5/10

Quatre frères

La filmographie de John Singleton est plus ou moins inconnu du public français, à une exception près : 2 Fast 2 Furious. Pas la meilleure carte de visite, avouons-le, qui nous fait regarder Quatre Frères d'un assez mauvais oeil (surtout que Tyrese Gibson, « black de service » de 2 Fast 2 Furious, est une nouvelle fois de la partie) : deux blancs, deux noirs, liés autrement que par le sang, des rêves de vengeance plein la tête, mené par un Mark Wahlberg sur le retour après deux ans d'absence à peu près...

Evelyn Mercer est assassiné froidement dans les rayons d'une supérette d'un quartier de Détroit. Ses quatre rejetons, deux blancs et deux noirs, rentrent alors la maison et ne tardent pas à découvrir que le décès de leur mère n'a rien d'une coïncidence. Implacablement, ils vont remonter la piste des tueurs pour démasquer l'homme à l'origine du meurtre...

Le postulat auquel on pourrait s'attendre : le sentiment fraternel de deux blancs et deux noirs, tous adoptés sous les mêmes jupons, dans le marasme ambiant des bas-fonds de détroit. Ce que l'on en obtient : une enquête à la dure menée par quatre têtes de plomb. Les bases du film se pose en moins de dix minutes : maman a été tuée, les fistons rentrent au pays, et la vengeance s'impose. Coup de bol, ou je ne sais quoi, la police est corrompue, un peu mou du genou, et se révèle très peu regardante sur le port d'arme. Et donc, en conséquence directe, les armes et les balles pleuvent sans qu'on puisse espérer en établir une liste exhaustive (en admettant que l'envie de faire une liste nous vienne, bien sûr) : Beretta 9 mm, Steyr Aug, MP5, Uzi, etc etc. Ca canarde pas mal, et c'est efficace : les frèros découvrent vite une sous affaire planquée en dessous de ce banal assassinat de quartier. Aussi, pourquoi ne pas continuer dans la même idée ? A grands renforts d'essence et de flingues, la pelote se démêle, régulière et plutôt mince, sans chercher à aborder un autre thème que celui de la vengeance organisée et implacable. Et plutôt soft admettons le, au regard de la centaine d'autres films traitant du même sujet. Le quatuor ne fonctionne pas si mal, malgré un jeu d'acteur parfois en demi-teinte (la démarche chaloupée de Wahlberg y est peut-être pour quelque chose), sans toutefois pousser à la réflexion attendue. Si bien qu'en fin de compte, tout ce qui nous reste tient du polar de basse fréquence, franchement pas original dans son déroulement, usant des récurrences du genre pur construire une intrigue pataude et simpliste.

Un polar nous ramenant 20 ans en arrière, plus généreux sur les fusillades et les interrogatoires musclés que sur une quelconque réflexion sociale, mêlant violence plus ou moins soft et humour facile tout le long d'une intrigue plutôt maigre.

A découvrir

Frères Grimm (Les)

Partager cet article

A propos de l'auteur

3 commentaires

  • Anonyme

    07/10/2005 à 06h31

    Répondre

    La filmographie de John Singleton est plus ou moins inconnu du public français, à une exception près : 2 Fast 2 Furious. Pas la meilleure carte de visite, avouons-le, qui nous fait regarder Quatre Frères dun assez mauvais il



    Singleton a quand même commencé sa carrière en réalisant un film culte Boyz n the hood, en réalisant un film avec janet jackson (Poetic justice super connu à l'époque) et a récement réalisé Shaft avec Samuel Jackson, avoue que c'est quand même pas mal comme carte de visite même si 2 fast 2 furious entache gravement le tout, c'est évident.

  • gyzmo

    14/10/2005 à 18h11

    Répondre

    bonjour les clichés

    déjà, un film qui se déroule dans l'anarchique Detroit, ville symbolique du crime où un certain Robocop avait déjà subit les pires misères à cause d'une population au potentiel criminogène survitaminé, et voir que le réalisateur de Four Brothers ne se détache pas de cette carte de visite connue de tous, ça ne peut que conduire le spectateur vers une impasse...

    ensuite, une quatuor d'acteurs pas très inspirés, croqué à la va-vite, avec une psychologie épaisse comme une barrette d'Hollywood Chewingum et bourré de dialogues fades et insipides que même La Haine peut aller se jeter du 10ième étage, ça ne risque pas de laisser un arrière goût dans la bouche...

    enfin, une réalisation certes nerveuses, avec des plages d'actions parfois impressionnantes (la fusillade de la maison de môman), mais des moments dramatiques d'une convention conventionnellement conventionnelle balayés par un humour vulgaire et peu étonnant, ça n'arrange pas la mise en place d'une atmosphère un tant soit peu intéressante...

    le film avait le potentiel de surprendre, même au-delà de sa thématique classique de la "vengeance". mais au lieu d'embarquer le spectateur dans les sentiers sinueux, on se retrouve sur une autoroute (remarquez, pour un film se déroulant dans l'ancienne capitale de General Motors, c'est pas étonnant^^) mainte fois empruntée...

    2 blancs, 2 blacks. une apparente fraternité qui tiend à un fil, s'effrite au moindre doute et n'est à aucun moment ingénieusement exploitée. les émotions du film n'ont jamais atteint mon petit coeur et je dois avouer m'être assoupi, l'espace d'une explosion de poudre, devant ce spectacle supraficiel. quant au final...

    bonsoir les clichés

  • rootsarts

    15/10/2005 à 12h30

    Répondre

    J'étais un grand fan de Singleton avec son mémorable "Boy'z in the hood", son final incroyable, sa BO extra..

    Donc c'est avec une certaine attente que j'attendais "Four Brother"..Grosse déception, film banal à mon sens, pas d'émotion, une BO inexistante, une trame prévisible, une fin risible...Bref pas trés crédible.

    Je ne vois qu'une solution me remettre Boy's afin de me rassurer sur le potentiel de John !!

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques