7.5/10

Point Break - Blu-Ray

LE FILM

Un peu plus de deux ans après la mort du comédien, Warner édite en blu-ray l'un des films les plus marquants de la carrière de Patrick Swayze, celui qui a fait de lui un acteur de premier ordre après la réussite de Ghost, et qui aura permis à Keanu Reeves de gagner ses galons en tant que star de film d'action. Le film a beau avoir déjà quelques années à son actif (il est sorti en 1991), et malgré quelques signes mineurs de décrépitude ici et là, il n'a pas pour autant vieilli et demeure encore une excellente découverte cinématographique.

L'histoire nous met donc aux côtés du jeune Johnny Utah, fraîchement intégré à la division californienne du FBI. Pour sa première affaire sérieuse, il décide de faire équipe avec le vétéran Angelo Pappas pour mettre la main sur un insaisissable gang de braqueur de banques - dont la particularité est de passer moins de 90 secondes sur chaque braquage, et de porter des masques d'anciens présidents américains. Quelques indices amènent les deux agents fédéraux à penser que les malfaiteurs sont des surfeurs, et voici donc notre Johnny en pleine mission d'infiltration...


DR.
Avec ce recul de vingt ans que l'on a aujourd'hui, on ne trouve rien de franchement original dans Point Break. Le scénario est plutôt convenu, les scènes d'action sont un peu dépassées par l'ampleur des moyens modernes, et chaque rebondissement peut être anticipé par l'amateur de thriller d'action averti. Mais Point Break nous fait passer la pilule par l'honnêteté de son propos et de sa réalisation, tout deux si bien considérés qu'il en redevient crédible même aujourd'hui. Cela n'aurait probablement été le cas si une autre personne que Kathryn Bigelow avait été aux commandes. La réalisatrice, bien connue pour être rodée aux exercices d'action et aux films un peu machistes, livre ici une leçon de mise en scène en chargeant chaque scène d'une certaine émotion, d'une intensité presque palpable, d'une plasticité manifeste qui confère au film des allures modernes. Que ce soit pour une course-poursuite à pied ou une séquence de surf, Bigelow est tellement en phase avec son sujet que l'on ne perd pas une miette, pas une seconde des aventures de Johnny Utah. Mieux, la relative ancienneté du film nous permet de découvrir quelques véritables prouesses techniques qui serait facilité par les effets numériques d'aujourd'hui. Comment faire pour que Patrick Swayze s'élance dans le vide à partir d'un avion en vol ?
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Faire directement sauter Patrick Swayze ! Une prise de risques payante puisque le plan est un des plus impressionnants du film, malgré quelques séquences de surf (en partie doublées par des cascadeurs) assez jolies à regarder, comme un documentaire réalisée par un mordu de glisse. Il y a également toute une vague de spiritualité planant sur le film, jamais trop poussée, qui justifie le style de vie des surfeurs et les actes des braqueurs, tout en évitant le cliché du junkie immature que l'on peut parfois rencontrer. Ici, leur drogue, c'est l'adrénaline, et c'est exactement ce que le film dispense : du divertissement haut de gamme, avec des acteurs de bonne volonté. Keanu Reeves n'a jamais été un grand acteur, mais Patrick Swayze est parfaitement à sa place, crédible en tout point. Il est même difficile d'imaginer un autre acteur que lui pour incarner Bodhi, cette espèce de gourou bodybuildé qui respire la sérénité et le contrôle de soi.

Pas de lézard, le film se regarde encore même après vingt ans d'existence, et il est même recommandable pour tous ceux qui souhaitent se souvenir d'un Patrick Swayze en pleine possession de ses moyens, ou tout simplement pour ceux qui recherchent un thriller honnête et bien foutu.

LE BLU-RAY


DR.
Le blu-ray, élégant, se présente dans une Ultimate Edition peut-être un peu trop chiche pour être appelé de la sorte. Au moins, celle-ci a la bonne idée de n'être pas beaucoup plus cher qu'une nouveauté blu-ray classique, et d'être joli à découvrir entre ses mains. Le coffret cartonné, contenant le blu-ray et le DVD du film, est contenu dans une jolie boîte en métal à l'image de l'édition collector de Ben-Hur. Celui-ci permet de compenser le peu de bonus (la culture suppléments n'était pas encore du goût de tout le monde en 1991, apparemment) en proposant deux objets à part : une copie du dossier de presse de l'époque, dispensant quelques infos - forcément pas à jour - sur l'équipe technique et les acteurs du film ; et un collier de surfeur en plastique impossible à mettre pour un adulte (ou alors serré-serré).

DR.
Les menus du blu-ray font vraiment le minimum syndical, présentant la même structure que certains des récents films sortis par Warner : une photo du film avec une petite musique, avec un menu en ligne et un niveau supplémentaire par couche de paramétrage.
D'un point de vue image, le film est exactement à l'image de ce qu'il doit être pour un film de vingt ans d'âge. On ne retrouvera donc pas la précision ou els couleurs d'un film récent, mais un niveau de précision assez acceptable pour ne pas regretter son achat. Le grain est présent, les couleurs sont assez ternes, mais n'empêche pas d'admirer avec ébahissement les belles séquences maritimes et les plans de chute libre. De ce côté, Point Break trouve le juste milieu entre modernité et rétro, un travail complet sur la pellicule aurait coûté beaucoup trop pour finalement desservir le film qui est plus à son aise ici, avec les défauts de l'époque.
De l'audio, il ne fallait pas en attendre grand chose non plus, mais la piste DTS VO est suffisamment bien balancée pour s'en contenter. Les enceintes arrière et le caisson de basse sont parfois sollicités, principalement pour rendre les vagues plus vivantes, mais le reste du temps, elles s'effaceront pour laisser la "voix" libre aux dialogues des acteurs et à la musique.

LES BONUS


DR.
Pas grand chose à regarder de ce côté-là, et peu d'éléments d'époque. On trouvera quelques scènes coupées, qui nous font davantage penser à des plans coupés. Le bonus n'a même pas été retransposé en HD, on découvre la qualité médiocre des acquisitions d'origine. le plus gros morceau tiendra dans les 45 minutes de documentaires présentant la vision du surf évoquée par l'équipe technique, les anecdotes et souvenirs de quelques acteurs, ainsi que les interviews d'une partie de l'équipe technique et des acteurs. Si Patrick Swayze est bien présent, Keanu Reeves n'apparait que via des entretiens de l'époque et Kathryn Bigelow est carrément absente.
Dernier bonus, la bande-son a été isolée, ce qui permet de regarder le film en ne conservant que la bande originale plutôt sympa. Rien de déterminant ici non plus.

CONCLUSION

Malgré son âge, le film se regarde avec un plaisir certain, grâce à la technicité de Kathryn Bigelow et à la thématique visuelle du film. Certaines scènes d'action paraissent même avant-gardistes avec le recul, et l'on aurait pu s'attendre à une édition collector à la hauteur du monument. Le matériel vient malheureusement à manquer, et malgré un aspect technique maîtrisé, le contenu de ce coffret somme toute très élégant est un peu trop avare.

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Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

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