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mort en ligne (La)

Un soir, Yoko (Anna Nagata) reçoit sur son portable un message daté de trois jours plus tard où elle entend sa voix et qui se termine par un cri abominable. Trois jours après, alors qu'elle est au téléphone avec son amie Yumi (Kô Shibasaki), elle meurt de façon très étrange...

Le Japon n'a pas fini de nous faire peur avec des histoires tirées par les cheveux, nous confirmant ainsi que la vague des Ringu Like est loin d'être terminée. Reprenant à peu prêt tout ce qui a déjà été fait depuis le précurseur d'Hideo Nakata, le 58ème film du japonais Takashi Miike en 12 ans de carrière (!!!) se lance dans presque deux heures d'une histoire d'épouvante et d'horreur complexe et instable.
Comme dans la plupart des films du genre, on retrouve une malédiction qui entraîne des morts mystérieuses et une enquête qui mènera vers la révélation d'un terrible drame familial. Le Japon exprime ici ses peurs au travers de téléphones portables qui annoncent une mort prochaine. Certains y verront un côté subversif dénonçant les risques cancérigènes de leurs ondes alors que d'autres y verront une sorte de bouffonnerie prétexte à une malédiction insensée. Quoi qu'il en soit, le film expose tout d'abord des scènes de morts impressionnantes entrecoupées de coups de téléphones prévisibles, de photos terrifiantes et de moments lents où l'héroïne Yumi tente de sauver ses amis en comprenant le pourquoi du comment de la fatalité morbide. Sommet et tournant du film, la scène de l'émission T.V, dénonçant en passant son voyeurisme et son opportunisme, s'achève dans un bijou d'horreur où les mots désarticulation et démembrement prennent tout leur sens.
Les minutes qui suivent assument leur rythme mou et alternent subtilement entre vérités explicatives, épouvante efficace et comique franchement savoureux. A titre d'exemple humoristique, on peut retenir les exclamations excessives de Natsumi (Kazue Fukiishi) face à une pauvre fillette quasi muette ou encore ce policier qui propose un bonbon à l'héroïne alors qu'elle vient d'apprendre qu'après chaque mort on retrouve en guise de signature un bonbon rouge dans la bouche des cadavres. Niveau frayeur, on s'amuse à retrouver des éléments scénaristiques et de mises en scènes déjà présents dans Ringu, Ringu 0, The Eye, Dark Water, Kaïro, Ju On: The Grudge et Ju On: The Grudge 2: une sensation de solitude, des cheveux longs, des personnages fixes, des enfants qui cachent des secrets, des mystères hôspitaliers, des liens mère-fille, des drames familiaux inoubliables, des images destructurées, des photos inquiétantes, des jeux sur les ombres et les membres du corps humain, une musique triste au violon et des bizarreries spatio-temporelles.

Si ce n'est pour des lenteurs constantes et une fin qui perd le spectateur dans un imbroglio le plus total, La Mort En Ligne donne de beaux moments d'horreur et d'émotion qui rassemblent plus ou moins tout ce qui a déjà été fait en matière de Ringu Like.
Comme il y a déjà eu une suite en 2005 à ce film sorti en 2003 au Japon, Hollywood affiche déjà son intention d'en faire un remake pour 2007. No comment...

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6 commentaires

  • Lestat

    21/09/2005 à 20h21

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    Je suis tout à fait d'accord avec Vincent -à la différence que j'aurai un poil gonflé la note^^-

    Ring version téléphone portable, voila ce que nous offre Takeshi Miiike qui pour le coup nous livre un film assez posé et soigné, un peu dans la même veine intimiste qui teintait La Boite (3 Extrèmes). Rien de bien nouveau, et quelques sautes de rythme -notamment la fin qui traine en longueur- mais néanmoins quelques originalités salutaires. Je trouve aussi le scénario assez confus, tant au niveau de la fin ouverte à expertise que du pourquoi du comment. La Mort en ligne (One Missed Call, pour ceux qui étaient à Gerardmer) gagne autant qu'il perd à être discuté après la séance. A part ça, c'est plutot sympa et il y a de beau moment d'horreur. Je citerai l'émission de télé, instant cruel à souhait, ou le passage gluant (ne spoilons pas) du dernier acte. Un bon moment, moins effrayant de Dark Water, mais plus divertissant.

