3/10

Médaillon (Le)

L'appel était trop fort. Comme une Michelle Yeoh devant son Talisman ancestral gavé de super-pouvoirs, Jackie ne pouvait résister au chant presque mélodieux du film à effets spéciaux et de son artefact mystérieux qui, lui aussi, regorge de générosité quand il s'agit d'upgrader un peu les capacités physiques du premier venu qui le tiendra en main. Un comble lorsque l'on s'appelle Jackie Chan, n'est-ce pas ? Surtout qu'à la réflexion, la star de la cascade impossible avait plus ou moins déjà effleuré le genre avec un Smoking qui ne valait guère que pour la présence de Jennifer Love Hewitt (et encore) ; ce qui nous laisse d'autant plus perplexe sur l'état de la matière grise des scénaristes quand on sait que la présence féminine du présent film se voit attribuer à la britannique Claire Forlani...

Il existe un médaillon. Il existe un petit garçon. Celui qui possède les deux est en mesure d'accéder à l'immortalité. Un redoutable trafiquant, Snakehead, est à deux doigts de kidnapper l'enfant quand l'inspecteur Eddie Yang de la police Hong-Kongaise s'interpose, acte héroïque au bout duquel il trouvera la mort. Reconnaissant, l'enfant lui confie les pouvoirs du médaillon et lui redonne vie, un présent à ne pas négliger comme s'en apercevra très vite le policier...

Deux parties distinctes : sans les pouvoirs, et avec les pouvoirs. Sans les pouvoirs, du Jackie Chan plutôt basique, deux ou trois petites prouesses physiques comme il en a le secret, Claire Forlani qui fusille tout le monde de son « regard qui tue », Lee Evans qui joue les bouffons de service, faire-valoir peu creusé et encore moins drôle, et une histoire d'enfant - élu - machin - chose livré en série avec médaillon - magique - machin - chose. Avec les pouvoirs, du Jackie Chan très câblé, pas mal d'ajout numérique, deux ou trois idées de réalisation très mal encastrées dans le scénario (notamment l'affrontement avec l'alter ego ennemi), Claire Forlani qui mitraille tout le monde de ses larmes - revolvers (« Jackie est mort, mais en fait non. » -> phrase présumée du synopsis), Lee Evans qui continue à (ne pas) amuser la galerie, et le vilain de l'histoire qui ricane sèchement en contemplant le médaillon dans sa main droite et le gosse dans sa main gauche. En recoupant le tout, apparaissent un certain nombre de caractéristiques communes justifiant de manière éclairée la note attribuée plus haut : un scénario basé sur une mythologie plutôt floue, coulant l'histoire dans un certain nombre d'incohérences, un joli panel de seconds rôles engagés pour décorer (Claire Forlani en potiche de luxe, fallait oser), et probablement aucune intention de dévier du stéréotype du genre.

Un navet qui ne profite même pas de la présence du maître de la cascade ébouriffante, se contentant de suivre le chemin déjà tout tracé du film d'action superficiellement fantastique et ne parvenant jamais à mettre en valeur une seule de ses idées potables.

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Saoulant Hill

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