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Pinocchio - 2002

Mars 1999, La Vie est Belle de Roberto Benigni remporte le César du meilleur film étranger, récompense plus que méritée pour ce « film poignant » (Figo) boudé injustement par les Oscars. Consécration pour l'acteur - réalisateur.
2002, ce même Roberto Benigni réalise un rêve d'enfant en mettant sur pellicule la vie de Pinocchio, la marionnette de bois dont il emprunte le nom. Ouste les idées de chef-d'oeuvre, après avoir côtoyé les paillettes, l'italien hyper-actif décide de faire profiter la culture nanar du côté obscur de son talent.

Par magie, un énorme bout de bois atterrit devant la porte du menuisier Gepetto (Carlos Giuffré), qui projette alors d'en faire un pantin articulé. Quelle n'est pas sa surprise, lorsque ladite marionnette commence à gesticuler d'elle-même en poussant des cris ! Mais le « jouet » nommé Pinocchio (Roberto Benigni) devient rapidement incontrôlable, en faire un bon petit garçon bien élevé devient alors primordial...

L'artifice n'aura pas fait long feu, puisqu'il suffira à Roberto Benigni d'ouvrir la bouche pour dégringoler direct tout espoir dans un océan d'amertume. Cinq minutes, ce n'est pas le record, mais l'exploit est tout de même remarquable. Pinocchio - Benigni court, saute, gambade, touche à tout, un vrai petit démon ambulant qui ne sait rien faire d'autre que mettre la pagaille et s'amuser. Et le pire, ce qui va faire regretter les plus blindés d'entre nous d'y être allés, sera la voix française collée au personnage. Quand je pense que l'on m'a affirmé que la Version Originale était encore pire, je ne saurais que trop conseiller aux dépressifs fanas du clown italien de s'abstenir pour cette fois -ci. Une monstrueuse voix d'adulte imitant celle d'un enfant, hurlant un texte niais et assourdissant, tel pourrait être une description encore bien en-deçà de la réalité. Vous pensiez que ce cher Roberto était un bon acteur, Pinocchio risque de revoir vos opinions à la baisse. Et vous pensiez aussi qu'il était un excellent scénariste, voire même réalisateur ? Désolé de vous contredire une nouvelle fois, mais La Vie est Belle en devient presque un miracle. Pinocchio, non-content d'abrutir le spectateur, se constitue sous la coupe de Benigni comme une aguichante tête à claques qui ne fait rien d'autre que bêtise, mea culpa, re-bêtise, re-mea culpa, re-re-bêtise, etc. Peut-être trop content de se faire tirer les oreilles par sa fée d'épouse, Nicoletta Brashi, la pseudo-marionnette se bute la tête tous les quart d'heures, et en redemande aussi sec. Et compte tenu des moyens dépensés pour recréer un paysage ma foi assez réussi, il est encore plus dommage de constater que Benigni - réalisateur ne sauve même pas son film derrière la caméra, amputant son histoire de rythme et d'ingéniosité.

Tournant de sa carrière, Roberto Benigni rate le virage et s'enlise après 5 minutes de film dans un gros tas de graviers dont il ne pourra plus se défaire. Si il pouvait espérer un jour se voir récompensé comme meilleur acteur, son interprétation abrutissante de la célèbre marionnette lui vaudra certainement une nomination méritée aux Razzie Awards, sans compter le navet présent qui se doit d'être «récompensé» à ces mêmes oscars de la médiocrité.

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