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Piège en grande surface (poisson d'avril)

IN - NE - NAR - RABLE !

Malheureusement, Piège en Grande Surface n'existe pas, il ne s'agit que d'un petit poisson d'avril concocté par la rubrique ciné...

Les brocantes, c'est comme une boîte de chocolats, on sait jamais sur quoi on va tomber. Et parfois, la surprise et le désir bavant sont de mise, à l'image d'un type lambda devant un George Clooney en proie à de redoutables "tomates tueuses".
Fin des années 80, encore inconnu au grand public, Steven Seagal enchaîne les rôles en espérant percer avec sa tronche d'amour et ses solides bases en karaté. Entre Above The Law (Niko, 1988) et Under siege (Piège en Haute mer, 1992), il fera pas moins de cinq films dont trois seulement connaîtront les honneurs du grand public, reléguant le reste dans le « Direct to Video ». Parmi les trois, « Deadly Lines » (plus ou moins « Rangées Mortelles ») édité par TCR (la boîte de distribution américaine). Le film met en scène Steven Seagal, employé dans une grande surface (imaginaire) américaine, aux prises avec un gang de terroristes surarmés le jour de l'inauguration du bâtiment. Le film, à moitié action et à moitié comédie pour les téléspectateurs de plus de 50 de QI, ne sera tiré qu'à très faible nombre d'exemplaires.
Après le succès de Piège en Haute Mer, une entreprise française (nom inconnu, désolé) projette d'exploiter le filon en puisant dans la filmographie passée de Steven, et tombe sur « Deadly Lines ». Un ingénieux commercial lui trouve un nom débile, « Piège en Grande Surface », avec la vive intention de se servir du succès du film de Andrew Davis. La cassette ne verra malheureusement jamais le jour, faute d'argent, et seules quelques rares sources d'archives sont encore en mesure de révéler le délicieux nom français.

Résumons un peu : Joaquim Cheerok (Steven Seagal), ancien paramilitaire rompu à toutes les techniques de combat en milieu hostile (mis de côté à la suite d'une blessure - fait important pour la suite du scénario), vient d'être engagé pour de banales mises en rayon dans le tout nouveau hypermarché State Mall. Le jour de l'inauguration, en présence du gouverneur, un groupe de terroristes très organisés s'empare du bâtiment avec tous ses habitants, et réclame la libération de plusieurs de leurs confrères enfermés dans le pénitencier local. Par un coup de chance, Joaquim parvient à échapper au filet et sauve in extremis Nikki (Sarah Robbins, inconnue, désolé), une jeune hôtesse de caisse. D'abord réticent à s'opposer aux agresseurs, Nikki arrivera bientôt à convaincre le militaire à la retraite d'aider les pauvres gens retenus contre leur gré...

Je vous laisse imaginer à quel point mon bonheur fut total pendant ces 86 minutes qui resteront dans ma mémoire malgré une qualité d'image exécrable. Piège en Grande Surface est un peu le summum inavoué du film d'action bien gras des années 80, sorte de bâtard déshérité entre la violence suffisamment bourrue et la parodie avant-gardiste. Essayez simplement de visualiser un Steven Seagal rajeuni et un peu boiteux en train de se coltiner une trentaine de terroristes à travers tous les étages d'un centre commercial encore plus vaste qu'un Auchan des familles, avec un cynisme, une imagination, et un sens de la vanne/blague peu commun à mes yeux. A la traduction, on obtient des perles du calibre de « Vous êtes du FBI, de la police ? » « Non, moi je mets en rayon » (suivi d'une propulsion de terroriste au ralenti), ou de la grandeur d'un « Il se cache dans le rayon des détergents ! Attrapez-le ! ». La liste est longue, vous vous en doutez, au point que je tâte l'idée d'ouvrir un sujet de discussion forumique pour toutes les retranscrire. Mais les mots ne pourront jamais soutenir la comparaison face aux images, qui elles aussi ont fait l'objet d'une étude très très poussée. Me reviennent facilement à l'esprit des flashs de cette lutte à mort perchée sur une sorte de Fenwick fonçant à toute allure entre les rangées de la réserve, ou encore de ces pauvres terroristes dézingués dans tous les sens entre les rayons de l'hypermarché. Inutile de vous dire que tout cela se finira dans un chantier des plus colossaux, juste de quoi nous offrir DEUX, j'ai bien dit DEUX répliques mythiques coup sur coup, comme pour nous dire « ne m'oubliez jamais ». Je ne gâcherai pas la surprise, mais ça implique des sacs plastiques et une pointeuse. Je ne vous ferai pas l'affront de vous parler du jeu de Steven, carrément égal à lui-même, ni de la réalisation anecdotique de Peter Sonderns, mais je m'en voudrais de ne pas citer un peu la musique, plus que potable malgré les grands élans patriotiques qu'elle inspire, mis à part le morceau chanté final qui ne va pas beaucoup plus loin qu'un « la liberté, c'est bien ».

