5/10

Oliver Twist

En comptant toutes les adaptations cinématographiques ou télévisuelles de l'oeuvre de Charles Dickens, celle de Roman Polanski est la 19ème.

Dès les premières minutes de son film, le réalisateur du Pianiste montre une impressionnante maîtrise. Avec des décors, des costumes, des jeux de lumière et des couleurs irréprochables, il donne vie à l'Angletterre des années 1830, avec ce qu'il faut de crasse et d'humidité. Très habile, il enchaîne les scènes d'introduction avec des coupures propres. Pour ce qui est de l'histoire, Polanski suit le roman de Dickens avec fidélité. L'interprétation de ses acteurs devient alors le point déterminant de l'intérêt de son film. En tête d'affiche, on découvre Barney Clark dans le rôle d'Oliver. Le jeune acteur anglais de 13 ans est inégal, manquant cruellement de crédibilité face à tous les malheurs qu'il rencontre (le sommet étant lorsqu'il se fait tirer dessus et lorsqu'on le soigne). Il semble parfois totalement perdu dans son jeu, ce qui se ressent. A l'opposé, Ben Kingsley, dans le rôle du vieux voleur Fagin, est toujours aussi époustouflant, montrant ici une sensibilité que l'on ne lui connaissait pas trop.

Le principal reproche que l'on peut faire à ce Oliver Twist, c'est sa longueur. Pendant 2 heures et 10 minutes, on suit des scènes qui n'apportent pas grand chose à celui qui connaît les aventures malheureuses du petit garçon. Si grâce à Kingsley l'émotion commence tantôt à monter, c'est l'ennui qui l'emporte sur la globalité. De plus, entre le film pour enfants et le film pour adultes, Polanski ne réussit pas vraiment à toucher l'un ou l'autre. Car si d'un côté les scènes taquines avec la bande de jeunes voleurs raviront les enfants, les rares effusions de sang et les multiples tensions risquent fort de les perturber. Pour les adultes, le film manquera de densité, la qualité visuelle ne suffisant pas à cacher une certaine niaiserie et des longueurs évidentes.

Bel objet de réalisation sans imperfections, Oliver Twist écrase par sa lenteur et au fond, son inutilité par rapport au livre de Dickens et aux précédentes transpositions.

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