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Mange prie aime

Trois verbes, trois actes, trois petits tours et puis s'en vont. Dommage, tout ceci manque d'épaisseur malgré un remplumage en règle au premier chapitre.

On pense que tout va pour le mieux. Et d'un coup on découvre que tout n'est pas si rose et on a envie de tout plaquer. Liz est mariée, financièrement à l'aise, plutôt jolie (pas autant que Julia Roberts sait habituellement l'être dans un film, ici le cadrage n'est pas toujours valorisant), mais elle s'aperçoit qu'en réalité elle n'est pas heureuse. Elle se sent vide, coquille solitaire, et cherche à se remplumer, à se trouver, en trois étapes. Des marches qui ponctuent le film tels des chapitres.


 

Mange. Passage par le remplumage physique : manger des pâtes en Italie ne semble peut-être pas aux Français être le comble de la bonne bouffe, mais pour cette américaine, ça l'est. Convivialité et orgie de nourriture, voilà de quoi s'occuper et prendre de la distance avec ses ennuis.

Prie. La quête de la spiritualité en Inde, ce n'est pas donné à tout le monde. On s'amuse de voir tout ce charivaris de méditation.

Aime. Petit tour à Bali ; le coin est sympa. Vu qu'on est repu, il est temps de passer aux choses sérieuses. L'amour, avec un grand A. Enfin, pas si énorme que ça, en tout cas pas celui de la femme qui cherche son prince charmant. Là c'est du divorcé qui a encore des inhibitions. Mais Javier Bardem saurait même réchauffer un pingouin prenant son bain de glace, alors on sait comment tout cela va se finir...

Mange, prie, aime est un film tranche de vie, façon rite initiatique tourné bien involontairement en dérision. Les comédiens y sont parfaits dans des rôles où ils parviennent à ne pas faire de la caricature malgré des personnages qui s'y prêtent La célèbre Roberts a été souvent plus drôle et jouissive, mais elle parvient tout de même à transmettre son habituelle fraicheur, avec un soupçon de maturité qui fait du bien. Liz est une femme indépendante qui, pour une fois, ne passe pas tout son temps à chercher l'homme qui saura la combler (un bon titre de film, n'est ce pas ?). Elle veut avant tout découvrir et faire son bonheur, se sentir complète, et si elle tombe finalement amoureuse, c'est par hasard et non par envie.


 

Hormis cet hymne discret à l'indépendance et au féminisme par l'exemple, Mange, prie, aime laisse indifférent. La faute en revient certainement au manque d'identification ainsi qu'au découpage bien trop compartimenté du film. On reste sur notre faim, tandis que Julia s'en met plein la lampe.

A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

1 commentaires

  • Anonyme

    27/08/2010 à 05h43

    Répondre

    Beaucoup de longueurs aurait pu être coupé de moitié.
    Film intellectuel et moralisateur. Un véritable cours de morale tiré
    tout droit du Siddha Yoga-et ceci sans l'ombre d'un doute. Film qui se
    veut léger mais qui est tout le contraire. Très belles images mais ce
    n'est pas suffisant pour faire un film senti. De plus la grande "quête"
    de l'héroine ne trouve pas son équivalence dans son épreuve

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