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Photo obsession

D'ordinaire plus habitué à mettre en scène des clips musicaux (notamment pour Michael Jackson, David Bowie, etc.), Mark Romanek retente l'aventure cinématographique après un premier long métrage méconnu, Static (1995). Egalement scénariste de Photo Obsession, son choix pour le rôle de l'inquiétant Sy Parrish se portera étonnamment sur Robin Williams, acteur confirmé mais largement plus porté sur la comédie,

Employé au laboratoire photo du centre commercial Savmart, et cela depuis quinze ans, Sy Parrish (Robin Williams) voue au domaine de la photo une passion sans borne. Désespérément seul, il copie systématiquement les photos de famille des Yorkin, les exposant ici et là dans son appartement, et s'imagine en faire partie intégrante. Se contentant de ce rêve indécent, son équilibre se voit brisé lorsque Maya Burson (Erin Daniels), la maîtresse de William Yorkin (Michael Vartan), fait développer des clichés qui pourraient compromettre le bonheur de Nina Yorkin (Connie Nielsen) et de son fils Jack...

Complètement obsédé par la photographie (d'où le titre, merveille de la relation causale), Sy Parrish l'utilise pour égayer sa triste existence, ou plus précisément pour s'en concevoir une sur mesure. Par les photos récupérées sur les pellicules des Yorkin, il peut ainsi suivre l'évolution heureuse (car personne ne prend de photos de moments qu'il ne voudrait pas se rappeler) de la famille et du petit Jack, comme s'il en faisait effectivement partie. Crâne dégarni, peau granuleuse, sourire crispé ou mécontentement grimaçant, Robin Williams parvient à s'écarter avec une facilité déconcertante de ses rôles habituels de brave gars, donnant à son personnage une dimension psychologique et une assise inquiétante. Tout en lenteur, parfois même fixe comme une image, il trouve assez d'inspiration pour assombrir le moindre geste de son personnage et le muter tout entier en criminel potentiel un brin détraqué mental, encerclé d'un monde aux couleurs froides et lisses. Une facette méconnue de son talent qui trouve formidable cadre dans la réalisation carrée et maîtrisée de Romanek, déjà à l'origine du script, une mise en scène si efficace qu'elle parvient parfois à masquer les petits travers apportant ennui et longueurs, finalement peu nombreux.

Un bon petit thriller psychologique (et si un développeur photo révélait des caractères voyeurs et un peu pervers ?), esthétiquement et scénaristiquement réussi, qui donne une occasion à Robin Williams d'exercer les aspects trop souvent ignorés de son éventail de comédien. Peut-être parfois un peu long, mais indéniablement bien maîtrisé par le réalisateur Mark Romanek.

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Ponette

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1 commentaires

  • Anonyme

    10/04/2004 à 00h00

    Répondre

    Un plutôt bon film de ce genre, qui vaut surtout d'être vu pour l'interprétation excellente de Robin Williams et pour le physique plaisant de Connie Nielsen.


    Boumbo.

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