7.5/10

Mémoires de nos pères

Stars and tripes

Est-ce encore la peine de préciser que Clint Eastwood est un grand monsieur du cinéma ? Son dernier pari est de réaliser un double film sur la bataille d'Iwo Jima. Double dans le sens où cette page de la guerre sera filmée sous deux points de vue différents, celui des assaillants Américains mais aussi celui des Japonais qui défendent leur position. Avec Mémoires de nos pères, nous voilà plongés sous le "Stars and Stripes" dans le monde viril des Marines.

Iwo Jima devait être un tournant de la guerre du Pacifique puisque les Américains avaient comme but de s'emparer pour la première fois d'un territoire originellement japonais et d'y installer son front. Cette opération aussi importante stratégiquement que moralement devait avant tout marquer les esprits. C'est sur cette base que le film a été construit puisqu'il délaisse rapidement les tactiques guerrières et les conquêtes territoriales. Iwo Jima a été un symbole et une photo en a été son emblème, celle où l'on voit six Marines dresser fièrement le drapeau américain. Ce cliché devint rapidement un élément de propagande et une source de motivation pour le peuple américain.


C'est avec ce type de film que l'on peut voir la patte de Clint Eastwood et l'étendue de son talent. Il prend un détail que tout le monde connaît, le développe et lui donne vie à travers une histoire profondément humaine filmée tout en retenu et en finesse. Jamais il ne verse dans le patriotisme ou le pathos. Il n'y a pas de morts au ralenti mais des tripes qui sortent du bide, pas d'exaltation nationaliste mais une réflexion sur le fonctionnement du système et c'est ce que l'on aime. Mémoires de nos pères raconte la vie d'hommes perçus au pays comme des héros alors qu'ils se sont juste trouvés là au bon endroit au bon moment, ou plutôt au mauvais endroit au bon moment. Le film jongle ainsi entre des scènes de guerre féroces agrémentées d'effets spéciaux et le retour de ces porteurs de drapeau sur le sol américain pour promouvoir l'effort de guerre. Toutefois, le film prend peut-être trop de recul sur les événements et ne comporte pas la puissance émotive que l'on retrouvait par exemple dans Million Dollar Baby. De plus, le rythme a du mal à prendre et s'avère longuet dans sa dernière partie.

On retrouve dans Mémoires de nos pères le style propre à Clint Eastwood, c'est-à-dire une histoire à la fois grave et modeste et des images toujours classes et poignantes. Un bon film de guerre qui se démarque du genre par son approche humaine du sujet. Vivement la suite de la sage avec la version japonaise : Lettres d'Iwo Jima.

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6 commentaires

  • JC

    17/08/2006 à 11h38

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    Au vu des images, ça s'annonce pas mal. En quelques minutes de trailer, on retrouve déjà le classissisme crépusculaire d'Eastwood. Les couleurs ternes sont sympa.

    J'irai voir les deux films en espérant de la grande fresque épique dénuée de tout manichéisme.

  • naweug

    21/08/2006 à 21h37

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    Il a déjà été plus inspiré niveau acteurs..

    Je ne peux pas voir les images chez moi, est ce normal ?

  • Anonyme

    22/08/2006 à 15h28

    Répondre

    Guewan a dit :
    Il a déjà été plus inspiré niveau acteurs..

    Je ne peux pas voir les images chez moi, est ce normal ?


    je sais pas moi je la vois.


    Niveaux casting j'ai confiance en clint, il ne ma jamais déçu, je me souviens de ces deux derniers films et la direction d'acteur était bonne et les acteur convaincant, donc wait n see

  • Lestat

    22/08/2006 à 18h57

    Répondre

    Deux films de guerre à plus de 70 ans...en tout cas, Clint a toujours la forme.


    La dernière fois qu'il avait donné dans le genre, c'était dans Le Maître de Guerre :

    - Les soldats je les gerbe, moi.
    - Repete.
    - Si tu frime pour bourrer le mou de ce glandu, pas la peine de te faire mousser comme ça boule à zero.
    - Tas lair de savoir de quoi tu parles
    - Ou tu vas, la ? Père Lacolique ?
    - Le pere la colique te previent quil est un père la colique fatigué qui a des renvois de barbelé, qui pisse du napalm et qui te vide un chargeur dans le cul dune mouche à 200 metres, alors arrete de me peler le jonc, sinon, il va y avoir explication des gravures


  • Lestat

    29/10/2006 à 14h04

    Répondre

    Après le Maître de Guerre, justement va-t-en guerre, Clint change son fusil d'épaule (!) et nous offre un beau film, désabusé et subtil. Si le débarquement est d'une intensité rarement vue -même chez Spielberg-, les combats ne sont finalement pas au centre de l'oeuvre. C'est vraiment un film sur comment une simple photo peut créer ou défaire des héros, au détriment de ce que ceux-ci peuvent en penser, avec tout ce que cela peut comporter d'outrance ou de mauvais goût (la reconstitution au stade).

    Dommage que le tout soit parfois gâché par une impression de déjà-vu. Les combats rapellent le Soldat Ryan ou Band of Brother (d'ailleurs la première scène en est un gros emprunt), l'aspect propagande, Stalingrad, et l'on retrouve Adam Beach qui jouait déjà au soldat Indien dans Windtalkers.

    Cela n'enlève en rien la maîtrise d'Eastwood qui réussi des scènes très fortes qui auraient pu être casse-gueules (je pense à la scène du gâteau au coulis de fraise).

    Oui, vivement la suite, avec j'espère un Eastwood débarassé de ses influences.

  • Garf

    05/11/2006 à 22h27

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    J'ai ressenti aussi le poid des influences qui pesaient sur ce film ( Le soldat Ryan plane insoucieusement ici...la faute au producteur peut-être? Un certain Steven Spielberg ). Néanmoins j'ai trouvé que dans son genre, le film proposait une vision singulière, s'interrogeant sur le statut de "héros" donné aux soldats mais surtout sur l'utilisation, la récupération de ces hommes par la pieuvre politico-médiatique.
    Monsieur Eastwood, sans briller de mille éclats ici, n'a donc pas l'air de se satisfaire du médiocre. Vivement la suite!

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