9/10

Mother: un grand Bong !

Après les succès critiques de ses deux précédents films (Memories of murder, et The host), le nouveau métrage de Bong Joon-Ho était pour le moins attendu. En effet, rares sont les cinéastes qui parviennent comme lui à transcender les films de genre, leur apportant une dimension humaine, une satire de la société et une vision de la narration cinématographique, le tout baigné dans une certaine dose de dérision et une virtuosité discrète. Plutôt bien accueilli par la critique, Mother est-il le chef d'œuvre attendu ?

Tout d'abord, Mother se situe entre le drame social et le polar. Une veuve vit avec son fils, déficient mental léger. Un jour, il est arrêté pour le meurtre d'une jeune fille. Persuadée de son innocence, la mère va enquêter pour retrouver le véritable coupable et faire sortir son fils de prison.


Mon fiiiiils !!!
Pitch on ne peut plus classique, mais l'angle de vue abordé, plus axé sur le drame familial que sur l'aspect polar, apporte une dimension plus humaine et originale au ton de l'enquête, et s'éloigne bel et bien des poncifs hollywoodiens.

Néanmoins, si l'humour et la satire sont bien présents, il le sont moins que dans les précédents films du réalisateur, ce qui donne finalement une atmosphère plus traditionnelle que celles auxquelles Bong Joon-Ho nous avait habitué. Le film est-il donc moins original pour autant ? Oui, un peu, forcément. Mais le ton du scénario, finalement plus dramatique que dans les œuvres antérieures du réalisateur, est parfaitement accompagné d'un grand savoir-faire : mise en scène, montage, cadrages, photo, musique, tout est magnifiquement paramétré pour conférer une grande puissance émotionnelle au film. On est dans une ambiance et une atmosphère rarement (jamais ?) ressentie, et c'est suffisamment peu fréquent au cinéma pour être souligné.


On est loin du rythme des polars hollywoodiens
Encore une fois, Bong Joon-Ho parvient à nous transporter par sa maîtrise formelle discrète, bien loin des virtuoses ostentatoires habituels. On pourra lui reprocher un léger manque de substance (on pourrait dire de même pour The host, mais cette carence est inhérente au genre abordé -le film de monstre-, alors que pour ici -un polar dramatique- c'est plus embêtant), qui donne l'impression par moment que tout cela tourne un peu en rond. Heureusement, la fin, forte et particulièrement bien amenée, rattrape ce léger bémol, nous laissant suspendu un instant dans le léger vertige qui suit la vision d'un grand film.

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