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Quand Tarantino visite le Far West, ça donne Django Unchained

Aah Tarantino… le cinéaste tellement prévisible qu'il en devient surprenant. Trois ans après Inglourious Basterds, il revient pour s'attaquer au Western dans Django Unchained. Donc comme on commence à un peu connaître le bonhomme on s'attend à des plans léchés à la Sergio Leone, des personnages badass qui prennent des poses sur de la musique cool et des guns dans tous les sens. Et c'est exactement ce qu'on a. Et pourtant, le tout est tellement maîtrisé, tellement travaillé, que jamais l'impression de déjà-vu ne se pointe, même durant les 2h45 du film. Voyons un peu pourquoi…

Un Western selon Tarantino, qu'est-ce que c'est ?

Parlons d'abord un peu du scénario, même si avec la tonne d'articles sur le sujet depuis presque deux ans on a un peu été mis au courant. L'histoire est celle de Django, un esclave noir enrôlé par un chasseur de primes allemand, le docteur Schultz, qui a besoin d'aide pour un contrat. Mais Django veut retrouver sa femme, également esclave, et le gentil docteur va finir par l'aider dans sa quête. Ceci qui va les mener chez l'impitoyable Candie, un riche exploitant particulièrement cruel qui possède la donzelle.

Oui je sais, on n'est pas loin du « Mario va sauver Peach dans le château de Bowser ». Cela dit, venant du type qui nous a fait un film à partir de « des truands sont dans un entrepôt », et deux autres sur « Uma Thurman veut buter David Carradine », pas trop de surprises de ce côté-là. En plus on retrouve un peu les mêmes problématiques que dans Inglourious Basterds, avec la thématique de la vengeance des opprimés, cette fois les Noirs pour remplacer les Juifs. Passons donc plutôt au cadre du Far West et son esthétique revue par notre Quentin.


Schultz enseigne les subtilités du métier à Django.

On pourrait craindre qu'en voulant se saisir du genre du Western, Tarantino ne nous noie sous des tonnes de références cinématographiques. C'était un peu la dérive dans Inglourious Basterds mais cette fois, il a l'air de s'être un peu calmé. On retrouve bien sûr des procédés clairement signés Sergio Leone, notamment sur l'utilisation des zooms et sur les transitions, ainsi qu'un peu de True Grit. Mais ce qui est louable de la part du réalisateur, c'est de savoir donner une identité et une esthétique propres à son film. Ceci le distingue d'ores et déjà de son prédécesseur et permet de vraiment regarder un film, et pas un catalogue pour cinéphiles.

Même dans la musique choisie, Tarantino arrive à sortir de l'hommage pour nous surprendre. On trouve bien sûr du Ennio Morricone mais aussi de la pop et même du rap. Et croyez-le ou non mais des cow-boys qui marchent en file indienne sur fond de soleil couchant sur du Tupac, ça en jette ! La musique est totalement au service de ce qui se joue à l'écran et elle n'est pas qu'un prétexte à sortir toujours plus de références.

Et pour quelques fous de plus

Au niveau de la réalisation, les plans sont bien sûr magnifiques et très maîtrisés, on sent que le réalisateur a su se poser. Oh, ne vous inquiétez pas, vous verrez quand même du ketchup, avec des explosions de boyaux démesurées. Mais ce genre de scènes se fait un peu plus rare et ce n'est pas tellement ce qu'on retient du film. Contrairement à ce qu'annonce le titre, Django n'est pas si déchaîné et justement, pendant une bonne partie du film, il se doit de se maîtriser, ce qui n'est facile ni pour lui, ni pour le réalisateur.


Django à Candyland, la propriété de Candie.

Finalement, le film aurait pu être tout aussi bon sans ce cadre, qui n'est qu'un prétexte à faire évoluer des personnages complexes et très développés. Pour commencer, évoquons un peu le rôle-titre incarné par Jamie Foxx. C'est assez rare pour être signalé dans un film de Tarantino : Django est un personnage moins bavard que ses compagnons. Il est obsédé par l'idée de retrouver sa femme, ce qui le rend assez agressif, mais toujours en retenue. C'est le personnage qui transmet le plus d'émotions, et, encore une fois, on n'est pas forcément habitué à ça chez ce cher Quentin.

Le personnage certainement le plus drôle est Christoph Waltz, dans le rôle de ce chasseur de primes distingué, qui n'hésite pas à se lancer dans de longues tirades au vocabulaire riche. Ce qui dénote un peu avec sa manie de dézinguer à tout va sans sourciller. Son caractère détendu et mondain contraste avec la rage silencieuse et l'aspect brut de Django, ce qui est la source de nombreuses scènes très drôles.