Un Lost Treasure qui a bien fini par se perdre dans l'histoire tel un Dragon Ball : The Magic Begins ou un Invasion USA (Chuck Norris), véritable petit chef-d'oeuvre de blagues et de situations probablement déjà obsolètes dans les années 80. Plus qu'une chose à espérer, une édition française avec piste VF et bonus, mais quelque chose me dit que je peux rêver....

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9 commentaires

  • Veterini

    01/04/2005 à 10h41

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    Nic dans sa splendide critique a écrit :
    La liste est longue, vous vous en doutez, au point que je tâte lidée douvrir un sujet de discussion forumique pour toutes les retranscrire

    Allez fais pas ton chacal balance ! Il a l'air trop fort ce film

  • Nicolas

    01/04/2005 à 15h10

    Répondre

    Deux vite fait, de mémoire :

    - Joaquim et Nikki marchent dans un rayon, Nikki argumente sur le fait qu'elle a des amis captifs, sens civique, des trucs comme ça. Joaquim marche d'un pas décidé, chope un truc dans le rayon, le passe sous une machine à donner le prix, puis dit : "expensive...". Il le jette par dessus son épaule, Nikki commence à s'énerver un peu...

    - Les terros les recherchent (juste après le coup du rayon des détergents). La musique du magasin se met en marche, on entend une voix masculine qui dit à peu près : "Mesdames et messieurs, votrre magasin vous informe qu'il est temps pour vous de mourir !". Et deux-trois rayons explosent avec les terros....

  • Nicolas

    02/04/2005 à 02h24

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    A priori, c'était un peu trop crédible, car personne n'a deviné qu'il s'agissait d'un poisson d'avril. L'affiche en grand :

  • Loic

    02/04/2005 à 05h23

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    Il l a fait!!!
    Ca faisait une petit bout de temps que cette idee traine dans l esprit de Nico. Piege en grande distrubution, ou piege en grande surface, prochaine realisation de mouais production, en partenariat avec le leclerc de bois d'arcy?

  • Daggy

    02/04/2005 à 10h05

    Répondre

    C'est pas gentil ça de faire espérer les fans de Seagal qui l'attendent dans ce genre de chef d'oeuvre inédit en France. Je suis persuadé que les vidéos clubs américains regorgent de tout plein de bons films comme Piège en Grande Surface !

    En plus, y'a de la vraisemblance dans le propos du film, les amis et les Ricains dénicheurs de bônne idées plancheront sur la critique de Nico une fois celle-ci ressencée par l'ami Google. J'en mets ma main à couper...

    Et là, c'est le drame !
    Daggy avait presque oublié la trouvaille magique du sieur Lestat !

    Piège en Grande Surface (ou ce qui aurait pu être sa bande-annonce) : c'est par là...

  • Veterini

    02/04/2005 à 13h30

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    ah lalala je me suis fais eu.
    Très drole la pub daggy.

  • nazonfly

    03/04/2005 à 21h51

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    Ahhhh je me suis moi aussi laissé avoir bêtement... Un Steven Seagal dans un supermarché est crédible...
    Ca laisse quand même un goût amer quand aux infos que l'on peut recevoir!!

  • iscarioth

    09/02/2007 à 22h59

    Répondre

    Vu sur nanarland :



    Cette caps vous est offerte par les dragées Fuca.

    --> http://www.nanarland.com/Chroniques/Mai ... ttackforce

    Ils sont trop forts

  • riffhifi

    14/02/2007 à 13h56

    Répondre

    Brillant...
    D'autant que "Deadly lines" ça peut vouloir dire "Répliques mortelles", un titre parfait pour un Steven Seagal

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