6.5/10

Mémoires d'une Geisha

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur la Ziyi ! (hors sujet, mais tellement bon)

Mémoires d'une Geisha est adapté du roman Geisha d'Arthur Golden, véritable peinture d'un univers construit de multiples choses plus ou moins avouables, où se mêlent charme, intrigue, perversité, et abnégation. Récupéré par Spielberg en 1998, le scénario passera par les mains de plusieurs réalisateurs, avant d'échouer dans celles de Rob Marshall (Chicago).

A l'âge de neuf ans, la petite Chiyo est séparée de sa soeur pour être emmenée de force dans une maison de Geisha. Elle ne pense qu'à une chose : s'échapper. Tout du moins, jusqu'à ce qu'elle rencontre le séduisant président (Ken Watanabe). Pendant les années qui suivront cette rencontre, toutes ses pensées iront dans le même sens : devenir une grande Geisha...

Quel pouvait bien être l'élément moteur de cette adaptation ? Une (peu) probable réhabilitation du métier de Geisha, quelquefois honteusement mal considéré sous les termes de « dame de compagnie » ? Ou peut-être l'exposition d'un contexte historique et social mouvementé à travers la vie plus ou moins rose d'une de ces jeunes femmes ? Rien de tout ça, même si le doute plane parfois. Ici, il s'agit de romance. La belle, la passionnée, celle qui dure dix ans, celle qui vous fait garder de petits mouchoirs brodés dans une boîte pendant des piges en ne pensant qu'à l'être aimé. Il ne faudra pas moins de trente minutes pour entraver cela, et encore se surprend-on à tenter de dénicher autre chose dans les quelques deux heures restantes. Au moins, le réalisateur (Rob Marshall, Chicago) n'a rien d'un branquignol, et a su choisir son casting. Passons sur Michelle Yeoh, plutôt négligeable compte tenu de la maigreur de son rôle, et sur Ken Watanabe, convenable mais en sous-emploi (oserais-je dire comme d'habitude ?), il nous reste Zhang Ziyi. Une petite chinoise, habituée aux rôles de castagne (Hero, Le Secret des Poignards Volants), qui parvient à nous gagner à sa cause par la finesse de sa silhouette et l'innocence de son regard (coloré de deux belles lentilles bleues). Impeccable dans le rôle, c'est elle qui parvient à faire oublier la durée, les petits écueils du scénario qui, je le rappelle, tient avant tout dans une romance somme toute assez simpliste. N'oublions pas la réalisation, propre et soignée, jouissant d'une belle photographie et d'un sens de la reconstitution très poussé, néanmoins pas suffisant pour hisser Mémoires d'une Geisha au rang des grands films.

Un film négligeable dans ses intentions, certes, mais néanmoins très professionnel et joliment mis en image. Zhang Ziyi rayonne de sa présence, évince ses partenaires avec une grande décontraction, jusqu'à nous faire oublier les rôles plus physiques dont elle a l'habitude. Rien de très grand, mais rien de honteux.

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6 commentaires

  • Iago

    05/03/2006 à 15h13

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    well... bien d'accord avec toi nicolas, pas un grand film
    c'est d'autant plus décevant que la mise en scène, quoique trop léchée parfois, est la plupart du temps magnifique (comme la danse sous la fausse neige pour la vente du mizuage par exemple). Je suis déçu, la forme est belle mais ne contient aucun fond: un scénario moins gnangnan aurait été beaucoup plus intéressant et aurait permis de mieux exploiter l'univers particulier du film: femmes magnifiques et mystérieuses, cité japonaise luxueuse sous la pluie ou la neige, etc...

  • Lilly

    11/05/2006 à 08h09

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    je réagis ici après avoir fini le livre Memoirs of a geisha. La romance tient la place de la toute dernière partie du livre, et c'est pour moi la partie de loin la plus décevante du livre, faut donc pas s'étonner que l'adaptation en film ne soit pas une merveille.
    Alors que le livre est assez fort pour nous faire entrer dans un univers complètement étranger, fascinant autant que dérangeant, pour nous faire entrer dans la peau d'un personnage perdu, qui découvre son destin, il s'achève sur un happy end à l'eau de rose, la belle finissant dans les bras de son beau prince charmant dont on ne connaît que le physique et échappe à un personnage dont l'auteur avait creusé un peu plus la psychologie, mais qui n'avait pas la beauté pour lui.

    Hum. Drôle de choix que d'avoir voulu concentrer son film sur la partie la plus faible à mon goût du livre...

  • tyler

    11/05/2006 à 08h47

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    ah le cinema ricain....

    Toujours aussi fan de l'amour en rose, du happy end et du prince charmant

  • Attila

    14/05/2006 à 01h14

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    Déjà que le livre était assez Light niveau intéret, si ce n'est l'approche sociologique (monde des geishas) et historique (impact de la guerre au Japon), le film atteint des sommets d'ennui.

    Pour ce qui est du mélo autant regarder un Mizoguchi comme la rue de la honte ou un autre du genre ou peut etre un Kurozawa comme Chien enragé plutot que ça !!!

  • nazonfly

    24/10/2006 à 11h37

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    Pfff quelle purge ce film.

    Une seule scène est magnifique, celle de la danse. Le reste n'est que frime et poussière aux yeux. Rarement vu quelque chose d'aussi vide.
    Peut-être un réalisateur de culture japonaise aurait pu apporter une vraie profondeur à un tel film.
    Et puis que c'est décevant d'entendre de l'anglais à longueur de film alors que tous les personnages sont japonais... Ca brise le charme. Bientôt ces américains vont faire un film sur Marie Antoinette et le tourner en anglais si ça continue comme ça...
    Ahhh ça a déjà été fait. Tssss

  • Anonyme

    20/01/2008 à 16h41

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    C'est un film magnifique avec des décors somptueux ainsi que des musiques poignantes. N'ayant pas lu le livre je n'avais pas d'attente particulière et je n'ai donc, en aucun cas, été déçue. A voir absolument...!

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