8/10

Père Noël contre les Martiens (Le)

" Mère Noël a clairement identifié les kidnappeurs comme étant des martiens."

Parmi tous les films à mouvance extraterrestre, peu sont ceux qui s'intéressent à la vie quotidienne de la Planète Rouge et aux us et coutumes de leurs folkloriques habitants. Encore plus rares sont ceux qui les présentent sous un bon angle. L'envahisseur rouge, couleur ô combien pratique pour camoufler laborieusement l'anti-communisme latent, est montré comme destructeur, conquérant, menaçant. Thématique qui n'a jamais réellement disparu. Independance Day ne montrait t'il pas une armée d'Aliens boutée hors de notre bonne vieille Terre par le capitalisme triomphant ?

Dans Santa Claus Conquers the Martians, sorti en 1964, le scénariste Glenville Mareth et le réalisateur Nicholas Webster prennent tout cela à contrepried. Dans ce film féerique, les Martiens sont présentés sous un jour nouveau. Dans leur monde technologique où l'on se nourrit de pilules, il n'y a plus de place pour les rêves. Aussi, quand deux enfants martiens, Bomar et Girmar, découvrent le Père Noël (Santa Claus en VO) et le 25 décembre, ils sombrent dans une incompréhension dépressive. Pourquoi ce charmant petit bonhomme rondouillard ne fait-il pas de détour par chez eux ? Dès le début, le ton est donc donné : la technologie est une menace pour l'imaginaire et apporte la tristesse. Le Père Noël, symbolise la candeur et la rusticité des traditions, éléments indispensables au bonheur d'un monde. Les Martiens ont également des sentiments et sont capables d'amour, comme le prouve la quête effrénée qu'accomplissent les dirigeants de la Planète Rouge pour capturer le Père Noël et ramener par la même occasion un peu de joie de vivre à leurs enfants.

Oui, je m'emballe un peu, mais qu'il a été mal jugé ce petit bijou de la série Z, à tord considéré comme l'un des plus mauvais films de SF de tous les temps...En avance sur son temps et pourtant délicieusement kitsch.
Santa Claus conquers the martians est un film d'un genre devenu rare, où tout traduit la bonne volonté et la magie du cinéma au budget serré. Comment ne pas s'attendrir devant ces Martiens aux visages verts qui deviennent progressivement roses, faute de maquillage ? Comment ne pas s'extasier sur les combinaisons très moulantes de ces autochtones ? Comment ne pas être émerveillé par les décors en carton et le robots faits du même métal ? Les séries Z révèlent nos instincts enfantins, où comme à la recherche des oeufs de Paques, nous furetons à la recherche de la trouvaille qui donnera tout son charme à ces films déjà uniques. Dans Santa Claus, on s'en donne à coeur joie : ici un gros micro dans le champ, là une fausse moustache, de ce côté, un figurant touché par une arme paralysante ( "Plop", "Plop" ) qui se dandine tranquillement, sans oublier ce superbe (faux) ours polaire qui fait "Groar ! " et la super fusée du professeur Werner Von Green (!!!)...Je vous ai parlé des combinaisons moulantes ? oui. Mais vous ai-je dit qu'elles permettent de s'amuser gaillardement au jeu des sous-vêtements ? Vous serez ainsi heureux d'apprendre que le Kimar, Chef des Martiens, porte un slip kangourou, à la différence de Voldar, le méchant Martien, qui préfère les caleçons.

Belle série Z, magnifiquement assumée, gentiment parodique, avec des acteurs étonnement potables et en (petite, toute petite) toile de fond une belle ode à la magie de Noël et à l'amour.

A voir au coin du feu, quand la neige tombe, en se rappelant qu'un jour nous aussi, nous étions petits...

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