4.5/10

moustache (La)

Avis aux amateurs de films phsychologico-fantastiques dont le seul but est de laisser votre esprit dans le trouble, La moustache est fait pour vous. L'adaptation réalisée par Emmanuel Carrère de son livre éponyme risque d'en laisser plus d'un en pleine interrogation pour quelque temps, y compris les amateurs du roman dont il a transformé la narration et la fin.

Marc (impeccable Vincent Lindon) décide de se couper la moustache. Bien mal lui en prend puisque personne ne remarque ce changement, y compris sa propre femme et ses plus proches amis qui lui assurent ne jamais l'avoir vu en porter. Autrement dit, la santé mentale du bonhomme s'en trouve rapidement ébranlée et il commence vite à perdre la tête, à moins que ce ne soit les autres ?

Voilà un postulat de départ particulièrement bien trouvé pour sonder l'esprit humain et sa quête identitaire. Le film n'est tourné que du point de vue du personnage de Marc, ne sachant que ce qu'il entend et ne voyant que ce qu'il peut apercevoir. A partir de ce moment, on arrive nous même à se perdre facilement dans les limbes de son cerveau et à se demander ce qui arrive. Est-il fou ou bien est-ce sa femme ? Tout n'est qu'une énorme blague ? A-t-il jamais eu une moustache ? Cette impression de doute et de suspicion est renforcée par l'atmosphère noire et glauque du film à laquelle le jeu de Vincent Lindon et la musique donnent encore plus de force.

Seulement, il y a un hic. C'est bien joli de nous perdre comme ça mais il faudrait un moment penser à nous retrouver le chemin de la sortie. Pourtant, au lieu de faire avancer l'intrigue, le film change totalement de direction au bout d'une heure et nous laisse dans le n'importe quoi dans un dernier tiers incompréhensible avec un voyage à Hong-Kong aussi bizarre que malvenu. Alors on fait du tourisme lors de voyages en bateau qui durent un temps infini pour en arriver à une conclusion inexistante. On cherche le pourquoi du comment et la seule explication venant à l'esprit est qu'il n'y a tout simplement rien à comprendre. C'est d'autant plus inexplicable que le roman possédait une vraie fin... De quoi laisser une sensation très désagréable de tromperie sur la marchandise.

La moustache est un film que tous les esprits rationnels devraient rejeter : aucune réponse, aucune logique et personnages aux actions insignifiantes. En revanche, si vous aimez vous triturer l'esprit vous pouvez y faire un tour. Il n'empêche que le coup du voyage à Hong-Kong tue méchamment le film.

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13 commentaires

  • Protos

    19/08/2005 à 13h04

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    J'ai adorré La Moustache. Ce film est dément, on a rarement l'occasion de découvrir des scénarios aussi complexes, alors il ne faudrait surtout pas s'en priver. Et en plus, c'est un film français.

    Bon, c'est le genre de film qui nous laisse plein de questions en tête à la sortie. Il n'y a pas de logique simple, comme dans un film hollywoodien, ici tout est psychologique. Chercher une réponse simple, par A+B, n'a pas de sens. L'initrigue peut relever aussi bien du rêve, que du complot, ou de la perte de mémoire. Sacrée moustache.

  • hunt

    19/08/2005 à 16h01

    Répondre

    je me rase la moustache, donc je vais à hong-kong !!

    ben oué, fallait y penser!

    c'est d'une logique...z'avez encore rien compris toute facon .....

  • Protos

    19/08/2005 à 17h01

    Répondre

    Bon, j'avais posé la question au sujet de l'intrigue de ce film sur un autre forum. Il s'avère que plusieurs théories se sont dégagées, mais la plus probable la voici :

    - Attention, ne lire la suite que si vous l'avez vu -

    La théorie du rêve.
    Le héro, Marc, vis déjà à Hong Kong. A force de faire toujours le même trajet en bateau, il pête les plombs, et s'imagine à Paris, lorsque le film commence.
    Il pense à se raser la moustache, à Hong Kong, et cela interfère sur son cauchemard à Paris. C'est de la transposition d'idée. Donc dans son rêve à Paris, il se rase la moustache, et là, personne ne se souviens qu'il avait un jour une moustache. Suit tout une histoire impossible, imaginaire, digne de Kafka, pour finallement s'enfuire à Hong Kong. Ensuite la réalité le rattrape, il se retrouve en bateau à traverser la rivière, à son hotel, avec sa femme, c'est normal. Il est fou aussi, car il ne se souvient même plus de s'être fait photographié à Hong Kong avec sa femme (photo du portable de ses amis).

