7/10

Ni pour ni contre (bien au contraire)

Ni Pour Ni Contre pourrait se considérer comme le virage serré de la carrière de Cédric Klapish, hautement habitué à des thèmes un peu plus bon enfant, après l'énorme surprise que fut L'Auberge Espagnole. Car de la comédie sociologique comme il l'affectionne tant, le célèbre réalisateur français décide de passer de l'autre côté de la barrière, le polar. Ou le récit d'une descente aux enfers amorcée par l'appât de l'argent facile, le choix délibéré d'une vie plus remplie et plus excitante.

Caty (Marie Gillain), petite reporter sans grande envergure, se laisse tenter par une proposition d'une moralité un peu approximative puisqu'elle consiste à filmer caméra au poing l'intégralité d'un casse un peu violent. Mais le bon côté, c'est que son compte en banque sera au vert pendant quelques temps. Ce qui ne devait être qu'une simple collaboration d'un soir n'est que le point de départ de la transformation de Caty, goûtant au pêché de l'argent facile mais malhonnête, qui va alors s ‘attacher à ses nouveaux brigands d'amis...

Rencontre d'un « ange blanc » avec quatre « démons noirs ». Nos sympathiques canailles, pour la plupart familier avec l'auberge espagnole façon condamnation - zonzon, déterrent lucidement le potentiel d'une bonne équipière chez l'apparente pacifiste Caty. Bingo, la brune un peu effacée se révèle ambitieuse et déterminée, et plonge tête baissée dans les rouages des liasses de zéros. C'est surtout le petit engrenage qui manquait à Jean (Vincent Elbaz) pour mettre un point final au clou de sa carrière. Ok, la chanson, on la connaît bien. Mais le véritable but du film, comme le laisse un peu entendre le titre, est de sensibiliser l'opinion du spectateur au fait que personne ne peut se vanter d'être tout blanc ou tout noir, les deux extrémités se répartissant en proportions inégales les choix de l'individu et l'influençant dans ses réactions. Schéma que l'on retrouve jusque dans le film, balancé entre le polar - comédie et le polar - violent, le blanc et le noir. Dans l'idée, le film laisse un petit goût de déjà vu, relativement conventionnel jusqu'en dans son déroulement et ne se dotant pas de réelles nouveautés dans le genre. Mais Klapish réussit sa reconversion avec une maîtrise parfaite de son art, évitant tout écueil et autres longueurs avec inventivité et facilités. Et si Marie Gillain peine à devenir crédible dans sa tunique de Bonnie un peu femme fatale, le quatuor de la gâchette s'en tire avec honneur, principalement Vincent Elbaz (chef de bande un brin impulsif) et Zinedine Soualem (Bruno Vandelli doublé d'un malfrat).

Quelques mois après L'auberge Espagnole, Cédric Klapish ajoute une nouvelle corde à son arc de réalisateur talentueux en réussissant avec maestria l'examen du polar un peu sombre mais néanmoins sympathique, relativement conventionnel dans son ensemble et inconstant dans son propos. Une chose est sûre, on ne s'ennuie pas une seconde et c'est ça l'essentiel.

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