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nuit des morts vivants (La)

Le cinéma d'épouvante

Suite à un incident spatial ayant entraîné des retombées de gaz radioactifs sur Terre, un phénomène quelque peu étrange se produit : les morts reviennent à la vie avec comme seule perspective d'avenir, celle de vouloir à tout prix dévorer ceux qui vivent encore.

Alors qu'ils se recueillaient sur la tombe de leur père, Barbara et son frère, Johnny, sont les premières victimes de ces monstres d'un genre nouveau. De ces morts-vivants. Johnny meurt de façon dramatique en ayant voulu sauver sa soeur. Barbara parvient à se réfugier à l'intérieur d'une maison, dont les propriétaires ont été sauvagement assassinés préalablement. Bientôt, elle rencontre d'autres survivants.

La sortie d'un film d'horreur à petit budget a rarement été vraiment médiatisée. Ce genre de film n'a jamais vraiment déchaîné les passions non plus. La Nuit des Morts Vivants échappe tout naturellement à la règle. La Bible des films d'épouvante, réalisée en 1968 par George Romero, a d'abord terrorisé ses premiers spectateurs, surpris les suivants puis inspiré bon nombre de réalisateurs jusqu'à aujourd'hui. Tout ce qui fait d'un film un film d'épouvante y est : de monstrueuses créatures aussi affamées qu'assoiffées, de charmantes demoiselles condamnées à être de toute manière sauvagement estropiées, des cris de toutes sortes, une résidence éloignée de toute civilisation, des armes plus ou moins aiguisées et du sang, beaucoup de sang...

En soi, le film n'est pas à la hauteur. Du moins, il ne l'est plus vraiment. Ses ficelles sont devenues beaucoup trop évidentes. Les décors sont sacrément rudimentaires, les effets spéciaux, particulièrement élémentaires. L'interprétation laisse à désirer. La musique se réduit quasiment à sa plus simple expression. Seulement, tous ces défauts donnent une certaine identité à l'oeuvre de Romero. Plusieurs situations sont assurément très amusantes. D'autres le sont nettement moins, puisqu'on en arrive même à frissonner. Nos sens restent du moins en éveil. La façon de procéder du réalisateur y est pour beaucoup. Le film est en fait plus émouvant que véritablement inquiétant.

Il faut savoir que la plupart des personnages ont été interprétés par des amateurs, de simples habitants de Pittsburgh, proches de la maison de production. Russell Streiner et Karl Hardman, les producteurs eux-mêmes, jouent respectivement Johnny et Harry dans le film. A noter que Romero a souhaité donner deux petits frères à sa Nuit des Morts-Vivants : Zombie (1978) et le Jour des Morts-Vivants (1985).

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3 commentaires

  • Lestat

    14/07/2003 à 00h00

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    La Nuit des Morts Vivants lança à sa sorti un petit pavé dans la mare, par ses scènes assez explicites, son caractère cynique et son rôle principal, tenu par une personne de couleur.
    Film désabusé dénonçant la peur de l'autre et l'inhumanité, le film se termine sans happy end, montrant à l'Amérique ses travers et ses croyances éculées...

  • Anonyme

    17/07/2003 à 00h01

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    En 1990, Tom Savini réalisa un remake du film, forcement les effets speciaux sont plus reussis, mais en revanche ça se termine en happy end et le film perd ainsi beaucoup de sa force.
    George Romero travailla sur le remake en tant que producteur exécutif.

  • Virgile

    03/10/2005 à 12h11

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    J'ajouterai pour l'anecdote qu'à sa sortie, le film n'avait pas de droits d'auteur, ce qui fait que les salles de cinema ont pu exploiter le film sans rien verser à Romero et sa bande... Au final, le film n'a commencé à faire de l'argent qu'à partir du remake de 1990. Le deuxieme effet kiss-(pas de marque ) en a été la prolifération de copies "légales" dans les Etats Unis, et une projection massive (je crois qu'au départ il n'y avait que quatre copies). Voilà comment les morts vivants ont envahi le monde.

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