6/10

P.S. : I love you

Pathos humide et sentiments positivants : le scénariste Richard LaGravenese a déjà été plus subtil dans la catégorie "film romantique atypique".

Soyons honnête : Richard LaGravenese n'est pas un nom bien connu. Et pour cause, il fait partie de cette masse laborieuse et peu exposée que l'on a récemment vue en grève : celle des scénaristes américains. Le premier titre de gloire de LaGravenese est de fournir à Terry Gilliam le scénario qui le fit revenir sur le devant de la scène après la déroute de Münchausen, un film intimiste et enthousiasmant nommé Fisher King. Par la suite pourtant, le scénariste travaillera essentiellement à des adaptations de livres, oeuvrant généralement dans le domaine du film romantique, option « sortie des sentiers battus » : Sur la route de Madison, L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, Leçons de séduction... Et puis de 1998 à 2006, il disparaît presque complètement des génériques, bien qu'on le suppose attaché à l'écriture de Erin Brockovich (il participe également à un documentaire sur les années 70). En 2006, il revient au scénario à la réalisation sur un des sketches de Paris, je t'aime et enchaîne ensuite en 2007 Freedom writers et P.S. I love you, tous les deux avec Hilary Swank. Le bonhomme ferait peut-être Profonde Solitude
Profonde Solitude
mieux de retourner à l'écriture et de renouer avec la qualité de Fisher King. Mais toute proportion gardée, P.S. I love you n'est pas mauvais ; juste un peu faible...

Holly (Hilary Swank) est mariée depuis 10 ans à Gerry (Gerard Butler), l'homme parfait qui parvient à être à la fois beau, musclé, drôle, attentionné et Irlandais. Alors quand il meurt d'une tumeur à tout juste 35 ans, la veuve reste toute anéantie de cette perte qu'elle n'a pas méritée. Heureusement, l'homme parfait avait tout prévu : Holly reçoit des lettres de lui à intervalles réguliers, l'incitant à sortir, à ne pas se replier sur elle-même, etc. Mais cette présence fantomatique persistante est-elle le meilleur moyen pour Holly de tourner la page ?

On peut reconnaître au pitch une originalité chargée de potentiel, mais le casting un poil racoleur donnait d'entrée une petite crainte : entre les starlettes télévisuelles Lisa ‘Friends' Kurdow, James ‘Buffy-Smallville' Marsters et Jeffrey Dean ‘Grey's Anatomy' Morgan, on retrouve le Spartiate Gerard Butler (300), exhibant à l'envi son torse velu, indécent jusqu'au-delà de la mort. De fait, les situations et les personnages ont largement Parfaite Solidarité
Parfaite Solidarité
tendance à paraître artificiels, du mari trop beau à l'attitude trop versatile de la veuve éplorée en quête d'équilibre. Le scénario, imparfait, présentait pourtant de quoi alimenter un bien joli film sur la nécessité de chérir le passé tout en contemplant l'avenir, mais LaGravenese réalisateur préfère rester dans l'anecdotique, user de facilités comme la réapparition récurrente de Gerard Butler dans les fantasmes de Hilary, et faire de l'ensemble une sorte de "film pour filles" trop calibré pour titiller le spectateur. On se console facilement à coups de musique irlandaise et de gags légers, en appréciant la finesse de certains dialogues (pas tous) et le jeu de Hilary Swank (quand même) et de Kathy Bates (toujours trop rare), mais le film ne risque pas de laisser une bien grande trace dans les mémoires. Définitivement, Richard LaGravenese scénariste gagnait beaucoup à travailler avec un réalisateur extérieur...

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