5.5/10

petite chartreuse (La)

Je dois avouer que c'est principalement parce que je suis grenoblois que je me suis décidé pour La petite chartreuse. J'aurais dû me douter que le film étant du type "émotionnel", le réalisateur allait user et abuser de la technique cinématographique adaptée : j'ai nommé le gros plan. Ce sont donc les défauts de peau des trois acteurs principaux qui forment le paysage de la plupart des plans de La petite chartreuse.

Etienne Vollard est un bouquiniste un peu à la dérive depuis son divorce. Lors d'un accident, il renverse une petite fille qui sombre dans le coma. Rongé par le remords, il se rend à l'hopital où elle est prise en charge. Il y rencontre sa mère qui le supplie de continuer à venir raconter ses histoires pour stimuler l'esprit de sa fille.

L'histoire de la rédemption, du sacrifice est vieille comme la bible. Depuis le chemin de croix où Jésus rachète les humains. Remplacez Jésus par Olivier Gourmet, la croix par la recherche d'un passage mythique en chartreuse, et l'humanité par la petite Eva : vous avez une image à peu près correcte du film. On ne peut donc pas dire que ce soit par l'originalité du scénario que cette production brille. Tout l'intérêt se situe donc au niveau de la sensibilité des personnages et des situations. Il faut pour que cela fonctionne des acteurs au sommet de leur art sinon le risque de sombrer dans le mélo kitchiquo-guimauvien est grand. Si Olivier Gourmet s'en sort plutôt correctement, on ne peut malheureusement pas dire de même en ce qui concerne Marie-Josée Croze. Elle surjoue à un point tel qu'on en vient à redouter ses apparitions à l'écran. C'est dommage car la composition d'Olivier Gourmet aurait tendance à tirer le film vers le haut.

Le résultat est un film intimiste à la française un peu trop fleur bleue et convenu. L'atmosphère oppressante du film (les gros plans sont étouffants à la longue) contraste fortement avec la passion du héros pour la montagne et les grands espaces. Traiter de sujets négatifs, comme l'ennui, le désespoir etc., est un pari artistique risqué : même en étant réussi, cela peut engendrer de manière "mécanique" ennui, désespoir etc. chez le spectateur. Tout comme le héros principal qui est complètement paumé, je dois avouer avoir été quelque peu dérouté par ce film.

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1 commentaires

  • Protos

    17/03/2005 à 19h33

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    Je suis d'accord. Le film déroute, mais finalement, il est plutôt interressant, malgrè sa piètre qualité audiovisuelle : il marque les esprits, et c'est un film que l'on oublie pas (gage de qualité intrinsèque).
    C'est vrai que dans le genre paumé, on n'a rarement vu un tel cas (ho, la mousse, l'herbe, les oiseaux... oh... je m'étale sur l'herbe et je fais corps avec elle... ).

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