Il y a aussi bien sûr Leonardo DiCaprio, alias Calvin Candie, le riche propriétaire sadique, violent, inculte mais très doucereux et calme quand il le faut. Ça faisait longtemps qu'un méchant n'avait pas été aussi jouissif, le genre qui sait qu'il est méchant et qui aime ça. Si Django est l'émotion et Schultz le rire, Candie est définitivement la violence et le sadisme, indissociables de la filmographie de Tarantino.

Il faut aussi évoquer rapidement Samuel L. Jackson, dans le rôle secondaire de Stephen, l'esclave de Candie. Un des personnages les plus intéressants du film, par son aspect un peu inquiétant puis franchement effrayant.

Mais pour une fois, Tarantino n'a pas cherché à créer de longs dialogues sans intérêt et toutes les interactions entre ces personnages sont drôles, touchantes ou très fortes. Ce choix ne fait que renforcer leur complexité et donner au film une véritable identité, affranchie des œuvres desquelles il s'inspire.

 

Pour finir, on peut dire sans prendre trop de risques que Django Unchained est un des meilleurs Tarantino. Il arrive à susciter beaucoup de rires et d'émotions, tout en jouant sur un côté badass toujours aussi délirant. Le fait que de telles scènes soient plus rares qu'à l'accoutumée renforce d'ailleurs le plaisir qui en ressort. Pas seulement un détournement des clichés du Western, mais aussi un grand film comme on en fait peu.

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A propos de l'auteur

Je regarde plein de films et sur mon temps libre je suis journaliste. J'ai eu peur devant Paranormal Activity et je me suis endormi devant Interstellar. Mes goûts n'engagent que moi.

38 commentaires

  • Choucroot

    21/01/2013 à 15h21

    Répondre

    J'ai trouvé ça léger, un bon divertissement, moins idiot que Inglorious Basterds.
    C'est tout.

  • Akashinai

    21/01/2013 à 15h26

    Répondre

    Bon ben faut que je me fasse à l'idée...je devais être très mal luné quand je suis allé voir le film...

    Resituons, je suis plutôt adepte de Tarantino, un de mes film préféré (tout cinéaste confondu) est Reservoir Dogs, plutôt réservé sur Jackie Brown, j'ai apprécié Pulp Fiction, je n'ai pas aimé Kill Bill 1 et adoré le 2. Et j'ai vraiment adoré Inglorious Basterds. Et j'ai bouffé toute ma jeunesse les films de Léone et en général tout les western que mon père se faisait un plaisir de collectionner.

    Mais la Django...Beaucoup trop de choses m'ont dérangé pour que j'aime et je trouve vraiment bizarre ce plébiscite. Je va essayer de m'expliquer en listant ce qui ne m'a pas plu:
    Passons sur le scénar très linéaire (sauver fille, vengeance), c'est du badass donc c'est ce qu'on veut (même si QT avait su éviter cet "écueil" autrefois).
    Du rap US...Dans un western? WTF???!!!
    Des FlashBack dispensable, voire racoleur...
    Un Jamie Foxx plutôt plat sauf à la fin (du coup le contraste est un peu gênant)
    La plupart du temps l'humour est bon (voire très bon), mais la scène des sacs du KKK dure bien 2 min de trop...Et sur 3 min ca fait bcp!
    Samuel L Jackson est à la limite du surjeu (parfois il m'a enchanté, parfois il m'a grave saoulé...)
    Une fin qui traine en longueur et pas si WTF que ça (après ce que nous avait habitué QT)
    Et des scènes un peu abusé (le recul de la soeur de Léo, soit, mais c'est quoi cet angle de recul par rapport au tir???, Django qui fait basculer une armoire dans un couloir pour se mettre à couvert, mais en fait il s'allonge à côté, pas du tout couvert..., Une balle de Django transperse 2 gars et un mur pdt que les ennemis essaye de tirer sur Django a travers le bouclier humain qu'il utilise, mais aucune balle ne passe...

    Le bluff que tente Schultz pour avoir la fille (en faisant croire qu'il veut un lutteur) alors qu'il aurait proposer direct 12000 pour la fille et c'était fini...
    ,
    la cariole de Shultz qui explose avec les chevaux, ne laissant normalement plus aucun moyen de transporter les corps des 3 Hors la loi qu'ils viennent de tuer
    )
    Les poches de 4 litres d'hémoglobines à chaque tir.

