7/10

Numéro 9

Un conte moderne où de petites poupées mécaniques vont sauver le monde. Pas si original qu'il en a l'air, le film a toutefois ses qualités.

Il s'agit peut-être de la première réalisation de Shane Acker, ce dernier n'en est toutefois pas à sa première collaboration avec le personnage de 9. La petite marionnette rafistolée est en effet le héros d'un petit court métrage ayant servi de film de fin d'étude au réalisateur, qui en profité pour faire remarquer ses talents. Ceci date de 2005, et il faudra la puissance financière d'un Tim Burton et d'un Timur Bekmambetov (le réalisateur foufou de Wanted) pour voir aboutir ce long métrage très médiatisé.


Les premiers instants du métrage se passent comme dans un rêve, ou plutôt un début de cauchemar. Le monde s'est dévasté de lui-même, dans une course effrénée vers la technologie, au beau milieu d'une époque qui n'est pas sans nous rappeler le contexte de la seconde guerre mondiale. Le récit ne s'inscrit pas dans une logique historique, mais l'on comprend toutefois les idées du réalisateur dans cet univers post-apocalyptique, où la machine s'est finalement dressée contre l'homme et l'a purement fait disparaître. Le thème a beau être connu et archi-revisité, on reste ébahi par la puissance des décors et ce qu'ils évoquent. Notons cependant que si le sentiment de drame est fort dans les premières minutes, il s'estompera tout doucement au court du métrage pour devenir du pur second plan.
Car au milieu de ce désert funèbre, neuf petites créatures mécaniques tentent de survivre, des petits robots possédant une identité visuelle très forte et reconnaissable entre mille. Leur expressivité et leur aspect bout de chiffon font merveille, les rendent attachants dès le premier coup d'œil. Très vite, on parvient à identifier les traits de caractère de chacun, simplifiés à l'extrême mais justifiés par le scénario. Ils confèrent à l'univers une harmonie propre et originale, et font naître un sentiment de curiosité au vu des nombreuses affiches dispensées à travers la France et la bande-annonce.

Pourtant, le résultat s'avère en-deça de ce que l'on en attendait. Autant l'univers et les personnages peuvent être réussis et globalement originaux, autant le reste pioche dans toutes les récurrences que l'on peut connaître. Le scénario n'apporte rien au genre, il empile les morceaux de bravoure et les agrafent à l'aide de rebondissements attendus, pour ne pas dire éventés. Nous ne sommes pas surpris une seule seconde par ce qui arrive, si ce n'est la révélation du dernier acte, en admettant que les informations dispensées le long du film ne vous aient pas mis la puce à l'oreille. On pense immédiatement à un produit destiné aux enfants, surtout lorsque l'on prend en compte les dialogues quelques peu simplets, mais pourtant le film possède un cœur d'adulte, une certaine dramaturgie un peu noire et parfois franchement glauque. Shane Acker travaille en ce sens, et semble vouloir jouer sur les deux tableaux. La mise en scène n'a donc rien de surprenant, mais témoigne d'une technicité certaine, tant l'action semble bien gérée et le rythme adéquat.

Numéro 9 n'est certes pas la révolution animée que l'on attendait, il demeure un excellent produit de divertissement qui semble vouloir s'adresser aux enfants comme aux adultes. La concurrence est colossale sur ce terrain,  mais la production Burton / Bekmambetov s'en sort avec les honneurs, malgré ces moments à vide et son scénario quelque peu simplifié.

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Vendredi 13 - DVD

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2 commentaires

  • athanagor

    23/08/2009 à 23h28

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    Timur Bekmambetov est également le réalisateur de Night Watch et Day Watch, dont l'empreinte stylistique se retrouve dans l'apparence des "méchants" de ce film. De la même façon, Night Watch laisse une désagréable impression de "à quoi bon", qui suggère que le réalisateur russe s'est réellement engager dans la production, au-delà d'un simple aspect financier. Concernant un engagement plus profond de Tim Burton, à part une intervention de son pote Danny Elfman à la création des thèmes musicaux (et non de la composition de la BO), l'interrogation demeure.

  • nazonfly

    29/08/2009 à 18h31

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    Je suis plutôt d'accord avec la critique de Nicolas. Ca manque un poil de profondeur et on a vu certains trucs plusieurs fois (notez que ça gêne moins pour un Pixar que pour Numéro 9). Visuellement c'est vraiment très bien avec une ambiance qui tourne quelque part entre la Seconde Guerre Mondiale, Matrix et Terminator, avec un poil (mais vraiment juste un poil) de Tim Burton pour les personnages, voire du Caro/Jeunet pour l'ambiance rouillée, engrenages etc.

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