8/10

OSS 117 - Rio ne répond plus...

Surenchère de gags et d'exotisme dans ce deuxième opus, qui ne prétend pas servir un nouveau plat mais simplement affiner la recette. Plus d'assaisonnement, meilleure cuisson... Hubert est toujours aussi bath.

Grâce au succès de leur approche parodique du personnage, Michel Hazanavicius et Jean-François Halin sont en mesure d'orchestrer le retour de l'irrésistible Hubert Bonisseur de la Bath, trois ans après Le Caire nid d'espions. Trois ans ? Non, en réalité, l'action de Rio ne répond plus est située en 1967, soit douze ans après les tribulations égyptiennes d'OSS 117. L'agent français (petite entorse aux romans, dans lesquels il travaille pour la NSC américaine) est envoyé cette fois à Rio, où il doit récupérer des microfilms vendus par un ancien criminel de guerre nazi. Chemin faisant, il rencontrera des agents israéliens qui lui proposeront de les aider à arrêter Von Zimmel pour qu'il soit jugé... Fidèle à sa nature, Hubert pense essentiellement à collectionner les conquêtes et à s'amuser, ce qui ne l'empêche OSS 117 tire un coup
OSS 117 tire un coup
pas de mener son enquête presque malgré lui.

Inutile d'espérer le moindre changement de cap dans cette suite : il n'est pas question de changer la formule mais simplement de varier les gags et de jouer la surenchère d'exotisme et de rebondissements "à la manière de". Car si la parodie fonctionne aussi bien, c'est aussi grâce à la gourmandise cinéphilique des auteurs, qui se font un plaisir de citer aussi bien Dr. No (la scène du taxi) que Furia à Bahia pour OSS 117 (également situé au Brésil), d'abuser du split-screen sans vergogne pour évoquer les productions des années 60, sans pour autant se priver de payer un double hommage à Hitchcock en l'espace de quelques minutes (pour ceux qui n'auraient pas reconnu, il vous reste à regarder spoiler et spoiler). Les règles traditionnelles du James Bond de base émaillent le film avec bonheur : le colosse que le héros doit affronter au corps-à-corps, l'homologue américain de la CIA (appelé William Trumendous !)... A l'instar du Batman ouvertement kitsch des années 60, l'OSS 117 des années 2000 fonctionne aussi bien au premier qu'au second degré : beaux paysages, fusillades échevelées (et à peine plus exagérées que dans les "vrais" films d'espionnage des années 60), pépées en bikini procurent un divertissement enthousiasmé, tandis que le décalage des dialogues et l'interprétation toute en sourcils de Jean Dujardin assurent un niveau de comédie OSS 117 : le pressing ne répond plus
OSS 117 : le pressing ne répond plus
soignée. Les jeux de mots fusent sans honte, les gags sur la bêtise du personnage jouent sur la même veine que le premier film, mais on pourra regretter les redites sur son caractère raciste et son homosexualité refoulée. Cette fois encore, OSS 117 apparaît surtout comme un grand enfant, nigaud et joueur, jouisseur décérébré et sûr de lui, qui n'arrive en bout de mission que par la grâce d'un coup de pouce divin. Le personnage, version Dujardin, est d'ores et déjà une icône comparable à l'inspecteur Clouseau ou à Max la Menace, l'aspect "français" en plus.

Fourmillant d'idées désopilantes (la scène de l'hôpital !), de clins d'œil malins (Pierre Bellemare !) et d'effluves nostalgiques (la recréation des années 60, le costume de Dujardin au bal masqué), doté d'un timing comique irréprochable et d'un casting aux petits oignons (bien que le rôle de Bath-girl confié à Louise Monot soit un peu maussade), Rio ne répond plus devrait combler sans peine les amateurs du premier film, auxquels les auteurs ont eu la courtoisie de ciseler une version améliorée de la recette à succès. On parle désormais d'un troisième volet, qui serait situé au début des années 80 et mettrait en scène un Hubert aux portes de la soixantaine... Si la même équipe est aux manettes, pourquoi pas ? On assistera peut-être à un pastiche des polars livrés à l'époque par Delon et Belmondo.

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5 commentaires

  • Jade

    16/04/2009 à 17h25

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    Je ne suis pas aussi enthousiaste que Riffhifi pour cette suite. Je trouve que le personnage d'OSS 117 est ici peut etre un peu trop grossi et caricaturé par rapport au premier film, qui réussissait un très bon équilibre dans ce domaine : un héro complétement à coté de la plaque mais néanmoins clairement compétent. Ici, le coté nigaud est bien trop mis en avant, l'aspect grande gueule trop peu présent, et le talent inexplicable du hero se transforme en une chance miraculeuse. Certains trouveront ca plus drole, je trouve cela assez regrettable au niveau de la coherence.


    Avec ce nouvel OSS 117, les gags sont eux aussi plus lourds, plus explicites que precedement. Je prendrais pour exemple les blagues sencees mettre en avant le caractere naif d' OSS. Ici, elles se resument à l'enumeration de cliches enormes sur la minorite visee en presence de ladite minorité, OSS qui ne comprend pas le malaise qu il instaure et ensuite une réaction quelconque de l'interlocuteur. Ce schéma systématique me fait un peu penser à ce que les amateurs de manga appellent du 'fan service'...


    Ceci étant, on rigole bien pendant ce film, et la décéption n'est que partielle. Les répliques sont un des moteurs essentiels de l'humour, la réalisation inspirée des films d'espionnage des 60s et 70s est vraiment exemplaire, notamment lors des scènes en écran séparé. Quelques longueurs dans le chateau Nazi et dans l'hopital, ou les blagues fusent peut être moins qu'à l'accoutumé. Mais le bilan est très positif, et, gage d'une certaine profondeur, le film est vraiment ponctué de références intelligentes, de James Bond, bien plus que dans le premier OSS, à M.William Shakespeare lui-même dans un poignant discours final !!

  • Anonyme

    16/04/2009 à 18h25

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    "Homosexuel refoulé"!

  • pastis-mirabelle

    28/04/2009 à 20h21

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    J'adore la scène durant laquelle l'agent au patronyme contrepétant, de retour de vacances, arrive au bureau et discute avec ses collègues. Je la place au même niveau que la réplique "Comment est votre blanquette ?" du premier opus.  

  • nazonfly

    30/04/2009 à 21h21

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    Moi qui pensait que Coco Elmaleh allait tout tuer sur son passage... Remarquez 3 millions, c'est déjà sans doute plus qu'il n'en faut!

  • el viking

    13/05/2009 à 17h41

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    même constat que Jade, dont je ne lui ferait pas l'insulte de le répéter avec moins de pertinence... en revanche, il y a une nette amélioration par rapport au premier opus, concernant... le catch! superbe scène, bien qu'ici encore une fois un peu trop explicite, mais qui parvient tout de même à ravir l'amateur de cette belle discipline que je suis!

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