6.5/10

planète blanche (La)

« Il ne faut pas perdre le Nord ». Avec un intelligent jeu de mots, Jean-Louis Etienne résume le message du film de Thierry Piantanida et Thierry Ragobert. Comme parrain du long métrage et élément promotionnel admirable, le célèbre aventurier, médecin et marin, occupe un rôle de lecteur de textes. Pendant presque 90 minutes, La Planète blanche offre de somptueux paysages de l'Arctique.

Le temps de la pellicule, le spectateur rencontre des ours blancs, boeufs musqués, caribous, loups, renards, baleines, crabes, méduses, morses, phoques, pieuvres ou encore de nombreuses espèces sous-marines seules connues des experts. Les scénaristes Thierry Piantanida et S. Millière ne s'attardent pas sur une espèce en particulier. Ils choisissent de montrer des moments de vies animales plutôt que de privilégier des explications scientifiques, comme c'est souvent le cas dans les documentaires télévisés. L'effet est immédiat : le film dégage un rythme et une énergie qui se démarque des récents Le Dernier trappeur et La Marche de l'empereur.

Les scènes les plus impressionnantes sont probablement celles filmées dans les profondeurs de l'Arctique. Avec des techniques de réalisation époustouflantes, le spectateur non-initié y découvre des entités animales fascinantes. Des créatures gélatineuses de toutes les couleurs se livrent à des danses d'une fantastique poésie. Sur la banquise, les ours et les phoques ont de quoi ravir les plus jeunes comme les amis des animaux mignons. Le public attentif aux questions environnementales appréciera la subtilité d'avis qui passent par l'exposition de la beauté d'un continent trop fréquemment ignoré. Côté négatif, la musique de Bruno Coulais (Les Choristes) contient de grossières fautes de goût. Le compositeur a la vilaine manie d'incruster des chants poussifs et des cris tribaux sur des images d'animaux entrain de courir ou de se mouvoir. Le décalage entre l'animal et l'humain ne fait pas que perturber, il gêne franchement. Alors qu'Emilie Simon était parvenue à épouser de manière insensée sa musique electro-pop aux images de La Marche de l'empereur, certaines partitions de Bruno Coulais inspirent un véritable dégoût. Le reste colle cependant parfaitement aux images de La Planète blanche.

Malgré l'intérêt de diversité que représente le survol de beaucoup d'espèces animales de l'Arctique, on ne peut s'empêcher de ressentir une certaine frustration, forcément un peu paradoxale. Néanmoins, avec ses magnifiques images évoquant à elles seules des messages écologiques, La Planète blanche réussit un pari risqué.

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1 commentaires

  • kfigaro

    11/04/2006 à 15h46

    Répondre

    A noter ici une interview intéressante (réalisée à Paris le 7 mars 2006) du compositeur Bruno Coulais :

    http://www.cinezik.org/compositeurs/ind ... oulais-ent

    il explique qu'il utilise notamment des instruments rares comme les pierres et des branches végétales pour la musique de "La planète blanche".

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