5.5/10

Pandorum

Sous des allures de film de série B, Pandorum propose un cadre désuet et des monstres déjà vus. Bien loin de la classe d'un Alien, ça se regarde, mais sans contemplation.

Afin de permettre aux humains de franchir les distances astronomiques de l'univers, on n'a trouvé qu'une solution : les placer en sommeil artificiel. Au réveil, la mémoire fait défaut et parfois, le Pandorum se manifeste. Cette maladie fait sombrer sa victime dans la paranoïa et provoque des comportements associaux illogiques et exagérés.

Pandorum, le film, prend ainsi sa substance dans l'imaginaire de la science-fiction à tendance survival horror des trente dernières années. Alien, on y pense bien entendu, mais seulement le temps d'une évasive pensée. Ce serait faire injure à l'aîné que de le traîner au même niveau que le film de Christian Alvart.

Pourtant, on doit concéder au film une réelle réussite sur les sentiments qu'il distille. La peur, l'angoisse, la claustrophobie se dégagent avec une efficacité certifiée.

Mais au delà de ces quelques qualités, Pandorum tourne en rond. Son histoire, qui débute avec une mise en situation au coeur de l'intrigue extrêmement bien foutue, s'empêtre ensuite dans la répétition. Le héros qui se réveille seul, dans le noir, c'est poignant. Quand il croise, avec une certaine insouciance, la menace qui pèse sur son vaisseau spatial, c'est flippant. Puis une fois l'ennemi identifié et l'équipe de choc constituée, on se contente de passer de salle en salle en proposant de temps à autres une scène de bagarre mal filmée, ou encore une pseudo-réflexion sur l'humanité. C'est dire comme c'est pauvre...

A cela s'ajoute la cerise sur le gâteau du désuet : les décors du vaisseau spatial ont été imaginés par un esprit d'un autre temps. Il y a vingt ou trente ans, on imaginait sûrement le design du futur de cette façon... De même, les "monstres" que l'on rencontre tout au long du film sont de lointains cousins des orques du Seigneur des Anneaux. Autant dire que ça ne va pas chercher loin au niveau originalité. L'Alien, en comparaison, avait une classe incommensurable.

Pandorum est  une bonne initiative : on s'immerge régulièrement dans l'ambiance série B, et alors on apprécie le divertissement pour ce qu'il est, sans en demander davantage. Mais la plupart du temps on ne parvient pas à s'empêcher de réfléchir au gâchis qu'on aurait pu éviter. Dommage.


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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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