    Mais force est de constater que si je devait le noter je ne lui mettrais certes pas 18/20, mais au moins 15. Les acteurs sont bons voire très bon (Waltz et Léo dans une petite moindre mesure, Don jonhson aussi), des dialogues vraiment bons (le coup du shériff/marshall, c'est parfait!)

    Voilà, en fait ce que j'aimerais savoir, c'est est ce qu'il y a des gens qui pense un peu comme moi?

  • naweug

    21/01/2013 à 15h39

    Répondre

    En tout cas, ça ne me donne pas envie d'aller le voir au ciné. Mais j'ai jamais été hyper fan de Tarantino en même temps..

  • Akashinai

    21/01/2013 à 15h46

    Répondre

    Alors que moi si et j'y suis même aller avec entrain et tout pleins de bonne volonté!

  • Hugo Ruher

    21/01/2013 à 20h24

    Répondre

    C'est marrant, je suis en désaccord avec toi sur quasiment tous les points que tu mentionnes!

    Akashinai a dit :
    Du rap US...Dans un western? WTF???!!!

    Justement, le décalage allait vraiment très bien avec l'ambiance du film, qui n'est pas vraiment un western au sens propre mais quelque chose de beaucoup plus moderne.
    Akashinai a dit :
    Des FlashBack dispensable, voire racoleur...

    Perso, ils ne m'ont pas gêné, je les ai trouvé plutôt discrets.
    Akashinai a dit :
    Un Jamie Foxx plutôt plat sauf à la fin

    Justement, je l'ai trouvé un peu en retrait, ce qui en faisait un personnage presque normal par rapport à l'exubérance des autres. ça lui donnait un côté plus humain qui est vraiment rare dans ce genre de films et dans le cinéma de Tarantino en général.
    Akashinai a dit :
    la scène des sacs du KKK dure bien 2 min de trop...Et sur 3 min ca fait bcp!

    J'ai adoré cette scène, et le fait qu'elle traine en longueur ne la rend que plus drôle d'après moi. Et puis je sais pas vraiment pourquoi mais les dialogues m'ont fait penser à du Kaamelott!
    Akashinai a dit :
    Samuel L Jackson est à la limite du surjeu

    Alors là je comprends pas! Un de mes personnages préférés du film, et d'ailleurs il y a un très bon article de Slate sur lui.

    Mais sur l'essentiel, comme tu le vois je n'ai pas vraiment d'argument c'est les goûts et les couleurs. Mais une fois le souffle retombé, je considère toujours ce film comme un des meilleurs Tarantino!

  • Akashinai

    21/01/2013 à 22h37

    Répondre

    Je conçois que sur Jackson j'y vais un peu fort, il s'en sort quand même très bien (mais la VF ne doit pas aider, parfois je trouve la voix trop poussée)

    Et sur les soucis de mise en scène ou de cohérence? Tu n'as pas trouvé que Tarantino la jouait un peu facile parfois? (le recul, la carriole explosée etc etc cf mon message d'avant).

    Oui parfois ca m'a fait aussi penser à Kaamelott, d'ailleurs je dis aussi dans mon message qu'il y a des scène d'anthologie (la 1ere minute de KKK, le shérif/marshall, la rencontre django/Schultz)

    Enfin bref, je l'ai peut être regardé avec trop de sérieux, mais même quand on veut faire dans le décalé il faut être rigoureux il me semble (et il l'avait réussi avec Inglorious basterds amha)

  • Hugo Ruher

    22/01/2013 à 15h02

    Répondre

    En fait le coup du recul je l'avais vu un peu comme un gag

    surtout à cause du "dis au revoir Madame" "Euh... au revoir Madame" BOOM

    Et c'est vrai que certains passages, notamment dans la scène de la fusillade, sont franchement abusés mais j'ai trouvé ça vraiment grisant. Par contre je t'avoue que pour la carriole j'avais pas capté le problème de continuité!
    Et puis d'après moi ça reste justement plus contrôlé que Inglourious Basterds (la scène dans le cinéma était vraiment WTF d'après moi!) et beaucoup plus prenant.
    Les personnages sont plus détaillés, plus humains et plus réalistes. Et même si avec du recul, le plan de Schultz était un peu foiré, ça reste dans le domaine de l'acceptable par rapport au plan des Basterds pour tuer Hitler.

    Encore que pour Schultz, il faut prendre en compte le fait que Candie n'aurait certainement pas cédé une esclave à 12000 dollars sans savoir pourquoi quelqu'un voudrait y mettre ce prix. De plus, Schultz a un certain sens du spectacle qui le pousse à monter ce genre de mise en scène et aussi un sens de l'honneur qui l'empêche de se plier à un esclavagiste en lui proposant un prix astronomique pour une esclave. D'où la petite surprise lorsque Candie veut lui serrer la main...

