6.5/10

Lucky You

Et au milieu coule une river...

A Las Vegas, Huck vit du jeu et de rien d'autre. Il y a des hauts, des bas, mais Huck est un bon, un très même s'il parvenait à freiner ses penchants téméraires. A l'inverse, dans la vie réelle, l'homme refuse de s'engager et préfère conserver de bonnes distances. La faute, il l'attribue à son père, joueur légendaire également, qui n'hésita pas une seule seconde à quiter sa femme en lui subtilisant toutes ses économies. Alors que le World Poker Series s'apprête à débuter, Huck rencontre la jeune et jolie Billie Offer, qui va remettre beaucoup de choses en question...


"Ne t'avise plus jamais de remettre une chemise
violette, c'est MA couleur !"
"Tu mènes ta vie comme tu devrais jouer au poker, et tu joues au poker comme tu devrais mener ta vie." En une phrase, Robert Duvall résume et expose la problématique du film. La grande classe, assurément, même si le véritable nerf de  cette production n'échappera à personne : le poker, phénomène de mode accessible à tous depuis l'incursion des caméras sur les grandes tables de jeu en 2003, et son apparition sur internet dans la foulée. Tout le monde, ou presque, sait maintenant qu'il n'existe pas qu'une seule forme de poker, celle à cinq cartes, et que les parties ne se finissent généralement pas avec des quinte flush royal, ce n'est pas notre ami Patrick Bruel qui nous contredira. Je vous vois déjà penser que Lucky You est un film de poker, hermétique, réservé aux initiés, et donc lourdingue si l'on n'y comprend pas un mot ou que la motivation pour y entraver quelque chose fleure bon le zéro absolu. En un sens, vous n'auriez pas tort, car si le film se dote d'une problématique intéressante sur une douloureuse relation père-fils, c'est bien le jeu en tant que tel qui sera mis en avant, et pas dans sa meilleure forme. Chaque partie se résume alors à une ou deux mains, pendant lesquelles Eric Bana promène son regard à droite et à gauche, cherchant à nous faire comprendre " Je suis une légende, je sais ce qu'ils ont dans leur main, pourquoi ils l'ont, et ce qu'ils vont en faire", et va mourir dans un "all-in" (ou "tapis") meurtrier pour l'un des deux camps. Ca a le mérite d'être assez proche de la réalité, mais assez peu passionnant si l'on se prend à comparer Lucky You et Casino Royale (qui lui, pour le coup, se révèle déjà nettement plus fantaisiste et pas mal basique). Difficile de faire plaisir à tout le monde, n'est-ce pas Curtis ? Certes, la volonté y est. C'est ainsi que l'histoire fait parfois un petit crochet pour illustrer un peu les dessous déviants de Las Vegas, allant des parieurs  un peu dingues aux  charlatans notoires. Et puis, il y a Drew Barrymore, magnifique potiche profane servant à la fois à représenter les non-initiés au poker et à concevoir une petite bluette assez superficielle malgré le parallèle réalisé avec le jeu.

Lucky You est effectivement un film de poker, d'une part, et une comédie sentimentale, d'autre part. Dans les deux cas, le traitement reste assez superficiel, et vaut surtout par la reconstitution de l'univers du jeu de cartes et de ses figures emblématiques. Les initiés s'y intéresseront, les autres bailleront certainement.

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Krull

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