    Voilà la théorie la plus probable, qui n'est pas de moi, mais d'un illuste inconnu. Personnellement, je pensais qu'il s'agissait d'un complot.

  • nirnaetharnoediad

    22/08/2005 à 16h52

    Répondre

    Protos a dit :

    La théorie du rêve.
    Le héro, Marc, vis déjà à Hong Kong. A force de faire toujours le même trajet en bateau, il pête les plombs, et s'imagine à Paris, lorsque le film commence.
    Il pense à se raser la moustache, à Hong Kong, et cela interfère sur son cauchemard à Paris. C'est de la transposition d'idée. Donc dans son rêve à Paris, il se rase la moustache, et là, personne ne se souviens qu'il avait un jour une moustache. Suit tout une histoire impossible, imaginaire, digne de Kafka, pour finallement s'enfuire à Hong Kong. Ensuite la réalité le rattrape, il se retrouve en bateau à traverser la rivière, à son hotel, avec sa femme, c'est normal. Il est fou aussi, car il ne se souvient même plus de s'être fait photographié à Hong Kong avec sa femme (photo du portable de ses amis).


    Y'a un truc qui colle pas: dans tous les passages que l'on voit de lui à Hong Kong avec sa femme, ils sont clairement un couple de touristes. Ils vivent dans un hôtel minable, on les voit d'ailleurs faire leurs valises, emporter des souvenirs attrapes-touristes, et au moment de se séparer des français rencontrés là-bas sa femme dit à Marc "On est pas obligés de les revoir quand on sera rentrer à Paris". On en fait quoi, de ce statut de touristes, alors, dans cette théorie-là ? C'est une partie du rêve ? Ca devient interminable, si on part comme ça.

    Selon moi, c'est juste un mec qui a voulu jouer à Maître Lynch.

  • Veterini

    22/08/2005 à 17h48

    Répondre

    nirnaetharnoediad a dit :

    Selon moi, c'est juste un mec qui a voulu jouer à Maître Lynch.


    j'ai lu seulement le livre, qui n'apporte pas tout a fait de réponse toute faite, mais comme il a écrit une biographie romancé de K. Dick et comme le livre est assez dickien, je dirais plutôt que c'est juste un mec qui a voulu jouer à Maître Dick.

  • Protos

    22/08/2005 à 18h39

    Répondre

    nirnaetharnoediad a dit :

    La théorie du rêve.
    Le héro, Marc, vis déjà à Hong Kong. A force de faire toujours le même trajet en bateau, il pête les plombs, et s'imagine à Paris, lorsque le film commence.
    Il pense à se raser la moustache, à Hong Kong, et cela interfère sur son cauchemard à Paris. C'est de la transposition d'idée. Donc dans son rêve à Paris, il se rase la moustache, et là, personne ne se souviens qu'il avait un jour une moustache. Suit tout une histoire impossible, imaginaire, digne de Kafka, pour finallement s'enfuire à Hong Kong. Ensuite la réalité le rattrape, il se retrouve en bateau à traverser la rivière, à son hotel, avec sa femme, c'est normal. Il est fou aussi, car il ne se souvient même plus de s'être fait photographié à Hong Kong avec sa femme (photo du portable de ses amis).


    Y'a un truc qui colle pas: dans tous les passages que l'on voit de lui à Hong Kong avec sa femme, ils sont clairement un couple de touristes. Ils vivent dans un hôtel minable, on les voit d'ailleurs faire leurs valises, emporter des souvenirs attrapes-touristes, et au moment de se séparer des français rencontrés là-bas sa femme dit à Marc "On est pas obligés de les revoir quand on sera rentrer à Paris". On en fait quoi, de ce statut de touristes, alors, dans cette théorie-là ? C'est une partie du rêve ? Ca devient interminable, si on part comme ça.

    Selon moi, c'est juste un mec qui a voulu jouer à Maître Lynch.