  • Akashinai

    22/01/2013 à 15h44

    Répondre

    Ok, ca tend à prouver que j'ai regardé Django avec trop de sérieux (pourtant j'y suis allé sans attente ni apriori), contrairement à Basterds où je devais être plus détendu )
    En fait, sur les faits on est d'accord, c'est plutôt sur la facon de les interpréter et notre limite à les accepter qui nous différencie sur ce film. En fait ce que je voulais c'était une discussion avec quelqu'un qui avait aimé pour connaitre le pourquoi du comment .
    D'ailleurs j'ai un peu l'impression d'être le seul à avoir été décu...

    Mais vivement le BR que je me le remate, toutefois il y a clairement des choses qui ne passeront toujours pas.

  • Hugo Ruher

    22/01/2013 à 16h08

    Répondre

    Akashinai a dit :
    mais la VF ne doit pas aider


    J'ai pas vu la VF mais juste pour Christoph Waltz et son accent c'est absolument à voir en VO!

  • Loïc Massaïa

    23/01/2013 à 09h55

    Répondre

    Vu hier soir.
    J'ai bien aimé. J'aurais pas mît 9, mais c'est quand même un bon film. Bien meilleur à mon sens qu'inglourious basterd.
    Pour les défauts sus-cités, je sais pas trop, perso pas grand chose ne m'a profondément gêné. Pour le rap, je crois que c'est juste une question de goût. De souvenir il y a deux passages avec du rap, un qui collait mieux que l'autre pour moi (le premier), mais certainement qu'un autre aura préféré le second passage. Là ils y a pas vraiment de raison "logique".
    Pour ce qui est du "recul" de la sœur à la fin, j'y ai vu aussi un ressort humoristique (qui ne m est pas vraiment apparu réussit personnellement). Une sorte de point (d'exclamation) final à une scène que Tarantino voulait excessivement extravagante, sorte de catharsis de toute la tension accumulée jusqu'alors. Cette scène finale, qui m'a fait pensé -dans une registre différent- au final de braindead de Peter Jackson, n'est peut être pas aussi excessive qu'elle aurait dût être pour finir sur un tel trait d'humour, vraiment excessif lui par contre.
    Moi j'ai trouvé tous les acteurs très bien, même Samuel L Jackson. Peut être un chouïa caricatural, mais son personnage l'est déjà dès l'écriture.
    Christopher Waltz et léonardo Di Caprio sont les plus remarquables, entre carricature (mais pour être drôle) et finesse, ils sont d'excellents faire valoir d'un personnage principal somme toute très classique.
    Comme dans tous ses films, tarantino utilise le cinéma comme immense machine à fantasme, mais comme dans Inglourious il lui ajoute une dimension cathartique avec ces salopards qui finissent tous plus mal les uns que les autres. Certains étant en öre p,us ridiculisés que d'autres. La scène du KKK se retrouve ainsi indispensable, alors que scénaristiquement parlant elle n'apporte vraiment rien du tout.

  • Akashinai

    23/01/2013 à 11h41

    Répondre

    On semble plutôt d'accord même si moi j’appuie plus sur les petits défauts, c'est peut être ca le problème, je suis trop critique sur ce film et je prend au 1er degré ce que je devrais prendre un demi degré en dessous (on est quand meme pas dans le second degré )

    Pour les acteurs je suis totalement d'accord tous très bon (Waltz, Léo et Johnson en tête), Foxx: Classique... et Sam L Jackson parfois (trop) caricatural, mais le role le veut clairement.

  • Lestat

    03/02/2013 à 11h36

    Répondre

    alors que scénaristiquement parlant elle n'apporte vraiment rien du tout.


    La scène du KKK (took my baby away...pardon), outre d'être un pastiche de l'originale, aurait eu sa place dans un sous-Trinita, avec des fayots, des baffes et des pets. C'est assez cohérent dans le cadre de l'hommage et des références.

    (Bonjour !)

  • hiddenplace

    03/02/2013 à 12h15

    Répondre

    Tiens Lestat, ici

  • Akashinai

    04/02/2013 à 08h13

    Répondre

    Lestat a dit :
    alors que scénaristiquement parlant elle n'apporte vraiment rien du tout.


    La scène du KKK (took my baby away...pardon), outre d'être un pastiche de l'originale, aurait eu sa place dans un sous-Trinita, avec des fayots, des baffes et des pets. C'est assez cohérent dans le cadre de l'hommage et des références.

