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Mauvais esprit

Comment décrire ce sentiment... C'est un peu comme une impression de déjà vu. Une espèce de vision, un état de clairvoyance, mais qui pioche autant dans le futur que dans le passé. Pas très clair, tout ça. Disons que c'est une sorte de souvenir du passé, une sensation presque palpable qui s'empare de vous dès la bande-annonce et qui trouve apogée pendant la projection en elle-même, parfois même dès les premières secondes. Et qui ne vous lâche plus jusqu'au générique. C'est...un pressentiment. C'est ça, un pressentiment. Un pressentiment que le film va être affligeant. Mais oui, c'est bien ça, de la désolation en avant-première, ha ha ha ha....

Simon (Michel Muller), complètement furax, pousse les portes de l'immense siège social de l'entreprise de Vincent Porel (Thierry Lhermitte), l'accusant de plagiat, pour réclamer dommages & intérêts. L'homme le remet violemment à la sécurité, et quitte son travail pour rejoindre sa femme enceinte. En pleine rue, Simon échappe à la vigilance des flics, et prend la poudre d'escampette. Une fuite plus que brève, la voiture de Vincent passant au même moment, heurtant mortellement le pauvre sans-le-sou. Mais pas de paradis, Simon se réincarne dans l'enveloppe du fils Porel, et stratégise bientôt sa nouvelle existence dans un seul but : pourrir la vie de son père...

La bande-annonce, royale, nous livrait le contrat en main : un bébé qui parle, sorte de Allo Maman Ici Bébé, rancunier comme pas deux et sujet à des pulsions d'automutilation. Michel Muller, 5 minutes de présence à l'écran, prête sa voix et son acerbe éloquence au petit junior, pour le meilleur et pour le désespoir de son père. Nuits blanches, digestion approximative, et constante animosité, rien ne sera épargné au paternel, malgré son amour et sa patience. Cruel, mais le bonhomme à l'air de le mériter (j'ai bien dit « à l'air »). Inutile de vous dire que « le revanchard dans le bébé » se constitue seule idée du film et du même coup unique ligne du synopsis, Junior empilant sans fatiguer les plus navrantes excentricités avec l'espoir vain d'arracher ne serait-ce qu'un sourire à un auditoire qui se dit que, finalement, les comédies de 1h20 ont du bon : ça se finit plus vite. « Ah, tiens, marrant qu'il chope les bourses du chien ! Si seulement la bande-annonce ne l'avait pas montré.. ». Non, même sans bande-annonce, rien n'aurait été différent. L'humour dans ses pires moments : sans forme et sans originalité. Le cinéma dans ses pires moments : le scénario bateau et le tournage en studio bon marché. Considérons néanmoins, outre un Thierry Lhermitte correct, que Ophelie Winter se sort plutôt bien de ses froufrous de femme BCBG à la conscience maternelle douteuse, et que l'affrontement avec la belle-doche Maria Pacôme réserve quelques moments presque potables.

La comédie française dans ses retranchements les plus navrants, sans inventivité ni réelle matière à rire, si ce n'est, et je prends beaucoup sur moi pour affirmer cela, une ou deux réflexions introspectives du mouflet très second degré et donc potentiellement drôles. Mais pas de leurre, beaucoup de pub pour pas grand chose.

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1 commentaires

  • Anonyme

    27/01/2009 à 15h52

    Répondre

    je voudrai savoir comment sapelle la music dans le film quand la  fille rentre cher elle et elle voie son fils qui dort sur son foteuille svp ^^commen elle sapelle je la cherche depui longtemp merci bocou

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