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Ong-Bak

Il y a des films qui, sans crier gare, arrivent sur nos écrans sous la forme de bande-annonce et qui persistent pourtant dans nos esprits des semaines et des semaines (jusqu'à la sortie, en général). Ong Bak en fait partie. Et je réclame de l'indulgence, car il ne s'agit guère d'intellect ici. Juste des pulsions primaires, qui nous ramènent souvent devant un film d'arts martiaux chinois. La Thaïlande contre-attaque...

Le petit village reculé de Nong Pradu se fait dérober la tête de la statue de leur divinité locale, Ong Bak. Les habitants, en plein préparatifs cérémoniales, craignent les foudres de leur dieux et se lamentent de ce crime honteux. Ting, un jeune homme entraîné au Muay Thaï depuis sa plus tendre enfance, se propose alors pour ramener la relique volée, a priori entreposée à Bangkok...

Soyons sérieux : on se tape du scénario comme on pourrait se taper de l'évolution du serpent à clochette pendant les saintes croisades. Le guerrier maître en arts martiaux à la recherche de sa statue/talisman/brosse à dents/amulette volée, effectivement, ce n'est pas nouveau, et encore moins gorgé d'intérêt. Que pourrait un sombre inconnu thaïlandais contre les figures emblématiques du genre que sont Jackie Chan, Jet Li, ou Chuck Norris (je plaisante, là) ? Ceci est l'erreur que pourrait commettre n'importe quel personne sans avoir vu la bande-annonce. Car sous-estimer Tony Jaa, nouvelle tête du bourre-pif oriental, serait comme décider de changer une ampoule dans son bain : suicidaire. Le gus n'est en effet pas du genre à se moucher du coude ; bien qu'il préfère directement le mettre dans le nez de son adversaire. Vous ne connaissez pas le Muay Thaï  ? Dans les grandes lignes, une ancienne discipline martiale ancêtre de la boxe thaïlandaise, raffolant des coups de coude, de genou, et de tout ce qui pourrait faire mal. Violent, certes. Et c'est exactement ce que Ong Bak souhaite montrer. Pas de câbles, pas d'artifice apparent. Si le scénario prévoit le pied dans la figure, le pied ira effectivement dans la figure de la victime. A partir de là, toutes les excentricités sont permises : double coup de genou sauté (mémorable), coup de tibias enflammés, pulvérisation de casque de moto, etc. Ils vont loin, très loin dans le côté spectaculaire de la violence. Mais n'en oublie pas ce qui fait du film d'arts martiaux un film d'art. Tony Jaa n'a probablement rien à envier à Jackie ou Jet, sur le plan de la technique. A de nombreuses reprises, il démontre une vigueur, une dextérité qui impose le respect et l'admiration, au niveau des clowneries de Chan le côté comique en moins. Un vrai phénomène. On comprend alors aisément les principaux objectifs du film, et, de fait, les raisons d'une telle niaiserie dans la quasi-totalité de ses aspects (jeu des acteurs, péripéties, l'humour, l'histoire, etc.). La caméra sait exactement ce qu'elle doit démontrer, suit parfaitement l'action pour mieux en montrer sa crédibilité, et ose même parfois de le faire en multi-angles (la même scène montrée au ralenti sous plusieurs angles différents, successivement) !

Un film d'arts martiaux qui, sur bien des aspects, et notamment son scénario, ne vaudrait même pas que l'on prononce son nom dans un délire comatique. Ca, c'est sans compter Tony Jaa, l'« acteur principal », ou devrais-je plutôt dire la nouvelle référence du film de coups de tatanes dans la tronche, d'une technicité tellement irréprochable qu'il en devenait indispensable d'en faire un film pour le montrer. Et pas de chiqué s'il vous plait, ni de câbles, tout a été réalisé jusqu'au moindre coup de coude. On tire son chapeau (et on compatit pour tout ses figurants qui ont du s'en prendre plein la figure pendant des semaines).

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3 commentaires

  • KalistoR

    13/03/2005 à 17h19

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    « Au final un film qui sera avantageusement vu sous forme de DVD », dixit Kassad.
    Jai donc suivi ce conseil pour me faire une idée. Que dire qui na déjà été évoqué si brillamment ? En effet, ne perdez pas de temps à chercher un quelconque scénario, les lois de la subtilité et de la réflexion ayant été abolies spécialement pour loccasion.
    Une rapide mise en situation : des méchants qui sont vraiment méchants, un gentil qui nest gentil que lorsquil ne décerne pas de gnons, des poursuites sans fin mais surtout, encore et toujours de la castagne. Attention, pas nimporte laquelle ! Là, on titille la grande distribution : le jeune et courageux héros savère être le Gérard Mulliez (patron du groupe Auchan) des torgnoles.
    Pouvions nous sincèrement attendre plus dun film au genre maintes fois revisité ? Je ne pense pas.

    Mais quel est donc lintérêt de cette réalisation ?
    Je dirais lauthenticité et le courage de son acteur principal : Tony Jaa. Les cascades et combats sont très bien orchestrés et lorsque lon apprend que tout a été réalisé sans aide additionnelle (câbles ou autres trucages), le respect est de mise. Les coups sont portés avec un réalisme saisissant et le jeune acteur thaïlandais mérite amplement son titre d « étoile montante des arts martiaux ».
    Bref, la vraie star de ce film reste la maîtrise impressionnante du Muay Thaï par ce disciple des plus athlétiques.

  • kou4k

    14/03/2005 à 21h20

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    un bon jacky chan avec un autre art martial et moins de moyens .
    ong bak se laisse savourer tel quel...un excellent divertissement et defouloir.

  • Kain2097

    14/03/2005 à 23h19

    Répondre

    Ma pas impressioné des masses ce film dans ses scène d'action.

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