    (Bonjour !)


    J'entend bien, mais justement il manquait les fayots, les baffes et les pets Je veux dire, cette ambiance je la retrouve clairement dans le "navet" Mon nom est personne (que je ne me lasse pas de revoir) mais pas dans Django qui apparemment a laissé la finesse (oui oui malgré les pets et les fayots) et le charme italien au vestiaire, pour en faire un film badass (pas vraiment le trait principal des western que j'affectionne...).

    Mais je le repète encore, Django m'a décu mais reste un bon film.

  • el viking

    04/02/2013 à 11h45

    Répondre

    Vu, mais en vf malheureusement... Malgré ça, ce fut une très bonne expérience, certes, avec des défauts apparents, mais bon, de façon générale, j'ai "kiffé" ce film, comme dirait les djeun's!

    Clair que la scène du KKK m'a grave fait pensé à Kaamelott, surtout dans le ton de voix des personnages, pour le coup, ça doit être plus flagrant en vf...
    Samuel L. Jackson m'a bien fait rire, en jouant le nègre complétement soumis à son maitre blanc! Sa première apparition doit être la scène qui m'a fait le plus rire du film. Merde, c'est Samuel L. Jackson, quoi!
    Quand au "recul" de la soeur de Di Caprio, je suis plutôt de l'avis de Loïc (pour une fois! ), ça se voulait clairement comme un trait humoristique dans une scène finale pleine de tension dramatique (bon, peut-être pas, en fait), mais personnellement, ça ne m'a pas fait rire tant que ça, au contraire de la salle de cinoche qui elle, était hilare...

    Du coup, ça rejoint un peu ce qui se disait au début de ce sujet, les goûts et les couleurs y sont pour beaucoup pour l'appréciation d'un tel film...

  • Lestat

    04/02/2013 à 17h25

    Répondre

    Akashinai a dit :
    Lestat a dit :
    alors que scénaristiquement parlant elle n'apporte vraiment rien du tout.


    La scène du KKK (took my baby away...pardon), outre d'être un pastiche de l'originale, aurait eu sa place dans un sous-Trinita, avec des fayots, des baffes et des pets. C'est assez cohérent dans le cadre de l'hommage et des références.

    (Bonjour !)


    J'entend bien, mais justement il manquait les fayots, les baffes et les pets Je veux dire, cette ambiance je la retrouve clairement dans le "navet" Mon nom est personne (que je ne me lasse pas de revoir) mais pas dans Django qui apparemment a laissé la finesse (oui oui malgré les pets et les fayots) et le charme italien au vestiaire, pour en faire un film badass (pas vraiment le trait principal des western que j'affectionne...).

    Mais je le repète encore, Django m'a décu mais reste un bon film.


    Ceci posé, j'ai pas été emballé plus que ça, bien que ce soit plus supportable qu'Inglorious Basterds et Blvd de la Mort. Mais je trouve que c'est un hommage réussi (et pas encombrant) au western italien, avec son outrance, ses ruptures de ton, sa violence, son côté fun... Et on retrouve un peu la fraîcheur des trois premiers films de Tarantino, ceux qu'on regardait pour l'histoire et non pas en cherchant les références claquées au quatre coins de l'écran.
    C'est quand même pas loin d'être le meilleur rôle de Jamie Foxx (et le premier de son chibre^^).

    (Après, y'a bien une demi-heure de trop. Et on peut légitimement se demander si Tarantino ne peux pas passer à autre chose que de mettre en scène se ssouvenirs de videoclubs)

  • gyzmo

    04/02/2013 à 20h26

    Répondre

    Lestat a dit :
    La scène du KKK (took my baby away...pardon), outre d'être un pastiche de l'originale

    Tu parles du Django original ? Il vaut le coup d’œil ?

    La scène, que j'ai bien aimé perso, m'a bcp fait penser à un épisode de Kamelott :

    C'est le genre de séquence qu'on retrouve chez les Monty, ou Mel Brooks. Des perles, quoi.

    Akashinai a dit :
    le "navet" Mon nom est personne (que je ne me lasse pas de revoir)

    Même avec des guillemets, Mon nom est personne, un navet ???

  • Lestat

    04/02/2013 à 20h58

    Répondre

    Tu parles du Django original ? Il vaut le coup d’œil ?


