6.5/10

Man of Steel - Les origines de Superman

Vous l'aurez compris, s'il y a bien quelque chose qui ne va pas dans Man of Steel, c'est son titre. Quand on nous a raconté la genèse de Batman, le film s'est appelé Batman Begins, pas Man of Leather ou je ne sais quoi. Rassurez-vous, ce n'est qu'une taquinerie, là où je veux en venir, c'est qu'en réalité, pour la néophyte du comic que je suis - et j'insiste sur ce point - c'est très agréable de voir à l'écran cette partie de l'histoire du super-héros préféré de Bill (vous savez, celui de Kill Bill). Pourquoi ? Parce qu'on y découvre avec force de détails et très bonne durée (les 30-40 premières minutes du film en gros) la planète Krypton, son histoire, son peuple, son agonie. Ce qui signifie qu'on a droit au départ à un film 100 % science-fiction, et cet aspect continuera à marquer l'oeuvre jusqu'au bout, car Krypton et son général Zod poursuivront Superman, même après la mort de la planète. Cette partie futuriste, il faut bien l'admettre, est assez captivante : la narration est rapide, le rythme effréné, de nombreux thèmes soulevés, avec un clin d'oeil amusant à Bienvenue à Gattaca et MatriX, et l'univers visuel s'avère très réussi par son atmosphère sombre et glauque. Le seul regret, c'est que, quand on sait que l'équipe de réalisation s'est adjoint les services de Christine Schreyer, professeur à l'université, anthropologue et linguiste, qui avait d'ailleurs participé à la création de la langue Na'vi dans Avatar, on se demande pourquoi il n'y a finalement pas eu un mot de kryptonien prononcé dans le film !? Quoi qu'il en soit, on aurait presque eu envie que cette partie science-fiction soit plus longue. Evidemment, il est tout à fait concevable que les fans purs et durs y voient plus une dénaturation de l'oeuvre qu'autre chose. Mais tout le monde n'a pas lu les comics, loin de là.


100 % science-fiction au départ.

Quand vient la suite, c'est-à-dire la Terre, on ressent une véritable rupture. Le rythme est d'un seul coup très lent, on découvre les états d'âme du héros, de manière trop sibylline d'ailleurs, ainsi que quelques unes de ses difficultés physiques et psychiques pour s'adapter au milieu terrestre, qu'on ne comprend pas très bien sur le coup. Un va-et-vient, assez classique désormais dans la narration des films modernes, permet de capter l'attention du spectateur et d'éviter une certaine monotonie, laquelle guette quand même le film un peu en permanence sans jamais vraiment, et heureusement, l'attraper. Le rôle des parents adoptifs de Clark Kent est bien mis en valeur mais reste cependant un peu trop elliptique, car il faut passer à Loïs, et là aussi c'est un assez bonne surprise. En effet, la madame n'est pas en reste dans le caractère et la personnalité qu'on lui a attribués. Encore un trait de notre cinéma moderne : les dulcinées de nos héros ne sont plus des potiches, ou plus totalement. Loïs se retrouve donc avec une personnalité assez forte, ne manquant pas d'une répartie et d'une audace amusante avec les militaires, ce qui est au final plutôt réaliste quand on regarde ce que sont nos femmes journalistes aujourd'hui. 


Zod, plus charismatique que Superman.

Entre ses quatre parents et une Loïs de caractère, le pauvre Clark s'en retrouve presque fantôme dans l'histoire. Passant son temps à maintenir le secret sur son identité, on ne voit pas grand chose d'autre de lui, surtout que très vite, le réalisateur et son équipe, reviennent à leur choix de base : les origines de Superman et son passé kryptonien qui le rattrape. Alors, on passe à l'action et de l'action de grande envergure qui se lance dans une chevauchée sans fin, pour en mettre plein la vue au spectateur. Du coup, Superman continue alors à rester un peu fantôme, car on ne voit plus de lui que la machine à bastonner. Ces scènes d'action, où la mécanique extra-terrestre et donc futuriste fait son retour, sont très impressionnantes. Elles pèchent cependant parfois par un manque de clarté et un côté un peu brouillon. Mais le plus grand reproche est ailleurs. En principe, des rafales de violence et de destruction sont censées porter une histoire, qui a été préalablement montée en puissance, et en faire une apothéose, comme c'était le cas dans MatriX ou Avatar. Or, dans Man of Steel, ce n'est nullement le casL'intensité émotionnelle n'est en effet pas allée assez haut et, de ce fait, l'action vient juste jouer le substitut d'un certain vide au lieu de sublimer une grande histoire (d'ailleurs, Loïs devient tout de suite plus potiche dans cette partie). Ce sera toujours le grand point faible des films d'action : quand il n'y a que ça, c'est plaisant mais ça ne va pas plus loin. 


Les cinéastes ne savent toujours pas ce qu'est un véritable accouchement.

Bref, on nous offre un Superman du XXIème siècle, c'est-à-dire un scénario modernisé dans bien des aspects, une belle dose de science-fiction, des grands moyens, une musique orchestrale portant parfaitement le film (forcément, c'est Hans Zimmer), mais avec aussi le défaut de nos sociétés modernes : trop de part donnée à une action, qui au lieu de porter un scénario trépidant, se contente d'être juxtaposée à une histoire manquant d'intensité. Trop de forme, pas assez de fond. Un peu dommage mais on passe néanmoins un bon moment et on ne s'ennuie jamais.

