A DECOUVRIR
6/10

N'oublie Jamais - Critique

S'il y a bien une catégorie de films à laquelle on ne peut pas échapper, quels que soient nos goûts initiaux, c'est bien les films romantiques. Et l'industrie cinématographique l'a bien compris en produisant un nombre astronomique de films ayant comme thème principal l'amour.

Il faut bien avouer que certains se dégagent un peu du lot, parfois en jouant à fond la carte du kitsch et du sentimentalisme comme Love Actually, exemple typique du film devant lequel on peut passer un bon moment en appréciant le second degré. D'autres préfèrent jouer sur une trame plus dramatique, en proposant au spectateur une expérience un brin plus profonde qu'une simple histoire d'amour qui finit mal. Le sujet a au moins le mérite d'être un peu plus sérieux, on évite la pauvre jeune fille qui pleure pour rien mais on risque de tomber dans un autre écueil, celui du drame larmoyant à grand renfort de violons.


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N'oublie jamais entre dans cette catégorie des drames romantiques et joue, comme P.S I love you sorti également en 2004, sur la corde sensible du spectateur. On suit donc ici les amours de Noah et Allie, qui se rencontrent dans les années 1940. Il la cherche, elle le méprise, elle finit par l'aimer etc....mais n'oublions pas la trame tragique : l'histoire commence par la fin et Allie, vieille, souffre d'Alzheimer.

En sachant d'avance le sort réservé aux amants, on suit tout de même la trame d'une histoire d'amour classique avec son lot de clichés : les parents riches et protecteurs refusent de voir leur fille avec un prolo, mais il est tellement amoureux, donc ils se battent... vu et revu.

Le film se suit quand même avec un certain plaisir passif car les deux acteurs principaux sont très bons. Ryan Gosling, bien avant de se la péter avec sa caisse et son cure-dent, joue de son regard enjôleur et Rachel McAdams amène une dose de bonne humeur pétillante tout à fait bienvenue. Loin de la pleurnicharde ou de la fille indépendante allergique à l'amour, son personnage est plutôt intéressant et au-dessus de ce qui se fait habituellement dans ce type de production.


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Cependant, malgré ces quelques qualités, le film ne décolle pas beaucoup et la problématique liée à l'Alzheimer reste très en retrait, on est donc clairement dans un film romantique classique avec ses rebondissements attendus et tout ce qui va avec. Et puis il y a le final, où chaque scène, chaque plan, chaque note de musique, cherche inlassablement à tirer des larmes au spectateur, si bien que c'en est vraiment fatiguant !

 

Mais le film reste dans l'ensemble assez sympathique et tente, parfois avec succès, de sortir des poncifs du genre, il reste en cela un bon divertissement mais semble hésiter sur la façon de traiter le propos. C'est à dire qu'après une première partie plutôt enjouée et légère, on tombe brusquement dans une recherche excessive de tristesse. Dommage, mais tout de même un bon film pour qui aime ce genre.

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4 commentaires

  • Islara

    11/03/2012 à 20h26

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    Love Actually jouait avant tout sur un immense réalisme avec ses histoires d'amour tantôt réussies, tantôt ratées, tantôt décalée, tantôt classiques. Il a même su dépasser le simple amour "je cherche l'âme soeur", en nous proposant l'amour parents/enfants, frères/soeurs, ou l'amitié, qui est aussi une forme d'amour.

    C'est ça qui a fait la grande force du film à mon sens, et non le sentimentalisme ou le kitch.

    D'autres films se sont également bien détachés du lot "film romantique" comme Amour & Amnésie, ou Eternal sunshine of the spotless mind.

    http://cinema.krinein.com/-24747/oublie ... 18329.html

  • Hugo Ruher

    11/03/2012 à 20h48

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    Entièrement d'accord pour Eternal Sunshine, je n'avais d'ailleurs même pas pensé à le considérer comme un film romantique tellement il est atypique. En tout cas c'est vraiment un film qui m'a marqué.
    Mais pour Love Actually, bien sûr la diversité de traitement sur le thème de l'amour était intéressant et changeait un peu de ce qu'on pouvait voir ailleurs. Mais ce qui m'a le plus intéressé c'est avant tout le second degré, à certains moments j'ai trouvé que c'était à la limite du surréalisme mais c'est tellement assumé que ça en devient vraiment bon! Par exemple, le discours du Premier Ministre anglais devant le Président des Etats-Unis, ou la course du gamin dans l'aéroport pour rattraper sa copine...
    Et sans compter les trucs plus ou moins délirants qui amènent un peu de fraîcheur dans le film, comme la pièce de théâtre bizarroïde ou l'histoire d'amour à la American Pie...

  • hiddenplace

    11/03/2012 à 21h25

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    J'ai beaucoup aimé Love actually, je m'en souviens je l'ai vu juste avant les fêtes de Noël alors que les vacances commençaient, et je suis sortie le sourire aux lèvres, ça mettait dans une ambiance positive, presque festive. Je trouve qu'il correspond vraiment à l'appellation "feel good movie". Et étonnamment je ne le classerais pas dans les films kitsch...
    Eternal sunshine donne une vision plus atypique de l'amour, je suis d'accord, puisqu'on souligne plutôt son côté le plus "négatif" : la routine et l'usure avec le temps. Et puis bon c'est Gondry, donc c'est en plus très onirique, mais la thématique de fond est quand même très réaliste.

  • naweug

    11/03/2012 à 21h29

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    Pas vu Love actually, mais pour moi, Eternal sunshine.. est un film très romantique. Un des seuls d'ailleurs du genre que j'ai en DVD.

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