    A mon sens oui, mais sorti de quelques clins d'oeil -dont l'acteur original qui fait coucou-, le Tarantino n'a pas grand chose à voir. C'est un western assez bourrin, pompant un peu Pour une Poignée de Dollars, la touche Corbucci en plus. Originellement, Django est un ex-soldat nordiste (et blanc de surcroit) qui trimballe un cerceuil derrière lui. Il va faire le ménage dans une ville pourrie en prise avec un gang de cagoulés.

    Pour moi Django Unchained fait plutôt référence aux films de Corbucci en général. Django donc, mais aussi le Grand Silence, le Mercenaire, Le Spécialiste, Navao Joe...

    (coucou gyzmo ! C'est pire que la boite à gateaux ici, je plonge un doigt vite fait et j'y suis encore)

  • gyzmo

    04/02/2013 à 21h31

    Répondre

    Adjugé, vendu !

    > go à la recherche du Django de Corbucci

  • hiddenplace

    04/02/2013 à 22h09

    Répondre

    Lestat a dit :


    (coucou gyzmo ! C'est pire que la boite à gateaux ici, je plonge un doigt vite fait et j'y suis encore)


    Te reste plus qu'à refaire des critiques, et ce sera bon.

  • Lestat

    04/02/2013 à 22h17

    Répondre

    *je ne suis pas là, laisser un message*

  • gyzmo

    04/02/2013 à 23h00

    Répondre

    N'empêche, depuis que toi et Riff n'êtes plus là pour nous donner des idées de films mythiques hors actu à (re)découvrir, les soirées de monsieur l'ambassadeur sont d'un chiant.



    Mais d'un chiant.

    Edit : Django, c'est un perso récurrent d'une saga ? J'ai vu plusieurs films différents éponymes !

  • Lestat

    04/02/2013 à 23h29

    Répondre

    ça, c'est un peu le bazard.

    Il y a les Djangos "officiels" : Django, le Retour de Django, dans une certaine mesure, Django prépare to cercueuil...

    Il y a aussi moults films où le personnage s'apelle Django mais n'est pas "Django". Poker d'as pour Django, Django Porte sa Croix, Avec Django la Mort est là, W Django...Pour certains, pas moins intéressants d'ailleurs.

    Il y a les retitrages sauvages dans tous les sens possibles, sans parler de l'exportation qui rebaptise les personnages d'une langue à l'autre...

    Il y a Django Reinhardt.

  • Loïc Massaïa

    05/02/2013 à 01h18

    Répondre

    Y a aussi Sukiyaki western Django, de Takashi Miike.

  • Akashinai

    05/02/2013 à 07h58

    Répondre

    Oui pis dans son cercueil il a une mitralleuse nan , Non là les Django "originaux" sont de vrais navets sans guillemets

    Pour ce qui est de Mon nom est personne, j'ai mis navet entre guillemets parce qu'il a clairement bercé mon enfance (l'histoire du poussin, la musique, le train et les fayots...) mais qu'avec un recul froid et critique on ne peut pas dire que c'est un grand film ("NAvet" etait peut etre un peu fort, mais c'était au sens "attendrissant" du terme )

  • Lestat

    05/02/2013 à 10h42

    Répondre

    Ah non, Django 'nest pas un navet.
    (certains autres, je dis pas, mais Django, non)

  • Akashinai

    05/02/2013 à 11h12

    Répondre

    D'où mon "LES django"...en fait je suis pas sur d'avoir vu celui de Sergio Corbucci. J'ai vu Tire Django, tire et Prépare ton cerceuil il me semble.

    Le vrai Django original je ne l'ai pas vu apparemment

  • nazonfly

    19/02/2013 à 08h03

    Répondre

    Trois semaines après tout le monde, j'ai vu Django. Mais je l'ai vu en VO, ça valait le coup d'attendre.

    Comme je suis quelqu'un de grave consensuel, je suis d'accord avec tout ce qui a été écrit plus haut.

    Au niveau de la musique, certaines m'ont choqué par leur présence et d'autres passaient admirablement bien, même si elles étaient déconnectées de l'univers du western (ce que de toute façon sait très bien faire Tarantino notamment avec la bataille sous la neige dans Kill Bill).

    J'ai vraiment beaucoup aimé Django qui est le genre de perso que je kiffe à 122,3%. Le héros taiseux qui a une classe incroyable type Eric Draven de The Crow ou Yo Hinamura de Crying Freeman.
    Schultz est aussi vraiment exceptionnel. Et Samuel L Jackson (que j'ai eu du mal à reconnaître) fait vachement bien le vieux domestique servile

    comme le domestique qui tient en fait toute la maison (cf son passage dans la bibliothèque
    . Par contre je ne trouve pas son rôle caricatural : il est un peu l'autre facette de Django.
    Je n'ai pas adhérer à 100% à DiCaprio dans ce rôle : il lui manque un je ne sais quoi pour ce rôle. J'aurais aimé y voir une "gueule" du cinéma, quelqu'un de plus vieux. Mais bon les goûts et les couleurs...

