Hans Zimmer revisite la bande-son via quelques morceaux bien pêchus qui semblent pour la plupart s'inspirer des classiques du genre. Le divertissement est enlevé, efficace, et impose le respect pour la somme de travail accompli et le talent dont il témoigne.

LE BLU-RAY


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Le format blu-ray est souvent l'occasion pour un film d'animation de se transcender visuellement, et il ne fallait surtout rien laisser au hasard pour Rango, qui rappelons-le gagne une grosse partie de son intérêt dans son excellence visuelle. Le résultat est à la hauteur des espérances, c'est à dire parfait au plus haut niveau. Chaque millimètre de détail offert par ILM est ici rendu tel quel par la précision et la netteté de l'image, nous permettant d'apprécier au plus point le travail sur les textures et les micro-organismes révélés par l'environnement. En une scène de chevauchée, baignée par un coucher de soleil, le Blu-ray nous met le couteau virtuel sous la gorge : impossible de lui trouver le moindre défaut, impossible de ne pas le définir comme nouvelle référence du support – vous savez, le film que vous devez sortir à vos amis pour les convaincre d'acheter un lecteur Blu-ray.
On appréciera davantage la piste audio originale évidemment, beaucoup mieux équilibrée que la piste française, pour compléter cette ode dithyrambique à la gloire technique de la galette. Le master audio DTS-HD est une petite perle de minutie qui utilise avec un certain plaisir chaque canal qui s'offre à lui. Que ce soit pour rendre quelques petits détails sonores d'arrière plan, ou assommer le spectateur avec les quelques explosions d'une scène d'action, le Blu-ray sait y faire et offre un univers immersif, à la hauteur des époustouflantes images rendues la piste vidéo.
Pas d'excentricité pour le reste, la galette Blu-ray s'accompagne du DVD du film et d'une copie digitale, le tout est rangé dans une boîte classique avec néanmoins un fourreau cartonnée un peu plus joyeux au niveau des couleurs. Le menu, fonctionnel, se balance sur le thème final du film, et impose d'entrée une certaine pêche. A noter que Rango est proposé dans sa version cinéma et une version longue inédite.

LES BONUS

- Commentaire audio de Gore Verbinski, James Ward Byrkit, Mark « Crash » McCreery (direction artistique), Hal Hickel (direction de l'animation) et Tim Alexander (effets spéciaux)
Rien de bien indispensable ici, les intervenants vont surtout parler du processus de création et des thèmes qu'ils ont voulu aborder. Il y a des choses intéressantes, mais qui seront reprises d'une manière plus pertinente dans le bonus suivant.

- Briser les codes : révolutionner l'animation (48'49”, VOST) :
Pour faire office de Making-of, le Blu-ray propose deux documentaires pour un total d'une cinquantaine de minutes, où Gore Verbinski et l'équipe créative nous montrent le travail accompli en pré-production puis en post-production. On commence autour d'une table de jardin, dans une sorte de petite maison isolée où règne une ambiance (créatrice) bon enfant, pour finir dans les locaux high-tech d'ILM. Différents intervenants viennent nous présenter leur travail, leur croquis, les différentes étapes de création de tel ou tel personnage en expliquant le pourquoi du comment. La vidéo nous permet de découvrir les magnifiques esquisses préliminaires ayant servi à l'animation, ainsi que les scènes jouées par les acteurs avec des bouts de ficelle (Johnny Depp, Isla Fisher, Bill Nighy, etc) qui serviront de base à l'animation proprement dite.

- 10 scènes coupées (8'27” - VOST)
Si vous vous souvenez de la version cinéma, vous ne verrez que peu de différences entre celle-ci et les quelques plans insérés dans ces scènes coupées. Et si vous avez au préalable regardé la version longue, c'est bien simple, vous ne verrez plus aucune différence puisque ce sont les mêmes scènes ! On appréciera surtout cette fin alternative beaucoup plus longue et rigolote que la première, très abrupte et sans fantaisie.

- Les créatures de poussière (22'16” - VOST)
Un type se balade dans le désert de Mojave et attrape quelques bestioles vivantes ayant servi de modèle générique à certains personnages. On y voit un vrai caméléon, des serpents, des tarentules, un tatou, le tout commenté par un véritable expert en la matière qui n'a visiblement pas peur de mettre « la main à la patte ».

- Piste PiP : storyboard du film
Le Picture in Picture du blu-ray nous propose de suivre la version longue du film avec présentation du storyboard.

- Voyage à Poussière (anglais uniquement)
Un module interactif pour visiter les différents lieux de la ville de Poussière, et consulter quelques fiches de personnages. A réserver aux anglophones et aux fans absolus.

- Bande-annonce (2'27” - VOST)

- Générique des bonus

CONCLUSION

Rango a beau ne pas vouloir innover et se restreindre au pastiche, sa plasticité exceptionnelle et son sens du divertissement en font une trouvaille familiale d'un bel acabit. ILM, forgé par des années de trucages vidéo, excelle dans la réalisation de film d'animation et offre l'un des univers visuels les plus convaincants dans le registre. Le Blu-ray du film en est le parfait reflet technique, impeccable dans tous ses aspects techniques, et complètera l'expérience du film par quelques bonus tout à fait adaptés et non dénués d'intérêt.


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2 commentaires

  • Guillaume

    25/03/2011 à 16h28

    Répondre

    Rango, Rango... John Rango ? J'aurais imaginé que ça se passait dans la jungle !http://cinema.krinein.com/bande-ann ... 15529.html

  • OuRs256

    05/08/2011 à 15h10

    Répondre

    Au ciné, j'avais adoré la nana qui se bloque bêtement, c'était fun ^^http://cinema.krinein.com/test-blu- ... 16779.html

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