5.5/10

Passe passe

Darry (Edouard Baer), après s'être embrouillé avec son beau-frère (Joey Starr) à propos d'une histoire malhonnête de colis, se retrouve en rase campagne, au volant de la BMW dudit mari de sa soeur, quelque peu empruntée sans l'autorisation du propriétaire.

Je ne crieeee pas !
Je ne crieeee pas !
Il faut bien avouer que c'est la loose pour Darry : il a tout perdu, sa fiancée, son emploi, l'usage correct de ses doigts. On s'imagine alors sa surprise joyeuse quand il tombe nez à nez avec un sac rempli de grosses coupures.

Mais c'est sans compter Irène (Nathalie Baye), la femme attachée à ce sac, qui, tout comme notre ami à la vie malchanceuse, a trempé dans des histoires louches. En l'occurrence, un rôle de femme de paille pour rendre service à son amour de ministre de l'écologie (Guy Marchand). Eux deux, paumés plus vrais que nature et fuyant leur problèmes, vont devoir se sortir de ce guêpier, pourchassés par les sbires de la DST. Ils en profiteront pour se reconstruire face à l'adversité. Comme quoi, le bien triomphe toujours à la fin.

Le scénario a ceci de réussi qu'il ne se contente pas de nous conter une aventure policière façon buddy movie. Tout ne réside pas dans l'action, loin de là, c'est même plutôt l'inverse, puisque les rares moments plus actifs sont finalement les plus décevants, ne fonctionnant que grâce à leur maladresse touchante. Ce sont uniquement les relations entre les acteurs qui font le sel du film. Baer faisant profil bas devant Joey Starr et son organe terrifiant, Nathalie Baye jouant la femme directive mais fragile, Guy Marchand mimant le salaud au grand coeur, etc.

Baer, à pied.
Baer, à pied.
Tous les personnages, hormis celui de Joey Starr, trop caricatural, rendent le film attachant, le sauvant de la noyade à laquelle il était promis. Il reste sur les flots malgré de grossières erreurs, plus visibles encore que les ficelles les plus grosses du cinéma américain à la mode blockbuster.

Entre Darry qui escamote des objets grâce à ses talents de magiciens (je te bouscule, tu me bouscules, je prends ton portefeuille), sa nouvelle amoureuse qui apporte au film tout un humour incroyablement lourdingue par le contraste entre sa fraîche beauté et son syndrome de Tourette (mais, si, vous savez, cette maladie qui fait que dans certaines situations une personne ne peut s'empêcher de jurer grossièrement), la fin en peau de banane (les gros méchants qui changent de tonalité en quelques secondes), etc. on note de sérieux problèmes de crédibilité et de légèreté.

Tony Marshall est capable de rendre touchants ses personnages, mais on ne peut s'empêcher de penser que quelques soins supplémentaires auraient apporté à Passe passe de bien plus grandes qualités. L'inspecteur des travaux finis n'est pas prêt de passer, il reste trop à faire.

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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