    Sur les petits défauts vu par Akashinai, je ne suis pas tout à fait d 'accord :
    - la scène de la sœur est clairement humoristique (même si dans ma salle ça a dû juste sourire) et sa chute n'est pas plus abusée que les habituelles tueries dans les westerns
    - l'invincibilité de Django est là aussi à mettre en parallèle avec tous les films où le héros, entouré de 120.000 personnes, s'en sort sans problème et sans égratignure. Pour le coup, c'est comme la scène avec les Chinois de OSS 117 ou celle de Thurman avec les je-ne-sais-plus-combien de cinglés.
    - je n'ai pas eu l'impression qu'il y ait eu tant de sang que ça (sans doute moins que dans Reservoir Dogs).
    Par exemple Candie meurt sans effusions.

    - pour la carriole de Schultz, on voit très bien après qu'ils transportent les corps sur les chevaux. Avec tous ceux que le KKK laisse derrière lui, il y a de quoi faire, même si sur le coup ça reste moyennement explicable.

    Bon j'aurais beaucoup de choses à dire mais ce n'est pas moi qui fait la critique Juste que j'ai bien aimé la vision de certains Blancs (notamment ceux avec les chiens) qui ne sont pas complètement débiles.

  • Akashinai

    19/02/2013 à 10h16

    Répondre

    nazonfly a dit :
    Le héros taiseux qui a une classe incroyable type Eric Draven de The Crow ou Yo Hinamura de Crying Freeman.


    Je suis prêt à tout de passer...Mais ca...Tu classes vraiment Django au niveau de Hinamura??? Je me meurs à petit feu...

    Non serieusement je trouve que Django, mais surtout Foxx, n'a absolument aucun charisme ou peut être celui d'une huitre qui a perdu sa perle...Mais là encore ce n'est que ma vision et c'est interessant de voir que les avis peuvent diverger autant.

    (Jackson je peux concevoir, j'avais d'ailleurs dis que j'étais sévère. Les musiques, oui c'est un trait de Tarantino, mais la je trouve que ca ne fonctionne pas tant que ça (même si certaines sont très bonnes!). La soeur, personne n'a rit certains ont même soupiré (dont moi j'avoue ;o) ). Mais je le répète encore, j'ai apprécié le film...mais pas comme je peux apprécier un Tarantino habituellement )

  • hiddenplace

    20/02/2013 à 20h53

    Répondre

    Akashinai a dit :

    Samuel L Jackson est à la limite du surjeu (parfois il m'a enchanté, parfois il m'a grave saoulé...)


    C'est marrant, mais pendant tout sa prestation (sauf à la fin où on comprend vraiment quel personnage il est), il m'a fait penser au vieux Biff Tannen, mais en black Mais son personnage est effectivement très intéressant.

    Sinon pour dire mon impression en 3 mots (allez, 4) : c'était très chouette. Allez je développe un chouia : beaucoup beaucoup mieux que ses derniers films, surtout Inglorious Basterds (je trouve les Kill Bill plutôt oubliables, Jackie Brown je m'étais carrément endormie, reste Pulp Fiction dont je ne me lasse pas et je mets Django à la même hauteur). Et super BO, plus que d'habitude, j'entends.

    Ah et juste petite note pour rebondir sur le com de Naz : je n'ai pas toujours été convaincu par Di Caprio moi non plus. Pour le coup, même si je pense qu'il s'est dit "je vais me lâcher, je suis chez Tarentino", j'ai senti du surjeu par moment. (comme dans les Noces Rebelles où il est censé s'engueuler de manière crédible avec Kate Winslet, ben ça faisait souvent fake^^)

  • Loïc Massaïa

    21/02/2013 à 10h30

    Répondre

    ah
    j'ai trouvé Di Caprio très bien dans Django. Les personnages (à par celui de Waltz) sont archétypaux, pour qu'il fonctionnent ils faut donc arriver, soit à être ultra fin et leur inculquer une dimension supplémentaire (ce qui n'a pas trop de sens dans un film comme Django, mais qui est parfait pour... Two lovers, par ex, l'interprétation de Joaquin Phoenix c'est tout à fait ça), soit y aller à fond. Et c'est ce que fait Di Caprio.
    Et je l'ai trouvé très très bon dans noce rebelle, j'ai pas trouvé ça fake du tout, donc bon, ceci explique peut-etre celà

