6.5/10

Ong-Bak

Autant le dire tout de suite, ce n'est pas la subtilité asiatique, celle de L'odeur de la papaye verte ou des cerisiers en fleurs de Kurosawa qui caractérise Ong Bak. "Prends ça dans ta gueule" serait plus adapté comme sous-titre. L'indigence du scénario est presque aussi étonnante que les cascades et combats qui le parsement. Bon pour la forme je vous la donne : de gros vilains méchants ont volé la tête d'Ong Bak (un nom qui vous marque étant donné qu'il compose 25% de tous dialogues confondus) un Boudha protecteur dans un village perdu de Thaïlande. N'écoutant que son courage et son intégrité un jeune pratiquant de muay thai (le nom "traditionel de la boxe thailandaise) décide d'aller la récupérer. Ca lui permettra de nous en mettre plein la vue, et plein la face de ses ennemis du même coup, si on peut me permettre ce jeu de mots vaseux.

La première chose à faire dans ce genre de production est ce que le premier prof de français venu considère comme l'erreur fatale à éviter lors des dissertations : il faut séparer le fond de la forme. En l'espèce il s'agit d'une sorte de reflexe de survie. Dès la seconde scène, alors que la première est une espèce de course à l'échalotte couleur locale plutôt bien menée, on a droit à une voix off qui nous explique tout pour être bien sûr que tout le public a compris le ressort-alibi du film. Je dois dire que sur le moment la comparaison qui m'est venue à l'esprit est celle des films X. Une intrigue mince comme un disque dur d'ordinateur portable, des dialogues semblant être écrits trois minutes avant le tournage et n'ayant pas été relus,... Je me suis vite demandé ce que j'étais venu faire dans cette salle : pour vous donner une idée du niveau je dirais que la majeure partie des épisodes de Jeanne et Serge sont mieux construits.

Mais ce n'est pas pour le scénario qu'on va voir ce genre de films sinon ça se saurait, et je parle des films d'arts martiaux bien entendu... Parlons donc du seul sujet important : la performance gymnique de l'acteur principal Tony Ja. Et là pour le coup même les spectateurs les plus blasés resteront bouche bée. La première scène impressionante est celle d'une poursuite dans les petites rues de Bangkok. Même si elle est complètement téléphonée, on voit défiler tous les obstacles "standard" (Glace, huile bouillante etc.) se mettrent en place devant les poursuivants, elle réussit à surprendre et étonner. Je crois que c'est l'heure de la retraite qui sonne pour Jackie Chan, le petit nouveau marche peut être aux amphétamines mais en tous cas sur la tête de ses adversaires , si si je vous jure ! Cette poursuite comporte aussi un élément comique réussi : il y a un faire valoire, vous savez le pote sympa un peu niais qui accompagne le héros histoire de le faire ressortir un peu plus, qui imite le big boss et tente de faire les mêmes accrobaties, je vous laisse imaginer le résultat. Viennent ensuite les combats. Là c'est Jet Li qui doit penser à une reconversion, ça fait longtemps que JCVD n'est plus dans la course, et quant à Steven Piège en haute mer Seagal il ne lui manque plus que la chaise roulante pour achever sa panoplie d'handicapé moteur qu'il est en comparaison de notre nouvel athlète. Bref les coups sont plus inattendus les uns que les autres et il faut avouer que le style est très novateur (utilisation étonnante des coudes et des genoux pour les amateurs...).

Au final un film qui sera avantageusement vu sous forme DVD, permettant une vision décontractée avec des amis, et avec le doigt positionné sur la touche avance rapide de la télécommande (pas la peine de revenir en arrière car comme dans Bioman les actions marquantes sont repassées plusieurs fois au ralenti sous différents angles)... Devant un succès commercial programmé auprès d'un public pour grande partie mâle et adolescent on doit s'attendre à des séquelles Besson-made sous peu...

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3 commentaires

  • KalistoR

    13/03/2005 à 17h19

    Répondre

    « Au final un film qui sera avantageusement vu sous forme de DVD », dixit Kassad.
    Jai donc suivi ce conseil pour me faire une idée. Que dire qui na déjà été évoqué si brillamment ? En effet, ne perdez pas de temps à chercher un quelconque scénario, les lois de la subtilité et de la réflexion ayant été abolies spécialement pour loccasion.
    Une rapide mise en situation : des méchants qui sont vraiment méchants, un gentil qui nest gentil que lorsquil ne décerne pas de gnons, des poursuites sans fin mais surtout, encore et toujours de la castagne. Attention, pas nimporte laquelle ! Là, on titille la grande distribution : le jeune et courageux héros savère être le Gérard Mulliez (patron du groupe Auchan) des torgnoles.
    Pouvions nous sincèrement attendre plus dun film au genre maintes fois revisité ? Je ne pense pas.

    Mais quel est donc lintérêt de cette réalisation ?
    Je dirais lauthenticité et le courage de son acteur principal : Tony Jaa. Les cascades et combats sont très bien orchestrés et lorsque lon apprend que tout a été réalisé sans aide additionnelle (câbles ou autres trucages), le respect est de mise. Les coups sont portés avec un réalisme saisissant et le jeune acteur thaïlandais mérite amplement son titre d « étoile montante des arts martiaux ».
    Bref, la vraie star de ce film reste la maîtrise impressionnante du Muay Thaï par ce disciple des plus athlétiques.

  • kou4k

    14/03/2005 à 21h20

    Répondre

    un bon jacky chan avec un autre art martial et moins de moyens .
    ong bak se laisse savourer tel quel...un excellent divertissement et defouloir.

  • Kain2097

    14/03/2005 à 23h19

    Répondre

    Ma pas impressioné des masses ce film dans ses scène d'action.

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