6.5/10

Pénélope

Un petit groin de paradis ?

Difficile de trouver crédit auprès des producteurs lorsque l'on est un petit réalisateur sans grande expérience cinématographique, qui plus est lorsque l'on tient dans les mains le scénario d'une parfaite inconnue aux yeux du grand public, n'est-ce pas Mark ? Mais il suffit généralement qu'un grand nom de l'industrie cinématographique émette un coup de cœur pour que l'univers se débloque, et c'est ainsi que Reese Witherspoon, l'une des actrices les mieux payées du cosmos hollywoodien, parvient à mettre sur les rails ce joli petit conte qui nous montrera, une fois de plus, qu'il faut s'accepter tel que l'on est, et que la plus belle partie d'une personne se trouve certainement à l'intérieur...

Car Pénélope (Christina Ricci) est maudite. Pas de sa faute, remarquerons-nous, puisque le forfait est assigné à un de ses lointains aïeuls aristocrates qui n'hésita pas à copuler avec la servante du coin pour ensuite la laisser tomber comme une voiture malpropre. La donzelle se jette d'une falaise, provoquant la colère de la sorcière maternelle qui décrète que la prochaine fille de la famille sera une cochonne. Pénélope, donc, naît avec un groin proéminent et des oreilles pointues, et l'espoir qu'un aristo pas regardant la demandera en noces et annulera du même coup le sort...

Jambon baillonné
Jambon baillonné
Postulat intéressant, certes, qui trouvera une application comique évidente dans la première partie du film, où les prétendants se succèderont et s'enfuieront inexorablement en hurlant. Imaginatives, drôles, ces quelques dizaines de minutes prennent à contre-pied les recettes type du conte fantastique et de la comédie romantique, deux genres largement retrouvés dans ce Pénélope. Hystérique, la maman fait des pieds et des mains pour caser sa progéniture, tandis que le père emprunte une relativité toute masculine et un air blasé, et que Pénélope perd tout espoir. Mais voici que se pointe la tête d'affiche masculine, en la personne de James McAvoy, et avec lui les premiers soubresauts de ce que sera véritablement Pénélope : une autoroute de bons sentiments. Si Maxwell (James McAvoy, donc) semble ne rien avoir du prince charmant des contes, le scénario déboîte et suit scrupuleusement les panneaux de la comédie romantique teintée fantastique. Tous les clichés s'empalent sur le film, jusqu'au dénouement moralisateur qui nous ramène à la plus simple expression de certains Teen Movies : l'acceptation de soi. Pénélope s'échappe donc de chez elle et découvre le monde des vivants, celui des "gens normaux", et c'est au contact de la société auquelle elle échappait qu'elle apprendra sur elle-même. Oubliées, les premières minutes, le rythme devient mollasson et la réalisation peu inspirée de Palansky, lorgnant parfois du côté de Tim Burton, n'y arrangera rien.

Un conte doublé d'une comédie romantique, les deux ramenés à leur plus simple condition. Passée une première partie assez bidonnante, le film s'enlise dans des récurrences de genre assez ennuyeuses, et se termine en eau de boudin, c'est le cas de le dire. Reste Christina Ricci, impeccable dans sa transformation.

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10 commentaires

  • Dat'

    12/04/2008 à 13h54

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    "Lust, cochonne"


     


    Ahah  Je me prosterne pour le detournement de référence là ^^

  • Anonyme

    15/04/2008 à 18h31

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    L'écriture hargneuse (auteur aigri?) de la critique (notamment la description du sortilège...passage de 3 ou 4 min au plus qui ne mérite pas 6 lignes...)  semble oublier le caractère volontairement onirique de ce film. Il s'agit d'un conte moderne et non d'un film complètement ancré dans la réalité, il faut simplement en être conscient avant de se rendre à la séance.


    Pour ce qui est de l'humour, il se trouve plutôt dans la deuxième partie du film (les prétendants jetés par la fenêtre font légèrement sourire les adultes et plutôt rire les enfants).


    Quant au rythme, il est soutenu par des acteurs à la hauteur de leur personnage. Sans omettre le travail des couleurs et des décors qui donnent un petit côté "merveilleux" à notre monde réel, l'esthétisme y est trés agréable et notable.


    Un film travaillé, divertissant et d'actualité. L'histoire d'amour n'est pas à proscrire du 7éme art sous prétexte qu'elle est souvent mal menée, ce qui n'est vraiment pas le cas pour "Pénélope" qui trouve son originalité dans son intégralité.


    A voir !!


    www.auxarts-etc.com 


     


     


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  • Luz

    15/04/2008 à 20h23

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    J'ai bien aimé le film. Assez doux, pas trop gnangnan contrairement à ce qu'on pourait penser en lisant le sénario .


    Par contre. je trouve ca agacant, Christina Ricci, qui reste belle avec un grouin et des oreilles de spoke. Vraiment agacant !


    C'etait sans pretention, les images sont belles, y a des gouttes d'originalité un peu partout.. Ca me va.


     

  • Aurélie

    15/04/2008 à 21h04

    Répondre

    Bon sang, j'en ai marre d'être d'accord avec Luz ! Je veux me rebeller ! Mais là, y'a pas : je suis d'accord. C'était bien.

  • knackimax

    15/04/2008 à 23h07

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    Luz à toujours raison, c'est tout !

  • Nicolas

    16/04/2008 à 12h02

    Répondre

    " L'écriture hargneuse (auteur aigri?) de la critique "


     

  • riffhifi

    16/04/2008 à 12h09

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    Je trouve ton smiley un peu hargneux Nicolas.

  • Aurélie

    16/04/2008 à 12h12

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    Mwahaha, j'avais même pas vu ce message, allez comprendre. C'est marrant, c'est exactement ce que je t'ai dit en sortant du cinéma : t'es aigri Nicolas.  

  • riffhifi

    18/04/2008 à 23h08

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    Joli mais pas vraiment réussi. C'est plus sympathique que génial, on sent qu'ils sont passés à côté de pleins d'idées et qu'ils ont versé, comme dit Nicolas, dans le consensuel mielleux vite fait.


    Je tiens quand même à souligner qu'il y a dans le film un des meilleurs acteurs actuels : Peter Dinklage. C'est celui qui est tout petit, avec un bandeau sur l'oeil, et si vous n'avez pas vu The station agent vous allez le louer ou l'acheter immédiatement.

  • hiddenplace

    19/04/2008 à 14h56

    Répondre

    Bon, difficile de passer derrière Elephant Man et Edward aux mains d'argent dans les films ayant pour thème la monstuosité et la réaction de rejet/ admiration morbide qu'il entraîne. Ici, on est dans un autre registre, plus léger bien sûr, mais posant les mêmes questions


    N'empêche que j'ai passé un très joli moment: des acteurs bien dedans, des costumes et des décors, et en général des couleurs tout à fait à mon goût (et pas tellement Tim Burton je trouve... c'est pas parce qu'il y a Christina Ricci, deux trois volutes et arabesques et quelques fleurs et oiseaux que ça penche vers le Burtonien quand même^^), un humour un peu décalé par moment, qui rendent tout ça plus que sympathique.


    C'est vrai qu'il demeure quelques cliché du conte de fée traditionnel, des rebondissements qui n'en sont pas vraiment... sauf un :


    Le majordome qui s'avère être la sorcière, je ne m'y attendais pas^^ 


    Mais dans l'ensemble, au vu du scénario de base, justement très "basique" (premier élément qui au début m'avait rebutée, et m'a fait hésiter à y aller...) c'est un peu normal qu'on se retrouve globalement dans le schéma type du conte de fée traditionnel, avec son lot de moral consensuelle et pas très original.  Et c'est justement tout le reste, surtout visuellement parlant, et les petits détails et anecdotes, qui fait que c'est moins convenu.


    Bref, un joli petit film, qui mérite selon moi les guichets fermés auxquels je me suis heurtée les deux fois précédente (plus que Bienvenue chez les ch'tis en tout cas, que j'ai vu par dépit, du coup ) 

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