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La Playa, perdue dans Bogota

Tomas est un jeune Afro-colombien qui vit dans le quartier de la Playa, à Bogota. Rien à voir avec une destination en bord de mer, la Playa est connue pour abriter un grand nombre d'immigrés qui vivent de petits travaux comme, dans le cas de Tomas, du lavage de voiture et des coupes de cheveux travaillées.

Dans cette vie, il n'est pas facile de trouver sa place, et quiconque arrive à une certaine réussite veut quitter la ville au plus vite. C'est le cas du grand frère de Tomas, Chaco, dont le seul but est de partir vers le Nord. Mais avant, ils vont tout mettre en œuvre pour retrouver leur frère cadet, Jairo, disparu après certaines affaires de drogue.

 

Filmer la réalité au plus près des gens

Pour les habitués du cinéma latino-américain, ce type de scénario est a priori assez commun. Problèmes identitaires, drogue, immigration, ghettoïsation des quartiers… Tout y est. Mais là où La Playa arrive à tirer son épingle du jeu, c'est en choisissant de ne pas faire un compte-rendu détaillé des conditions de vie dans les quartiers pauvres, mais en se focalisant entièrement sur les personnages. Ceux-ci sont dans une situation très particulière et la toile de fond, aussi prégnante soit-elle, n'est que secondaire derrière leur histoire.


Le genre de plan qui revient régulièrement durant le film.

 

Le réalisateur a choisi cette orientation dès le départ et parvient à s'y tenir. Dès les premières images, on suit Tomas, caméra à l'épaule, et ce type de plan revient régulièrement, preuve que la volonté affichée est vraiment de mettre avant tout en image les personnages.

Il est d'ailleurs intéressant de noter comment un tel parti-pris ne nécessite pas forcément de faire beaucoup parler les protagonistes. De nombreuses scènes se contentent de montrer des moments de la vie quotidienne. Si on est pris dans l'ensemble, un tel procédé donne un côté contemplatif très plaisant, mais pour d'autres ça signifie avant tout un manque de rythme.

 
Les afro-colombiens ont émigrés en masse à Bogota, jusqu'à transformer le paysage urbain.

 

Lent, mais vrai

En effet, le film est globalement lent, et c'est voulu. Mais là où la réalisation pêche c'est plutôt dans la linéarité du récit. Tomas est au final présent dans 90% des plans et le spectateur ne fait rien d'autre que le suivre dans ses péripéties. Et à moins d'être complètement happé par le personnage, ce type de construction rend le tout assez hermétique. Ce qui est dommage car La Playa reste pourtant très plaisant à voir si on n'est pas allergique aux longueurs.

Mais ce qui en rebutera certains plaira à d'autres car la volonté affichée du réalisateur est de faire dans le réalisme. Il n'y a donc pas de point culminant ou de découpage scénaristique clair mais un aspect brut, au plus près des personnages et de leur vécu. Au final, le film se laisse regarder malgré sa lenteur, si tant est qu'on s'attache aux personnages et au style extrêmement réaliste.

A propos de l'auteur

Je regarde plein de films et sur mon temps libre je suis journaliste. J'ai eu peur devant Paranormal Activity et je me suis endormi devant Interstellar. Mes goûts n'engagent que moi.

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