8/10

Planète terreur

Z comme zombies. Ou comme Z.

Si comme moi, vous avez été déçu par Boulevard de la mort, que vous avez péri d'ennui devant ses interminables dialogues et pesté devant la paresse d'un Tarantino avare en scènes choc, ne boudez pas pour autant la deuxième moitié de Grindhouse, qui décolle la rétine avec l'efficacité d'une éponge à gratter maniée par un M. Propre dopé aux amphétamines. Et si vous avez aimé le premier (vous êtes nombreux), je persiste à penser que vous prendrez bien plus votre pied devant cette bande-ci.

Pff... Le maquillage, ça me fait une belle jambe !
Pff... Le maquillage, ça me fait une belle jambe !
L'histoire, autant l'avouer tout net, tient en trois mots : les zombies attaquent. Deux mots selon certaines comptabilisations. Ce qui ne veut pas dire que le film est mal écrit, il aurait plutôt tendance à tirer le maximum de son postulat simplissime, en brossant une galerie de personnages bien typiques (la go-go danseuse, l'infirmière infidèle, son mari sadique, le shérif de Kill Bill et Boulevard de la mort) qui n'oublient pas pour autant d'être attachants. Contrairement à Boulevard de la mort qui expédiait le destin de ses personnages avec l'eau du bain, Planète terreur prend le temps de résoudre chaque sous-intrigue avec un respect qui force celui du spectateur. Robert Rodriguez connaît son affaire puisque The Faculty et Une nuit en enfer fonctionnaient sur des postulats comparables et donnaient eux aussi dans la logique du nanar décomplexé.

Ainsi fond, fond, fond...
Ainsi fond, fond, fond...
Et dans le genre décomplexé, on fera difficilement mieux que Planète terreur : ouvrant les hostilités avec la bande-annonce hilarante du nanar imaginaire Machete (avec le mexicanissime Danny Trejo) et la danse go-go de Rose McGowan, Rodriguez ne lâchera plus le rythme d'une semelle sur le reste du métrage. Tripailles répandues, pustules gicleuses, explosions de têtes et de voitures, gags gore en tous genres... Rien n'est épargné, tous les clichés sont passés à la moulinette de la citation amusée (mais jamais méprisante), la musique (composée par Robert, qui comme d'habitude fait également le cadre, le montage et les tacos) se teinte de sympathiques relents de John Carpenter tout en évoquant les vieilles séries Z d'horreur, Tarantino hérite d'un rôle cocasse à la mésaventure abjecte, et le film se fraie une place possible au panthéon des divertissements gores jouissifs, pas loin derrière Braindead et la série des Evil dead (tous deux sont clairement présents à l'esprit à la vision de certaines scènes). Seul le temps dira si le visionnage répété en fera un film culte.

On pourra sans doute reprocher à cette critique de pardonner au film certains défauts reprochés précédemment à Boulevard de la mort : effectivement, l'action se passe de nos jours, mais on occulte rapidement ce détail pour plonger dans un univers apocalyptique sans âge, où le grain de l'image et les sautes de pellicule ne quittent pas hypocritement l'écran à mi-parcours ; effectivement, on y trouve des tronches trop célèbres pour apparaître dans une production de quartier (Bruce Willis en général stoïque), mais ils ne font que passer dans un film qui fait la part belle aux inconnus et aux has-been (Michael Biehn, aux abonnés absents depuis Aliens). Et surtout, cette Planète terreur joue avec son origine nanardeuse sans pour autant se croire plus intelligente qu'elle. Ce qui en fait, pour tout amateur de cinéma bis, la plus grosse tranche de plaisir sortie depuis bien longtemps...

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11 commentaires

  • riffhifi

    16/08/2007 à 12h04

    Répondre

    Bonne nouvelle : il semblerait que Machete soit effectivement tourné par Robert Rodriguez d'ici peu de temps, pour une exploitation directe en vidéo

  • Anonyme

    16/08/2007 à 14h41

    Répondre

    Petite question: il est sorti quand en France?C'est logique qu'il soit pas encore sorti en Belgique,ou c'est juste mon cinéma qui foire?

  • Guillaume

    16/08/2007 à 14h42

    Répondre

    Il est sorti le 14 août en France

  • Anonyme

    16/08/2007 à 19h09

    Répondre

    Rah on est à la traîne nous...Après on s'étonne de se faire vanner sur notre "lenteur"...Grrr.Je veux le voir ce film gore/nanar volontaire moi!C'est tellement rare de nos jours.

  • Anonyme

    17/08/2007 à 12h50

    Répondre

    Pardonner à l'un ce qu'on ne pardonne pas à l'autre, on appelle cela de la mauvaise foi.


     Enfin, je te pardonne .


     Par conter vivement que je puise assister à ce spectacle.


     Pour info, Machette sera bien exploité en DTV parait il mais bon ça va lorgner vers du Desperado je pense.


    Le film sortira en octobre en Belgique à ce que j'ai pu lire ici et la...

  • riffhifi

    17/08/2007 à 13h34

    Répondre

    Pardonner à l'un ce qu'on ne pardonne pas à l'autre, on appelle cela de la mauvaise foi.


    Tu remarqueras quand même que j'ai argumenté ce pardon

  • Anonyme

    18/08/2007 à 01h20

    Répondre

    Oui mais j'adore te taquiner !!!


    en même temps ça n'excuse pas tout

  • nazonfly

    27/08/2007 à 12h20

    Répondre

    Boulevard de la Mort était un peu une énigme pour moi. Sympa/pas sympa, difficile à dire. Au contraire, Planète Terreur est un film purement jouissif qui marche bien grâce à un second degré omniprésent. Je n'ai vraiment rien à redire sur ce film!

  • Lestat

    27/09/2007 à 08h39

    Répondre

    Ah, ça fait du bien !

    Par rapport au Tarantino, c'est le jour est la nuit : foutraque, très généreux, bourré d'idées (la scène "hot" qui fait brûler la pellicule ), du gore bien comme il faut... En plus ça ne recule devant rien.


    Le penis qui fond, le suicide du gamin


    Bref, ça fait plaisir. Sauf que maintenant, je veux voir Machete .


    (et je vais m'arranger pour ne jamais aller en Irak, ils ont un herpes particulièrement virulent...)

  • Anonyme

    24/10/2008 à 21h45

    Répondre

    Le film de Rodriguez exploite bien la série B et la valorise. Le pied de table qui remplace la jambe de la chérie du héro puis après une magnifique mitraillette qui fait couler des flots de sang est très bien trouvé. La scène de l'hopital était géniale.

  • Islara

    19/01/2009 à 09h56

    Répondre

    Ce film est énorme, je n'ai jamais autant ri devant un film gore.  


    Voyons, qu'est-ce qui était le plus dôle : El Ray sur sa minuscule moto ? L'esquive (talent n° 62) du missile par la go-go danseuse ? Son kata-armé unijambiste version matrix ? La .... de Tarantino qui part en boullie ? Le Sayid de Lost en collectionneur de coucougnettes ? Machette en bande-annonce ? La RIP ((Rodriguez International Picture) comme producteur au début du film  ? La scène érotique coupée ?


    Même les âmes sensibles aimeront ce film, car dès qu'on commence à avoir peur, un gros gag vient détendre l'atmosphère.

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