A DECOUVRIR
7/10

Mesrine - 1ère partie : L'instinct de mort

Vincent Cassel habite le rôle de Jacques Mesrine, bandit violent attiré par la lumière des projecteurs. Mais Jean-François Richet use trop de l'ellipse pour offrir un regard vraiment intéressant sur un personnage qui prête pourtant le flanc au débat.

Absent des écrans depuis son incursion aux Etats-Unis pour le remake d'Assaut, Jean-François Richet revient en force cette année, avec non pas un, mais deux films consacrés au célèbre braqueur Jacques Mesrine. Le projet est dans l'air depuis 2001, et Vincent Cassel a failli laisser place dans le rôle-titre à Benoît Magimel ou Vincent Elbaz (qui s'est rattrapé avec Le dernier gang). Inspiré des différents livres écrits par Mesrine lui-même et ses biographes (L'instinct de mort, Coupable d'être innocent...), tourné en neuf mois d'affilée, le diptyque retrace en deux temps sa montée en popularité et ses coups d'éclats médiatiques... L'instinct
de mort
sort cette semaine, et la suite arrive le mois prochain sous le titre L'ennemi public n°1.

Revenant d'Algérie en 1959, Jacques Mesrine (Vincent Cassel) choisit de suivre son ami Paul (Gilles Lellouche) dans ses activités de cambriolage plutôt que de travailler honnêtement comme ses parents le voudraient. Après avoir exécuté quelques coups pour l'inquiétant Guido (Gérard Depardieu), le jeune homme se retrouve une première fois en prison. Mais rien ne saura jamais assagir ce chien fou, avide de liberté et de popularité, capable des pires violences pour faire respecter sa notion toute personnelle de l'honneur.

Dès l'ouverture, Richet annonce la couleur par un panneau : on ne peut offrir de la vie d'un homme qu'une vision forcément biaisée, incomplète, partiellement fausse et soumise en l'occurrence aux lois de l'adaptation cinématographique. Cette déclaration, le réalisateur l'illustre de façon inventive quoique peu finaude, en montant un générique de début à l'aide d'un split-screen qui présente différentes prises des mêmes plans ; Cassel est montré retirant ses lunettes de la main gauche et de la main droite au même moment, etc. La vérité est floue, sujette à interprétation... Si besoin était d'insister sur ce postulat, la présence répétée de miroirs au cours du film rappellera au spectateur que la vision des choses dépend de l'endroit où l'on se place... Une idée de réalisation parmi d'autres, dans un film Roy Dupuis a plus de gueule ici que dans la série Nikita
Roy Dupuis a plus de gueule
ici que dans la série Nikita
qui est loin d'en manquer et se révèle parfois à la limite du tape-à-l'œil. De toute évidence, le but est de proposer un polar nerveux, efficace, violent (certaines scènes sont d'une cruauté à faire grincer des dents) et habité de quelques formules-choc susceptibles d'être reprises par les fans (« Dehors ou mort », « Personne me tue tant que je l'ai pas décidé »...).

Pourtant, la question qui flottait à l'annonce du film reste curieusement en suspens : Mesrine y est-il glorifié ou présenté comme un bougre de salopard psychotique ? Ni le réalisateur ni l'acteur ne semblent capables d'opter pour un point de vue clair à ce sujet, s'il faut en croire leurs récentes interviews. Si la première partie du film n'hésite pas à montrer le personnage dangereusement impulsif, allant jusqu'à d'inquiétants emportements avec sa première femme, la deuxième semble occulter plusieurs éléments pour se concentrer sur le côté « Bonnie & Clyde » de son couple avec Jeanne Schneider (Cécile de France), suivi d'une approche « Robin des Bois au Canada » qui rend le bonhomme forcément sympathique. Les ellipses, que leur objectif soit ou non de présenter les évènements sous un certain angle, finissent par s'avérer un peu perturbantes dans leur volonté d'éviter des épisodes importants, simplement traités par le mépris. Quid de la première arrestation de Mesrine, du départ de sa femme ? L'impression régulière de sauter du coq à l'âne empêche l'immersion complète dans un thriller qui jouit pourtant d'une belle énergie et d'une interprétation sans faille (notamment Depardieu, impérial et massif en parrain mère-poule mais sadique). Mais on déplore ce sentiment de survol qui habite le film, et surtout une fin complètement abrupte et insatisfaisante, qui donne l'impression que la deuxième partie va arriver juste après un entracte... alors qu'il faudra l'attendre un mois !

Partager cet article

A propos de l'auteur

16 commentaires

  • Anonyme

    24/10/2008 à 21h38

    Répondre

    J'ai adoré le film. Vincent Cassel joue admirablement bien et est un excellent gangster et incarne celui ci brillament.

  • protoss

    24/10/2008 à 22h55

    Répondre

    Au niveau du film, rien à dire, c'est un super bon film (acteurs, scenario, mise en scène, suspence, ambiance, déco, musique...  rien à redire).


    Au niveau du fond... c'est un peu plus discutable, car on sort du film en ayant l'impression que Messrine, c'était un bon gars finallemen, ok il a tués quelques personnes, mais bon... c'est pas grave quoi... James Bond il en fait bien autant... ouaip. Sauf que c'est un film tirée d'une histoire vraie alors... si on a pas d'esprit critique, on pourrait penser qu'être gangster, c'est le pied. Bonjour les dégats...