  • hiddenplace

    21/02/2013 à 18h46

    Répondre

    J'ai beaucoup aimé Les noces rebelles pourtant, mais vraiment lors des scènes de disputes, on voyait un peu les ficelles quand même. Bien sûr ça reste de bons acteurs donc on n'est quand même pas au niveau d'Hélène et les garçons non plus, hein (désolée de la réf)

    Tiens c'est marrant , Two lovers je l'avais vu au ciné, et justement j'ai pas du tout du tout été convaincue (par les acteurs, par leur triangle amoureux, rien ne paraissait crédible, et je me souviens que le film avait pourtant été encensé par la critique, j'ai vraiment pas compris^^)
    edit : ah tiens j'ai retrouvé la critique sur Two Lovers, et en fait Joaquin Phoenix était pas si mal d'après mon commentaire de l'époque... ça m'a juste laissé un souvenir totalement périssable.^^ C'est surtout les femmes qui m'ont laissée de marbre visiblement...

  • Loïc Massaïa

    22/02/2013 à 11h19

    Répondre

    Oui, j'ai trouvé le film bien filmé, soigné tout ça, mais pas non plus génial. Seule la prestation de Joaquin Phoenix m'a marqué, car sans elle le film serait devenu sans intérêt. Et pourtant, dans le scénario, cette façon de joué était dispensable, c'est vraiment un plus qu'il a apporté à un personnage qui aurait pu etre très fade.
    Après, est-ce que c'est le choix de James Gray, dans sa direction d'acteur, ou celle de Phoenix, je n'en sais rien. Mais au final, le personnage n'est pas aussi creux que ce qu'il est dans l'écriture !

    Pour les noces rebelles. Soit, il en faut pour tous les goûts, certains ont trouvé qu'ils jouaient mieux dans Titanic ces deux là, moi ca me fait ricaner, donc bon.
    Peut-etre es-tu plus exigeante que moi sur ce point

  • hiddenplace

    22/02/2013 à 22h41

    Répondre

    Bah c'est juste que c'est beaucoup plus délicat de jouer des scènes de crise crédibles que des scènes d'amour transi ? (je dis ça, je n'en suis même pas convaincue^^).
    Titanic ne joue pas sur le même tableau (enfin la même attente, je veux dire) que Les noces rebelles, d'où certainement ma déception pour l'un et pas pour l'autre. (oui je les trouve crédibles dans Titanic^^)

  • Loïc Massaïa

    23/02/2013 à 11h36

    Répondre

    hiddenplace a dit :
    Bah c'est juste que c'est beaucoup plus délicat de jouer des scènes de crise crédibles que des scènes d'amour transi ? (je dis ça, je n'en suis même pas convaincue^^).
    Titanic ne joue pas sur le même tableau (enfin la même attente, je veux dire) que Les noces rebelles, d'où certainement ma déception pour l'un et pas pour l'autre. (oui je les trouve crédibles dans Titanic^^)

    Credibles ?
    On parle du meme ?
    ils surjouent comme dans tous les films hollywoodiens, je trouve. Le cinema americain nous a habitué a ce type de jeu, qui s'est codifié avec les années. Perso dans titanic j'ai trouvé Winslet carricaturale et meme risible par moment. Léo honnorable. Du coup j'ai toujours pensé que c'était une piètre actrice, jusqu'à que je vois Eternal sunshine, où je l'ai trouvé remarquable. Libre, vivante et vraiment naturelle. Et pour moi les noces rebelles, c'est le seul film où j'ai trouvé Léo vraiment bon.
    Comme quoi hein

  • hiddenplace

    23/02/2013 à 13h45

    Répondre

    C'est bien pour ça que je dis que pour Titanic, l'attente n'est pas la même Dans ce genre de registre et de blockbuster, j'ai trouvé qu'ils étaient crédibles. Moins dans l'autre où j'attendais de la nuance et de la subtilité.
    Et perso, je suis assez fan de Kate Winslet, dans tous les films où je l'ai vue, je l'ai trouvée très bien.

  • KaSuGayZ

    24/02/2013 à 01h27

    Répondre

    J'lai trouvé cool. J'aurais retiré une demie-heure au montage, parce que j'ai pas que ça à foutre de perdre mon temps au ciné. D'ailleurs j'y vais jamais d'habitude. Mais bon film, j'avoue.

  • Akashinai

    25/02/2013 à 08h08

    Répondre

    Bon ben là c'est pas possible, faut que je le revois...

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