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Next

Le suivant sera peut-être mieux, effectivement.

De la réussite artistique au plantage nanardesque, il semblerait qu'il n'y ait qu'un pas, ou en tout cas pour certains acteurs. Nicolas Cage en serait un excellent sujet d'étude, tellement le grand écart cinématographique parait être sa grande spécialité, passant donc de Lord of War, solide pamphlet sur le trafic d'armes à feu à travers le monde, à une trilogie de Nanars éhontés qui se regarde le sourire aux lèvres, l'esprit en berne, et la conviction que le bonhomme saura à un moment, espérons-le proche, relever la tête. Pas de chance, Next fait partie des trois vilains bouts de pellicule (avec World Trade Center et Ghost Rider), encore moins de chance, je vais en vous parler.


"Le haussement de sourcil"
Nicolas Cage  (1964 - ?)
génie de la métamorphose humaine
Et le grand dada de Nicolas, en ce moment, c'est la postiche : moustache dans World Trade Center, moumoute immonde dans Ghost Rider, perruque à vomir dans Next. Le jeu d'acteur va avec, il suffit de voir comment l'acteur regarde Jessica Biel pour s'en convaincre. Cage campe donc Cris Johnson, magicien bidon qui écume les Casinos de Las Vegas au désespoir de leurs gérants. Cris a néanmoins un truc ne relevant pas de la chance : il voit l'avenir sur deux minutes. Comment coincer un type qui verra forcément le piège que vous lui tendez ? Foutre-chien, mais c'est une rudement bonne idée, tout ça, ça ne serait pas du K. Dick ? Gagné, encore une nouvelle du maître de la SF, assez difficile à dénicher en librairie au moment de la sortie du film. De toute façon, il n'y a pas à gamberger, je parierai mon caleçon que le livre n'a rien à voir avec le film, rappelons-nous des précédentes adaptations, j'en cite en vrac : Minority Report, Paycheck, Blade Runner, etc.). Où en étais-je ? Ah oui, il voit l'avenir, et c'est cool. La grande spécialité du film sera donc de dérouler l'avenir possible pour ensuite revenir deux minutes en arrière et voir Cris prendre une décision. Une fois ça va, au bout de cinq - six fois, ça commence à faire lourd, surtout que ledit pouvoir amène, comme toutes les histoires parlant d'avenir et de passé, un certain nombre de paradoxes spatio-temporels prise de tête. Telle n'est pas la vocation du film, et c'est pourquoi les scénaristes auront choisi la voie Paycheck plutôt que la voie Blade Runner. L'évidence s'offre à nous : Cage ne sait vraiment pas courir, ou en tout cas pas comme Tom Cruise ou Keanu Reeves. Argument recevable ? Probablement pas, mais il me paraissait intéressant de porter mon attention sur l'acteur alors que l'image de synthèse proliférait à l'écran. Le fil conducteur du film s'appelle Jessica Biel, ou plutôt est en contact direct avec Jessica Biel. Car Cris Johnson voit l'avenir sur deux minutes, et seulement pour sa pomme, sauf en ce qui concerne cette nana. Pourquoi, vous demanderez-vous, la réponse ne viendra jamais, mais servira le scénario dans des proportions gargantuesques jusqu'au dénouement absolument incroyable et franchement frustrant.

Un film d'action à la Paycheck, convenablement réalisé, mais écrit avec les pieds et assaisonné d'acteurs sans grande prétention. Cage signe ici sa troisième vautre depuis Lord of War, et même si on est encore loin du Johnny Blaze de Ghost Rider, sa composition de Cris Johnson est à pouffer de rire. Quand celui-ci roule tout le monde grâce à son pouvoir, on aime bien ; le reste, on n'aime pas.

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1 commentaires

  • Umbriel

    03/04/2008 à 15h46

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    Clair que le final était un peu de trop ^^ (quoi que le reste aussi).


    pour le reste, c'est un film à voir un vendredi soir, après une bonne semaine chargée de boulot... 

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