6.5/10

De l'ombre à la lumière

Quatre ans après une collaboration qui leur a valu un Oscar pour Un homme d'exception, Russell Crowe et Ron Howard se retrouvent pour porter sur grand écran une nouvelle biographie. Après le scientifique de génie, c'est au tour du boxeur téméraire pour un rôle qui sied mieux à la carrure de l'acteur. De l'ombre à la lumière s'inscrit parfaitement dans la mouvance hollywoodienne actuelle entre film de boxe (Ali, Million Dollar Baby) et biographie (Ali, Aviator, Ray).

Le héros se nomme cette fois Jimmy Braddock, le parfait exemple du mec bon, fort et courageux. Tout droit débarqué du New-Jersey, voilà le gars du peuple champion de boxe au Madison Square Garden. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'à ce que le pays soit touché par la grande dépression de 1929 et que Jim perde un combat, voyant là son avenir compromis. Vivant dans une grande misère avec sa femme et ses trois enfants, il surmontera cette épreuve pour devenir un champion de légende, le Cinderella Man.

Apportez les mouchoirs, voilà une belle histoire comme les américains les adorent avec son héros parfait qui ne reculera jamais devant l'adversité. Le genre a déjà été vu et revu et pourtant cela marche encore. Même si De l'ombre à la lumière ne comporte rien d'original ou d'exceptionnel, son bon niveau général permet de passer un agréable moment. On se sent véritablement transposé au temps de la crise économique de 1929 et de la pauvreté qui sévissait alors. Chaque élément semble authentique et un important travail a été réalisé sur la reconstitution de chaque détail, du travail sur les docks à la sordide maison de Jimmy. C'est bien là le principal intérêt du film, voir comment cet homme essaie de s'en sortir malgré la misère et le malheur qui l'entourent. Et lorsqu'on est un boxeur, c'est à coup d'uppercuts, de directs et de crochets que le salut vient. Les combats sont bien filmés avec la sensation que les coups sont réellement portés et l'on regrette juste à la longue une impression de répétition, comme pour l'histoire générale. On aurait aimé un peu plus de diversité au niveau du scénario que cette linéarité et surtout voir les étapes du déclin avant celles de la remontée. Ce laps de temps est laissé dans l'ombre et c'est fort dommage.

Porté par un Russell Crowe toujours aussi charismatique, De l'ombre à la lumière est un bon divertissement qui assure parfaitement ce qu'on lui demande : émouvoir le spectateur en racontant le destin d'un boxeur pas comme les autres et faire le spectacle. De la réalisation à l'histoire, tout y est résolument classique et un peu plus de personnalité ou de raccourcis dans l'histoire n'aurait pas fait de mal pour élever ce film à un niveau supérieur.

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