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Mamma mia !

Meryl Streep, Pierce Brosnan et leurs potes chantent ABBA. On est content pour eux, mais ils pourraient aussi bien le faire sous leur douche.

A l'origine, il y a Agnetha Fältskog, Benny Andersson, Björn Ulvaeus et Anni-Frid Lyngstad, le quatuor musical connu sous le nom de code ABBA depuis 1970. Mamma Mia, Take a chance on me, Super Trouper... Les tubes s'enchaînent jusqu'en 1982, année où le groupe se dissout. Mais la légende survit, et l'engouement persistant pour ABBA observé dans les années 90 culmine dans la production d'une comédie musicale en 1999, qui est d'abord un succès à Londres avant de conquérir San Francisco, Chicago et bien entendu Broadway. Ecrit par Catherine Johnson, mis en scène par Phyllida Lloyd, le spectacle a finalement droit à une adaptation hollywoodienne, laborieusement pondue près de 10 ans plus tard. Réalisé par la même Phyllida Lloyd (qui, sait-on jamais, commence peut-être à en avoir sa claque des tubes d'ABBA), le film met en scène un casting super-extra-choix, Meryl Streep en tête. On aimerait pouvoir dire que le résultat est un bon moment de détente, mais l'honnêteté oblige à déclarer qu'il s'agit plutôt d'une Je danse le Mia
Je danse le Mia
forme sophistiquée de torture.

Le scénario, d'une complexité digne d'un traité de philosophie en quatre tomes annoté par un thésard monomaniaque, se résume à ses prémisses : Sophie (Amanda Seyfried) a 20 ans et va se marier au bellâtre Sky (Dominic Cooper) ; elle aimerait inviter son père, mais elle ignore son identité... Qu'à cela ne tienne, elle épluche le carnet intime de sa mère Donna (Meryl Streep), et en déduit qu'elle a trois papas potentiels, parmi lesquels elle espère trouver le vrai. Elle écrit donc à Sam (Pierce Brosnan), Harry (Colin Firth) et Bill (Stellan Skarsgard) en croisant les doigts pour qu'ils acceptent de venir... Ce qu'ils font bien entendu sans hésiter, trop heureux de revoir une Donna perdue de vue depuis vingt ans.

Au début, on se sent plutôt bien : le sujet est rigolo, le casting donne envie, et la musique d'ABBA est susceptible de filer la pêche pourvu qu'on ne soit pas catégoriquement allergique (auquel cas il est tout simplement inutile, voire dangereux, de poser le pied dans la salle). Et pourtant, à mesure que le film s'écoule, plusieurs amers constats s'imposent... D'une part le scénario et les dialogues sont désespérants, même en considérant qu'ils ne sont qu'un prétexte aux numéros musicaux : tous les personnages ne sont qu'amour et beauté (luxe, calme et volupté), ils sont tous riches et dégoulinants de gentillesse, et ne génèrent pas l'once du reflet de l'ombre de l'amorce d'un conflit au cours des 110 Pierce and love
Pierce and love
minutes du film. On finit par se contrefoutre de savoir qui est le père de la mariée, et on en vient même à espérer qu'il s'agisse d'un quatrième larron absent ou décédé, afin que nos trois vedettes puissent aller pêcher la crevette sauvage pendant la cérémonie. D'autre part (et c'est là le plus grave), les numéros musicaux en question sont d'un ennui à périr, exécutés par-dessus la jambe par des acteurs qui semblent s'amuser mais fournir peu d'efforts, et mis en scène platement jusque dans les soi-disant délires visuels qui saupoudrent les vocalises de Meryl Streep. Arrivé à la fin du film, on rêve de quitter l'île paradisiaque et ses Bisounours humains, on prie pour que les personnages glissent dans les rochers et se fracassent la tête dessus et on souhaite surtout qu'ils chopent une angine pour qu'ils cessent enfin de beugler à tort et à travers.

Curieusement, le moment le plus sympathique est le générique de fin, pas seulement parce qu'il signe la fin du calvaire mais parce que le numéro musical hors contexte et joyeusement auto-parodique s'avère plus enthousiaste que le paresseux métrage qui l'a précédé.

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10 commentaires

  • Anonyme

    18/09/2008 à 11h18

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    J'ai adoré se film, il est génial et les musique son super.

  • Anonyme

    20/09/2008 à 21h28

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    Pas vu Mamma mia, mais seulement l'affiche : " Un film que vous n'êtes pas près d'oublier" . 


    heu ...."pas prets d'oublier"  =  le publiciaire  est nul en orthographe ou  j'ai besoin de lunettes ?


     

  • Danorah

    20/09/2008 à 23h21

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    Non non, "pas prêts d'oublier" c'est une orthographe répandue mais fausse. La véritable orthographe est bien "pas près d'oublier" (ce qui fait sens malgré tout, si on y réfléchit bien.)