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Jappeloup

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8 commentaires

  • Loïc Massaïa

    19/06/2013 à 13h08

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    Si tu devais le comparer au Superman returns de Bryan Singer, et au Superman de Richard Donner, lequel tu mettrais au dessus de l'autre ?

  • nazonfly

    19/06/2013 à 14h17

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    Superman un fantôme c'est quand normal puisque c'est de toute façon un superhéros fade.

  • jaiina

    19/06/2013 à 14h49

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    Zut, moi qui étais tellement impatiente. Bon, je pense que j'irais le voir mais avec des attentes moins élevées. Et est ce que la 3D vaut le coup ?

  • Islara

    20/06/2013 à 10h18

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    Ah oui, tiens, j'ai oublié de parler de la 3D. Ben, comme d'hab j'y suis totalement indifférente. Pas assez de profondeur à mon goût. Quand on va à la Géode et qu'on a une 3DS, forcément la 3D au cinéma, c'est une vaste blague. 
    Il n'y a que les sou-titres qui ont un bel effet de mise en avant... C'est quand même con car pour eux c'est totalement inutile. 

  • Loïc Massaïa

    20/06/2013 à 10h38

    Répondre

    T'as pas répondu à ma question

  • Islara

    20/06/2013 à 16h59

    Répondre

    C'est que je ne peux pas vraiment y répondre : celui (ou plutôt ceux) de Richard Doner je les ai vus il y a trop longtemps, et celui de Singer je ne l'ai pas vu. Néanmoins, j'ai encore en mémoire certains passage de ceux de Doner, soit 20 ans après. Je pense que dans 20 ans j'aurais tout oublié de Man of Steel, donc je dirai que ceux de Doner sont les meilleurs.
    Ce raisonnement ne vaut bien sûr que ce qu'il vaut. 

  • Nicolas

    24/06/2013 à 10h07

    Répondre

    Vu.
    Je n'ai pas trouvé ça horrible, surtout qu'il y moins de choses à explorer avec le personnage de Superman qu'avec celui de Batman. Ils ont cherché à intellectualiser un peu le propos en déstructurant le récit et lui donnant des aspirations malickiennes, mais ça tourne un peu à vide. 
    L'énorme séquence d'action est compréhensible : Superman est un héros hors normes, il se devait d'avoir des obstacles à sa mesure. Le souci, c'est que c'est trop : il n'y a rien d'autres que de l'action, pas d'humour, pas d'émotions, quasiment pas d'enjeux (en tout cas mal présenté). Man of Steel a effectivement plus d'action qu'un Avengers, mais ce dernier était plus équilibré.
    On perd un peu Snyder en route. Le film ne lui ressemble pas, on dirait plutôt du Nolan.

  • hiddenplace

    06/07/2013 à 21h56

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    Alors vu aussi. De façon plus nostalgique que rationnelle, je suis une très grande fan du Superman de Richard Donner (et de Christopher Reeve ) et j'avais trouvé totalement insipide le dernier en date de Bryan Singer (et pourtant ils avaient gardé la musique de J. Williams, eux^^). En revanche je n'y connais rien non plus côté comics.^^
    Ce Man of Steel est un cran au-dessus de celui de Singer, mais loin loin derrière celui de Donner à mes yeux, malgré le côté un peu vieillot de celui-ci. Le principal défaut : les personnages un peu trop taillés à la serpe au profit, comme l'a dit Islara, de l'action, des explosions, des écrans verts partout qui dénaturent énormément le cadre du film je trouve et donnent une impression de gros trailer de jeu video. Je sais que c'est Snyder, et qu'il aime ça, mais si Sucker Punch jouait la carte à fond aussi sur ce plan (mais la trame rendait ce parti pris bcp plus justifié) et que je l'avais bien aimé aussi pour ça, Man of steel m'a assez déplu à cause de ça, parce que je n'attendais pas ça.
    Cette Lois Lane a vaguement le temps de construire un caractère un peu mieux trempé que celle incarnée par Margot Kidder (qui est plutôt nunuche et hystérique mais que j'aime bien pourtant^^), et pourtant on ne s'attache pas franchement à elle, parce qu'elle est vite laissée de côté ensuite. Quant à Kal-el/ Clark Kent/Superman, relevons bien qu'Henry Cavill a (j'imagine volontairement^^) un petit air de Christopher Reeve, qu'il semble plus honnête, et plus mémorable, dans le rôle que le gars du film de Singer, mais pareil, on s'attache moins au personnage. Malgré toute la partie flash back et combat intérieur entre appartenance à Krypton ou la Terre... Sans compter que reléguer la partie où il est journaliste au Daily Planet à un futur opus, ça m'a pas mal déçue. (la baston avec Zod me passionne moins)(d'ailleurs l'acteur qui fait Zod a un air de Jean Marie Bigard, ça m'a perturbée tout le film )
    Bon et puis j'ai trouvé ça long, en gros. La baston pour la baston, à la fin c'était vraiment tout much. D'ici quelques jours, j'aurais vite oublié le film, je pense...

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