9.5/10

Raiponce

Disney nous sort sa meilleure Raiponce à la morosité ambiante. Un film d'animation qui n'est pas sans rappeler les classiques de notre jeunesse. Juste indispensable.

Enlevée dès son plus jeune âge par la méchante et manipulatrice Gothel, qui se fait passer pour sa mère, Raiponce est une princesse qui s'ignore. Ses cheveux capables de briller et de délivrer la jeunesse, ont motivé son kidnapping.
La jeune femme, presque majeure maintenant, n'a pas le droit de sortir - le monde serait bien trop dangereux pour elle - mais quand un fringant hors-la-loi débarque dans la tour où elle vit seule, son univers change du tout au tout : elle part en sa compagnie voir le lancer de lanternes qui a lieu chaque année, au moment même de son anniversaire.

La blonde et le truand
La blonde et le truand

On attendait depuis de nombreuses années que Disney réussisse à se renouveler, ou en tout cas à se moderniser. On se demandait si les studios aux grandes oreilles pouvaient proposer autre chose que des copies faiblardes de Pixar, ou des divertissements pas assez aboutis pour être captivants pour tous.
Nous avons enfin notre Raiponce ! Le dessin animé en images de synthèse et en trois dimensions - dans toutes les bonnes salles équipées - renoue avec les grandes heures de Disney. On y retrouve les thématiques habituelles, la mère, belle-mère, marâtre, manipulatrice et cruelle, la princesse déchue ou en devenir, le beau prince, l'intrigue sur fond de monarchie...

Mais le tout est remis au goût du jour, moins manichéen qu'à l'époque, plus drôle et dynamique. Le prince n'a plus véritablement de cheval blanc, il l'a trouvé mais ce n'est pas son ami, et d'ailleurs ce n'est pas franchement un prince. La - fausse - mère n'est pas directement insupportable, elle se fait passer pour une oie blanche et préfère jouer sur la corde sensible et le harcèlement moral.

Reste une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres, comme Pascal le Caméléon aux mimiques tordantes, Maximus le cheval-limier, ou les barbares aux grands rêves, et une sentimentalité un peu cucul que l'on aime chez Disney.

Pascal, philosophe à seize heures ?
Pascal, philosophe à seize heures ?

Le visuel est à la fois ébouriffant et comique. Le design est agréable tout en sachant se faire dynamique pour provoquer les éclats de rire. Difficile de ne pas faire mention de la chevelure de plusieurs mètres de la princesse qui sera régulièrement utilisée comme une main supplémentaire, brillant parfois fortement, affichant des murs peints avec dextérité ou plus prosaïquement  menant à une porte de sortie.

Pas d'esbrouffe dans Raiponce. Pas de trois dimensions qui saute aux visages. Juste de la simplicité apparente, un rythme plaisant à suivre et des personnages tendres et tordants, qui vont parfois même jusqu'à pousser la chansonnette... Malheureusement sans parvenir à générer un entrain assez fort pour vouloir chanter avec eux. Ce sera bien le seul point en demie teinte du voyage... Tout le reste n'est que bonheur, idéal pour passer un blond dimanche.

Où est le prince ?
Où est le prince ?

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

11 commentaires

  • Anonyme

    09/12/2010 à 23h55

    Répondre

    Marrant, autant j'ai adoré Dragon, autant j'ai détesté Raiponce, dès l'introduction j'ai trouvé çà soporifique et convenu, et la galerie de personnage m'a semblé assez caricaturale et exagérée (le cheval, boaf). Les goûts et les couleurs, clairement.

  • Anonyme

    10/12/2010 à 07h56

    Répondre

    Encore une connerie dysnéenne!

  • nazonfly

    12/12/2012 à 22h03

    Répondre

    Il est pas si mal ce dessin animé même si parfois c'est quand même très cul-cul (la fin, au secours!!!).
    Par contre il est magnifique. La scène du barrage est juste incroyable.

  • Islara

    13/12/2012 à 09h52

    Répondre

    nazonfly a dit :
    Il est pas si mal ce dessin animé même si parfois c'est quand même très cul-cul (la fin, au secours!!!).
    Par contre il est magnifique. La scène du barrage est juste incroyable.

    Il faut bien comprendre que, comme la moitié du public a moins de 6 ans, la fin est nécessairement "ils furent heureux bla bla bla". Même dans Shreck, ça finit comme ça.

    En tout cas, moi j'ai adoré. Il y a énormément d'éléments contre-courants dans ce dessin animé et un max d'humour (Marcus le cheval est juste grandiose).