    'fin, j'irai quand même voir la suite.


     


     

  • Lestat

    25/10/2008 à 21h57

    Répondre

    Le meilleur film de Richet....mais c'est pas encore ça. Splits sceen pas vraiment judicieux, récit taillé à la serpe...


    Reste que les deux heures passent toutes seules. Richet, concernant Mesrine, trouve le ton juste entre vérité et fantasme, tout en oubliant pas qu'il fait du cinéma, en témoigne la pétaradante attaque de la prison Quebequoise.


    Vivement la suite.

  • Guillaume

    30/10/2008 à 16h11

    Répondre

    Les vacances scolaires doivent considérablement aider HSM3...

  • Anonyme

    02/11/2008 à 14h18

    Répondre

    Ce film est énorme, les decors sont soignés nous avons l'impression d'avoir fait un bon 30 à 40 ans en arrière...De plus Vincent Cas­sel joue parfaitement sont rôle. Que dire de plus à part vivement la suite...

  • Anonyme

    06/11/2008 à 20h00

    Répondre

    Protoss, je ne sais pas quel âge tu as mais bon pour dire des bêtises pareils, faut vraiment être un peu gamin. Forcement c'était quelqu'un de mal, mais Vincent Cassel  joue très bien son rôle, c'est ça que je voulais dire. Faudrait surtout que tu ne voit pas des films trop choquant parceque la tu es vraiment traumatisé on dirais. J'ai 51 ans et Mesrine est mort quand j'avais 17 ans quand j'avais passé mon bac. Je pense que tu es peut-être plus jeune que moi pour affirmé des choses pareils. A mon époque, la mort de Mesrine avait fait un bruit fou. Je suis allé voir le film parceque sa mort et ses actes on marqués ma jeunesse. Autrement Protoss, tu es trop jeune pour voir des films pareils. Histoire vrai n'a aucun sens. Quand j'avais 16 ans, en français, mon professeur disais que ceux qui disait j'aime les histoires vraies..... étaient idiots, cela ne sait dit pas entant que littéraire je me permet de te rappeler que Mesrine était un personnage réel, qu'il a fait tout se qui est raconté dans le film. C'est un film sur sa vie mais pas une "histoire vraie" (puisque tu y tiens tant) comme Massacre à la tronçonneuse qui est basé sur des faits réels et un peu romancé. C'est vraiment Jacques Mesrine. Alors au lieu de prendre un homme de 51 ans pour un gamin comme tu dois l'être faudrait plutôt que tu regardes des films romantiques.

  • Wax

    06/11/2008 à 20h25

    Répondre

    T'as compris Protoss? Trop jeune! Va plutôt voir Harry Potter c'est plus de ton âge.

  • protoss

    06/11/2008 à 22h27

    Répondre

    Comment dire "couillon" sans être grossier...


    c'est la preuve que même à 51 ans, on peut avoir perdu son sens critique, en supposant qu'il ait existé. 'fin, de toute façon, ça sert à rien de se disputer, attendons la suite pour bien s'engueuler.


     


     

  • Anonyme

    07/11/2008 à 16h22

    Répondre

    Non pas engueuler, mais se taper une bonne dispute comme en politique. 

  • Anonyme

    07/11/2008 à 16h25

    Répondre

    Tout à fait d'accord avec toi Wax. Merci beaucoup j'en ferai aussi une thèse que je te signerai pour que cela puisse décorer ta bibliothèque !

  • Wax

    07/11/2008 à 17h13

    Répondre

    Misère...

  • Anonyme

    07/11/2008 à 17h26

    Répondre

    Oh non... Tu aura un joli mot pour te consoler...

  • Anonyme

    07/11/2008 à 18h11

    Répondre

    Protoss quand tu cherches un mot, tu ouvres ton dictionnaire ou celui des synonymes notamment. Quelle immaturité !La prochaine fois tu demanderas comment dis t'on "emmerdeur" sans être grossier, tu auras la même réponse.

  • Anonyme

    20/11/2008 à 14h15

    Répondre

    Nan franchement, j'ai pas vu le film mais j'ai super envie de le voir, je sais pas si il est encore au cinéma mais en tout cas, je vais aller voir le deux, c'est sur

  • Anonyme

    27/11/2008 à 21h42

    Répondre

    rien a dire mesrine c une tuerie le film de l'année je vous conseille daller le voir

  • Anonyme

    06/12/2008 à 01h40

    Répondre

    Enfin voilà un film avec un bon cinéaste, un jeu d'acteurs de rêve ( Cassel, Depardieu, Cécile de France... ) un montage et une façon de filmer propre au cinéaste talentueux. Encore une fois un Vincent Cassel en pleine forme, passionnant, briant. Enfin vraiment, pour moi c'est l'un des meilleurs acteurs que j'ai jamais connu. Son interprétation est excellente, le film passe vite car il est certe violent mais bien rythmé et somptueusement joué. Je conseille d'aller le voir. Une vraie bombe et un bijoux du cinéma français.Allez encore une fois, VIVE CASSEL ! 

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Rubriques