    (Et donc normalement, quand on est une fille, on devrait pas dire "je suis pas prête de l'oublier", mais "je suis pas près de l'oublier" ! Mais bon, faut avouer qu'à l'oral ça fait vraiment bizarre...)

  • Danorah

    20/09/2008 à 23h25

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    Hum pardon, j'avais mal compris, effectivement sur l'affiche c'est la mauvaise orthographe qui est utilisée ^^

  • Anonyme

    26/09/2008 à 19h32

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    Bon arrêtons de causer du niveau en orthographe du publicitaire. Mama mia c'est pas si mal que ça .

  • Anonyme

    29/09/2008 à 00h13

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    Cher monsieur le critique qui ne savez que critiquer. Quand on est un fan d'ABBA, on ne peut que se réjouir de voir et d'entendre Meryl Streep et ses collègues. Quand on sait que la comédie musicale est un succès planétaire, on ne peut s'attendre qu'à une chose : que ce film ait le même retentissant succès. Mais, bien sûr, monsieur le critique, si vous n'êtes pas fan d'ABBA, vous ne pouvez rien comprendre à ce que je dis. Tant pis pour vous !

  • Anonyme

    13/01/2009 à 17h15

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    J'ai bien aimé, mais sans plus !

  • hiddenplace

    25/04/2009 à 18h31

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    Je ne partage pas du tout ton avis, Riffhifi, sur cette comédie musicale, que je découvre avec (plus qu') agréable surprise.


    Déjà, fait avéré, je suis une grosse amatrice d'Abba (même pas honte !^^) et des trucs qui sentent bon les années 70, donc déjà j'entrais dans le film avec un bon apriori. Cela dit, je ne trépignais pas non plus de le voir, et après coup, je peux finalement avouer... que je me suis régalée.


    Pour revenir sur ta critique, Riffhifi, je me demande en fait si  tu ne serais pas passé à côté de l'objectif du film... Pourtant tu l'évoques dans ta conclusion en parlant d'auto parodie, qui selon moi semble correspondre non pas seulement  au générique de fin, mais à tout le film. Lorsque tu dénigres l'optimisme naïf et les bons sentiments qui débordent du métrage, il me semble que comme toute comédie musicale du genre (avec en plus le répertoire d'Abba !), Mamma Mia s'inscrit dans un registre de personnages volontairement caricaturaux et joyeux (pour se mettre à chanter en pleine rue, il vaut mieux^^) et constamment dans l'auto-dérision (Pierce Brosnan en tête)


    La photographie de carte postale avec couleurs magnifiées (même si tout se passe en Grèce et que c'est déjà un très beau cadre) finit d'inscrire le film dans une atmosphère  presque irréelle. (voire surréaliste)


    Sinon j'ai trouvé au contraire, que pour des acteurs pas forcément chanteurs, ils se débrouillaient vraiment pas mal (la petite ne serait pas chanteuse, d'ailleurs ?), et qu'ils s'étaient vraiment impliqués et voire même bien amusés, visiblement.


    Contente de l'avoir vu en tout cas, et je le reverrai volontier à l'occasion.

  • gyzmo

    25/04/2009 à 23h07

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    Ouep. Rif est un peu dur avec le film mais c'est compréhensible que Mamma Mia n'inspire
    pas l'enthousiasme. D'abord, faut quand même aimer les hits de ABBA.
    Autrement, c'est mort. Ensuite, faut supporter de voir à l'écran des femelles hystériques et
    des mâles en chaleur. Sinon, c'est mort. Enfin, faut se farcir tout un tas de clichés du
    genre, un histoire inintéressante au possible et la photographie kitchoune qui va avec. Sans quoi, c'est mort. Mais bon. Je dis ça alors que malgré toutes ces observations, j'ai quand même apprécié le visionnage et l'écoute du film, en fin de compte. Pour l'énergie communicative des acteurs (z'ont dû s'éclater, c'est une certitude) et les chorégraphies maladroites mais assez délirantes (la révolution féminine selon Dancing Queen ; l'invasion palmée de Lay all your love on me). Et un joli moment avec le The Winner Takes It All de Meryl Streep (étonnante en chanteuse de comédie musicale !). En plus, j'aime bien ABBA et l'auto-dérision. Du coup, j'étais plutôt mort de rire devant ce bon petit métrage plein de bonne intention que mort tout court.

  • Anonyme

    08/05/2010 à 19h06

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    Vivent Meryl Streep et Pierce Brosnan ! Quel émotion lorsque Donna chante "The Winner takes it all" !


    La musique est géniale, le cadre splendide, les acteurs merveilleux ...

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