    Le seul truc qui m'a énervée, c'est qu'encore une fois, le grand méchant, c'est une femme.

  • Guillaume

    13/12/2012 à 10h12

    Répondre

    Islara, un lien qui va te plaire : http://www.lecinemaestpolitique.fr/raip ... ez-disney/

  • cubik

    13/12/2012 à 10h17

    Répondre

    Islara a dit :

    Le seul truc qui m'a énervée, c'est qu'encore une fois, le grand méchant, c'est une femme.


    quoi, tu voudrais interdire aux femmes la possibilité d'être des génies du mal?? >

  • nazonfly

    13/12/2012 à 12h17

    Répondre

    cubik a dit :
    Islara a dit :

    Le seul truc qui m'a énervée, c'est qu'encore une fois, le grand méchant, c'est une femme.


    quoi, tu voudrais interdire aux femmes la possibilité d'être des génies du mal?? >


    Faudrait voir si dans les Disney il y a plus ou moins de grands méchants féminins (101 dalmations, Bernard et Bianca, Raiponce, Blanche-Neige) que de grands méchants masculins (Peter Pan, Mulan, Les Aristochats, Le roi lion).

    EDIT : la réponse est là : http://www.lecinemaestpolitique.fr/mech ... s-faibles/ (pas mal ce site)

    Islara a dit :
    Il faut bien comprendre que, comme la moitié du public a moins de 6 ans, la fin est nécessairement "ils furent heureux bla bla bla". Même dans Shreck, ça finit comme ça.


    Comme si les gamins de 6 ans devaient subir ces fins !!

    Islara a dit :
    En tout cas, moi j'ai adoré. Il y a énormément d'éléments contre-courants dans ce dessin animé et un max d'humour (Marcus le cheval est juste grandiose).


    Heureusement qu'il est là le cheval !

    Dire que pendant toute mon enfance/adolescence j'ai évité les Disney. Là j'en bouffe tous les jours (ainsi que les affreux Pixar).

  • Islara

    13/12/2012 à 14h58

    Répondre

    Guillaume a dit :
    Islara, un lien qui va te plaire : http://www.lecinemaestpolitique.fr/raip ... ez-disney/


    Merci bcp. Pas tout lu car trop long, mais au moins la moitié. C'est sidérant, je m'étais déjà fait toutes ces réflexions (même si je passais outre, car il y avait du progrès malgré tout, dans ces restes de sexisme).

    Sur "les méchantes" par contre, je ne passais pas outre ; il y a deux choses qui m'y gênent Cubik :

    1) comme le dit l'article, diviser pour mieux régner : on crée une rivalité artificielle entre femmes afin que l'homme puisse être un héros (totalement artificiel bien sûr) ; on cultive une fois de plus l'apparence et la jeunesse à tout prix, au point que ça rend les femmes idiotes voires criminelles ; cf l'article, il dit ça bcp mieux que moi ;

    2) on fait croire aux enfants que les hommes ne sont pas dangereux, que seules les femmes le sont ; certes il y a dessins animés où des hommes sont les méchants mais j'ai l'impression qu'ils sont moins nombreux (faudrait faire des stats). Alors que là pour le coup, statistiquement, il n'y a pas photo, la majorité des condamné(e)s en justice pénale sont des hommes. À quoi ça tient, par contre, ça, je me le demanderai toujours.

    Pour finir sur une note positive, je constate que l'auteur de cet article est un homme, bravo ! En plus, il se défend contre les réactions des internautes avec une finesse extraordinaire (notamment sur la question de la violence, privilège ou malédiction des hommes).

  • Guillaume

    13/12/2012 à 15h09

    Répondre

    T'inquiètes pas, dans la très grande majorité des fictions, des polars, etc. Le méchant est un homme.

  • cubik

    13/12/2012 à 15h39

    Répondre

    oui, j'ai aussi plutot la sensation que les méchants sont plus souvent des hommes
    Sachant que le rôle du méchant est quand même le plus gratifiant au final (la mode est aux bad boys, même chez les enfants), ça m'étonne de voir quelqu'un se plaindre d'une femme en grand méchant

  • Loïc Massaïa

    13/12/2012 à 16h01

    Répondre

    C'est l'imagerie de la sorciere. Disney, meme quand les histoires ne sont pas tirées de contes, jouent toujours sur cette imagerie là.
    Et puis une vilaine moche fait toujours plus impression qu'un vilain moche. Enfin, je parle pour moi.

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