  • Virgile

    23/09/2005 à 15h09

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    Comment expliquer cette étrange sensation qui me prit au corps à la sortie de la salle de ciné?
    De la déception? Pas vraiment, car durant deux heures, j'en ai eu -à mon avis- pour mon adrénaline. Le jeu des acteurs est somme toute bon, et les questions et problématiques annexes sont intelligemment traitées (les déchirements familiaux,la folie ordinaire), je suis en cela Vincent L. et Lestat. Je dirai même que le sujet du fantôme revisité dans le contexte high tech, hantant nos médias et nos objets actuels, sert dans une certaine mesure au réenchantement du monde.

    Seulement voilà: Si somme toute j'ai vu un film de qualité, quelle en est la part du scénario, et quelle en est la part du réalisateur? Qu'aurait été ce film sans la particiâtion de Takashi Miike. Je suis tenté de répondre: un sombre bide. J'ai été heureux de sentir la peur instillée en moi, non par un cri violonneux bien placé, un monstre/fantôme/petite fille/ouf mr le détective ce n'est que vous au détour d'un couloir, mais par une véritable atmosphère d'étrange soutenue comme un ligne de basse derrière un bon morceau de musique. le scénario, malheureuseent, ne suit pas, et sans la merveilleuse fin, je vous avoue que je serai vaguement resté sur ma fin.

    Je suis tenté de voir ce film comme une parodie (pas drôle). Qu'il s'agisse du sujet pris, de la tonne de références empruntées aux films du genre, tout porte à croire qu'avec ce film, Miike n'use-t-il pas le thême jusq'à la corde, pour pouvoir l'empoigner violemment et tirer un signal d'alarme?

    Voilà mon humble avis, merci de m'avoir lu jusqqu'au bout.

    Ps: quelqu'un sait-il pourquoi Miike a-t-il repris la petite comptine dans "La boîte"?, mis à part qu'elle vous tape sur les nerfs?

  • Lestat

    23/09/2005 à 15h14

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    Je me disais bien que j'avais entendu ce truc quelque part !
    En fait c'est le contraire, La Mort en Ligne a été tourné avant la Boite. Donc probablement un petit clin d'oeil dans son moyen métrage.

  • Alain

    26/09/2005 à 00h43

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    Décidement, étonnant ce Takashi Miike... a chacun de ses films, on retrouve sa patte, une touche un peu particulière impossible à définir. Miike a décidé de passer outre toutes les règles cinématographique.

    Effectivement, a la première lecture, on pense directement à un Ring like comme cité plus haut, pourtant, il y a toujours ces petites touches persos qui font qu'un film de Miike ne ressemble pas a un autre et celui-ci n'y déroge pas.

    Je trouve fascinant sa façon de passer du tragique au gore, du gore au comique etc...

    Le constat que je me fait, c'est : étrange comme film ! Mais vivement le prochain...

    J'ai l'impression que Miike est une sorte de Lynch Japonais. J'ai le même sentiment en regardant ses oeuvres et celles de Lynch... enfin, je sais pas trop si il est inspiré par l'autre cinéaste, s'il est fou, si c'est un génie...
    En tout cas j'adore. Dernièrement on m'a prêté le dvd de Ichi the Killer et j'ai ressenti la même chose plus une envie de me payer cet ovni cinématographique ultra trash. Y'a pas, je suis accro au style de Miike même si je ne saisi pas toujours ou il veut en venir. Allez comprendre !

    A part ça, il a réellement fait 58 films à ce jour ?

  • Vincent.L

    01/05/2006 à 08h31

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    ...l'horreur de se faire remaker... Y'en a vraiment marre... J'ai vu la BA de Pulse, le remake américain de Kairo, un véritable massacre en perspective...

  • Lestat

    01/05/2006 à 10h40

    Répondre

    C'était bien sur ironique.

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