    Le "rêve" se termine lorsqu'il se trouve à l'hotel en companie de sa femme.

  • Danorah

    27/08/2005 à 13h55

    Répondre

    Je n'ai pas vu le film, mais j'ai lu le livre et je ne comprends pas pourquoi vous vous obstinez à chercher des explications plausibles et à conférer un semblant de logique à une histoire qui tire justement son point fort de l'absence de toute rationnalité. Ce qui est intéressant dans cette intrigue, c'est justement qu'elle ne tient pas debout. Trouver une explication n'a pour moi aucun sens : sans cette dimension improbable, l'histoire n'a plus le moindre intérêt.

  • Anonyme

    13/08/2007 à 00h09

    Répondre

    réel ou pas, je crois que ce film ne doit pas être regardé de manière totalement objective ! C'est une fable ! L'histoire est intéressante car elle ressemble à un conte philosophique où chacun doit creuser pour trouver le sens. C'est un film qui m'a plu et je pense qu'on perdrait un temps fou à savoir qui est dans le réel/qui ne l'est pas, lui/elle ? laissez-vous aller et lachez un peu le réel ! c'est pas ce qu'on vient chercher quand on va voir un film de ce genre non ?

  • Anonyme

    06/12/2008 à 02h39

    Répondre

    Sacrebleu ! Il n'y a vraiment personne qui ne sache l'explication de ce film ? Je viens de le voir à l'instant même directement de Montréal. Et dire que j'essaie de prouver à mes amis que le Français de bons films ! J'aurais dû relouer le Diner de Cons !


    SVP, donnez moi l'explication, ou dites moi la fin du livre ! S'il y avait eu la moindre explication à ce film qui m'a torturé l'esprit pendant 85 minutes, j'aurait donné un 9/10 ! Vincent Lindon y était excellent. 

  • Anonyme

    06/12/2008 à 02h50

    Répondre

    Veuillez pardonner mes fautes de frappes... Il fallait lire dans l'avis précédent "... j'essaie de prouver à mes amis que les Français font de bons films !..." C'est pas avec celui-ci que je vais gagner ma cause  . 


    Dites moi en passant, il y a toujours des publicités intempestives qui vous agressent lorsque vous furetez sur vos sites en France ? On aura beau dire que la publicité est envahissante à la télévision québécoise, mais nos site web ne sont pas aussi aggressant !


    Sur ce, bonne jounée les cousins. 

  • Anonyme

    07/06/2009 à 11h23

    Répondre

    dans ce film plusieur choses me trouble :


    le générique du début on voit la mer , Marc rève souvent de cette mer .


    lorsque sa femme  lui fait acheter une veste verte et que lorsque elle arrive a Hong Kong et qu 'elle lui dit qu 'elle la trouve horrible .


    je pense que sa femme est Isimer ...

  • Anonyme

    05/06/2010 à 23h06

    Répondre

    En effet, ce film m’a déconcerté, en plus, je ne trouve jamais deux fois la même interprétation dans une critique d‘internet.


    J’ai au début pensé avoir zappé quelques éléments importants qui auraient pu prouver, qu’en fait, il est schizophrène (comme la femme policier qui sort du photomaton sans qu’on l’ai vu y entré et qui lui affirme qu‘il a une moustache sur sa photo de carte d‘identité).


    Je pensait trouver une certaine logique à ce voyage à Hong-Kong car je pensait que après qu’il se soit rendu compte que sa femme n’existait pas (il lui demande d’allez le chercher à une adresse qui n’existe pas et il l’a voit descendre avec une personne qui n’existe pas selon cette même femme), il avait décidé de complètement se dépayser pour enfin ne plus voir que la réalité…


    La réapparition de la femme (alors qu’il était inlocalisable) au plus profond de la chine confirmais cette théorie et la rencontre de personnes qui étaient supposées ne pas existées au début de l’histoire ou qui étaient considérées comme des connaissance de longue date encore plus tôt dans l’histoire le confirmais aussi,… mais pourquoi cette fin nous laisses dans le doute,… pourquoi n’y a-t-il pas de flash back à la fin comme dans le 6eme sens?

  • Anonyme

    05/12/2010 à 11h13

    Répondre

    étrange...

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