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Piège de feu

Les films sur les pompiers sont rares, et pourtant il y aurait des choses à dire. Et depuis le onze septembre, certains semblent s'en être rendus compte. Mais pas question de faire dans le thriller façon Backdraft, ni dans l'action dramatique façon La Tour Infernale. Non, un hommage doit pouvoir se vanter de valeurs claires et authentiques...

En tentant de sauver la vie d'un parfait inconnu, coincé au douzième étage d'un bâtiment en proie aux flammes, Jack (Joaquin Phoenix) fait une chute incontrôlée de plusieurs mètres. Coincé sous un nombre important de gravas, il ne peut compter que sur Mike Kennedy (John Travolta), son ancien mentor, et ses amis de la brigade pour le sortir du pétrin. Semi inconscient, il commence à se rappeler ses premières heures à la compagnie 33...

Authentique ? On est un peu en droit de douter. Non pas des intentions qui sont suffisamment claires, c'est à dire rendre hommage à ces courageux soldats du feu qui n'hésitent pas à braver flammes et chaleur démentielle pour déloger les malheureux piégés par le feu, non non. Mais nous pouvons sans conteste admettre qu'il émane de l'histoire de ce Jack Morrison une odeur plus hollywoodienne que terre à terre. A en croire ce qu'on nous montre, on jugerait que sa vie commence à partir de son affectation à la compagnie 33. Pas d'amis, pas de femme, pas de passé. Et une fois dans les rangs, c'est l'escalade. Détail, oui, peut-être. Bref, une fois « piégé » donc, Jack se trouve un passe-temps : se remémorer ses dix piges de carrière au sein des pompiers, sa rencontre avec sa femme Linda, son premier sauvetage, et son intégrité existentielle. Dès lors, l'idée principale fleurit comme le printemps : Piège de Feu est en fait un piège émotionnel. Le genre de film qui vous construit un héros bougrement sympathique pour le coller dans une situation désespérée et vous lacrimer les yeux à n'en plus finir. Par flashbacks réguliers, vous saurez presque tout des moments marquants de la vie de sauveteur de ce petit bleu : son arrivée à la caserne (les pompiers sont des très grands blagueurs), son mariage, ses enfants, etc etc. Entre, Mike essaye de sortir son petit pote des flammes, scènes minoritaires en termes de temps alloué. Tout ça se défend, à partir du moment où l'on se laisse gagner par le regard si spécial de Joaquin Phoenix et la bouille carrée de Travolta, tout deux très à l'aise. Jay Russell, soutenu par le producteur d'Hidalgo, fait lui aussi bonne figure en livrant un joli spectacle pyrotechnique, tentant parfois des petites figures de style pour peindre les pompiers avec quelques couleurs de documentaire.

Plus mélodramatique que tout autre chose, Piège de Feu se laisse voir, avec parfois la petite larme au coin de l'oeil, comme une comédie sentimentale classique : c'est à dire pratiquement aucune surprise pour l'initié. Un hommage aux pompiers peut-être un peu trop vieille école, avec quelques bonnes scènes de feu et un casting recommandable.

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Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

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