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Mensonges d'état

Leonardo prend son flingue pour dérouiller du terroriste, tandis que Russell Crowe pousse un caddie dans un supermarché. Ridley Scott n'a pas toujours fait des étincelles, ce film n'en fera pas non plus.

Roger Ferris (Leonardo DiCaprio), agent de la CIA, prend en charge les opérations en Jordanie pour capturer le leader terroriste Al-Saleen. Aux Etats-Unis, confortablement installé dans son fauteuil, Ed Hoffman (Russell Crowe) supervise les actions de son agent, tout en s'occupant de sa petite vie familiale. Entre mensonges, informations dissimulées, faux-semblants, et manipulations, Ferris devra mener à bien sa mission, tout en restant en paix avec sa conscience et son cœur...


" Tu es en mon pouvoiiiiiir...."
Des films sur le même sujet que Mensonges d'Etat, on en a déjà eu des dizaines. Mais si, vous savez de quoi je parle, ces films traitant à la fois du traumatisme international post 11 septembre et de la lutte acharnée contre le terrorisme au moyen-orient ! Bon, hé bien, là, nous parlons des opérations couvertes menées par un agent infiltré (Leonardo DiCaprio) lui-même chapeauté par un bureaucrate, l'oreillette vissée dans le creux de son oreille (Russell Crowe). L'affiche est pas mal éloquente sur ce point : on y voit Leonardo, flingue à la main et barbichette bien apparente, en train de s'activer, tandis que Russell Crowe fait le pied de grue avec son téléphone à la main, derrière son agent. Une affiche cohérente, n'est-elle pas ?
Ce n'est donc pas tant le conflit Etats-Unis contre terroristes qui nous intéresse, ou tout du moins pas vraiment. Même, dans cette thématique, le film semble jeter avec insistance des petits cailloux dans un marais bien dense et bien poisseux. Oui, les terroristes c'est des vilains. Oui, notre interprétation du Coran diffère de la leur, nettement plus extrémiste (DiCaprio lâche d'ailleurs quelques phrases dans ce sens, stériles et sans conséquence). Est-il besoin de nous le rabâcher ?
Du coup, on se rabat sur le quotidien d'un agent infiltré, en conflit presque constant avec l'homme représentant sa hiérarchie. Le premier bouffe de la poussière et négocie avec les autorités (avouées ou inavouées) des pays concernés, tandis que le deuxième fait ses courses au supermarché en déclarant au téléphone qu'"il n'y a jamais d'innocents". La problématique reste à sens unique : on est pris de sympathie pour l'agent, plus humain, tandis que l'on maudit chacune des décisions de son supérieur. Le scénario garde cette tendance tout au long du film, et ne cherche donc pas à mettre à jour des pistes de réflexion, pas même un état de faits. Une sérieuse anomalie qui aurait pu être transcendée par Ridley Scott, mais qui pourtant s'alourdit sous la patte du prestigieux réalisateur. Rien ne ressort vraiment du film et de sa réalisation, pas même ses acteurs, apparemment peu concernés. Il y a bien Russell Crowe, qui compte sur sa mine patibulaire pour faire de son personnage une enflure détestable, mais c'est tout.

Pas foncièrement raté, Mensonges d'Etat se montre un peu trop similaire au film type abordant le terrorisme et la lutte contre ses géniteurs. Même la présence de Ridley Scott aux manettes ne hisse pas le film à un niveau plus élevé, et encore moins les prestations un peu en retrait de Leonardo DiCaprio et de Russell Crowe. L'ensemble reste néanmoins regardable.

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2 commentaires

  • Anonyme

    08/11/2008 à 22h23

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    Certe, ce film contient des passages violents mais reste une belle critique de l'Amérique et un film génial avec un Dicaprio en forme.

  • Anonyme

    09/11/2008 à 20h47

    Répondre

    Trop bien la film moi j'adore

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