0.5/10

Orgy of the dead

De la peur, du suspense, de l'érotisme... Il y a tout dans Orgy of the dead. Poussez la porte du cimetière, qui sait ce qui peut se passer ?

Le pire réalisateur du monde, tout le monde le connaît : c'est Edward Wood Junior. Tout le monde a certainement entendu parler de Plan 9 from outer space, voire de Glen or Glenda ou peut-être même de La fiancée du monstre. Mais il faut savoir que ce fameux Ed Wood collabora aussi en tant que scénariste à quelques films, dont notamment ce Orgy of the dead au nom évocateur.

Un scénario sur un timbre-poste... et encore

John et Shirley au summum de l'Actor's Studio
Une ambiance terrifiante... Orgy of the dead !
Réalisé par Stephen Apostolof, Orgy of the dead bénéficie d'un scénario pour le moins simpliste. Il faut dire que les années 60-70 célébraient le film d'exploitation, c'est-à-dire le film à très petits moyens mais susceptible de ramener le plus de monde en salle pour rentabiliser au maximum la somme investie. Et quoi de mieux que le sexe ou la violence pour intéresser un large public peu regardant sur la qualité des films ? Ainsi on a vu différents types de films d''exploitation se multiplier à l'écran : la blaxploitation, le grindhouse (dont Tarantino et Rodriguez ont repris l'idée avec le diptyque Death proof / Planète terreur) et la sexploitation. Orgy of the dead s'inscrit parfaitement dans cette dernière catégorie : scénario réduit à peau de chagrin et sexe (enfin érotisme, tout est relatif, nous sommes en 1965) ultra-présent. John et Shirley, qui roulent de nuit (ou à peu près), tombent dans un ravin et se retrouvent inconscients dans un vieux cimetière. Précisément la nuit où l'Empereur de la Nuit se voit proposer un spectacle par son bras droit (une beauté gothique) : de jolies jeunes filles dansant pour son plaisir. A ce stade nous pouvons abandonner John et Shirley puisqu'ils ne seront plus d'aucune utilité dans le film. Certes ils se feront capturer par les deux sbires de l'Empereur de la Nuit, une momie et un loup-garou (!) qui les attachent à un poteau, permettant ainsi quelques plans sur le décolleté avantageux de Shirley. Et c'est tout. Si les scènes avec John et Shirley étaient chronométrées, pas sûr qu'elles dureraient plus d'une vingtaine de minutes. De même les dialogues entre l'Empereur et la fausse Vampira, ou les monologues de la momie ne servent que d'intermèdes entre deux séances d'exhibition/danse. Il faut dire que celles-ci sont passablement ennuyeuses. Voir une fille danser seins nus est amusant pendant quelques secondes. En voir une dizaine se succéder, avec une grâce toute relative qui plus est, tient plus de la torture ! On espère alors pouvoir se rabattre sur les éléments habituels de ce genre de film pour se marrer un peu.

Esprit de Wood, es-tu là ?

Ce regard sensuel, cette atmosphère terrifiante... Orgy of the dead !
Une ambiance érotique... Orgy of the dead !
Bien que non réalisé par Ed Wood, Orgy of the dead possède toutes les qualités d'un film du maître. Les raccords de plan sont en effet complètement foireux. Ainsi la première scène voit se succéder des gros plans de John et Shirley dans leur voiture au milieu de la nuit (en tout cas, il fait noir autour d'eux), et de larges plans sur la voiture roulant en plein jour ! On se croirait revenu au bon vieux temps de Plan 9 from outer space. De la même façon, le chemisier de Shirley prend un malin plaisir à s'ouvrir et se fermer sans l'aide de la jolie rousse qui a les mains attachées dans le dos. Et que dire alors des effets spéciaux... Du grand n'importe quoi encore une fois ! Un squelette tient manifestement par un crochet et un fil de pêche qu'une actrice heurte constamment des doigts. Les tombes semblent en carton-pâte, et les pluies d'or sonnent encore plus faux. Mais le sommet est sans doute le loup-garou qui certes pousse de très jolis hurlements mais dont le costume est à peu près aussi crédible qu'un déguisement à dix euros. Evidemment nous ne pouvons terminer cette critique sans nous pencher sur la performance des acteurs. Passons sur les danseuses aussi concernées par leur rôle qu'une vache par un avion dans le ciel; après tout, ce n'est pas franchement ce qu'on leur demande. Célébrons plutôt le célèbre Criswell, l'ex-narrateur de Plan 9 from outer space, dont les mimiques faciales rappellent étrangement le personnage de Cindy Troforte de José Garcia. Et que dire de Shirley qui passe la moitié du film à se dire effrayée alors que l'ambiance fait à peu près autant frissonner que de regarder American pie entre amis.

En un seul mot, Orgy of the dead est une catastrophe, l'un des pires films qu'il nous ait été donné de voir. Largement pire que Plan 9 from outer space. Pourtant les effets spéciaux risibles, un scénario à pleurer auraient pu en faire un splendide nanar. Mais l'humour ne tient pas longtemps face à l'ennui provoqué par la multiplication des scènes de danse. Une daube, une vraie !

A découvrir

intrus (Les)

Partager cet article

A propos de l'auteur

Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques