6.5/10

Lovely Bones

Adolescente sans autres soucis que ceux de son âge, Suzie se voit obligée de quitter le monde des vivants suite à sa rencontre avec un voisin serial killer. Désormais âme en peine, elle va entretenir tant bien que mal un lien avec sa famille tout en tentant de faire arrêter son meurtrier...

Avant propos

Cette critique parle beaucoup de Peter Jackson au regard de ses errances gores passées. Qu'elle ne vous empêche pas de découvrir Lovely Bones par vous-mêmes. Malgré ce que peut en dire l'auteur de ces lignes, le film en vaut la peine. Même si... 

Adolescente sans autres soucis que ceux de son âge, Suzie se voit obligée de quitter le monde des vivants suite à sa rencontre avec un voisin serial killer. Désormais âme en peine, elle va entretenir tant bien que mal un lien avec sa famille tout en tentant de faire arrêter son meurtrier...

Quand Peter Jackson explosait des moutons, rien ne laissait soupçonner que sous cette barbe pleine d'hémoglobine se cachait un sensible un peu fleur-bleue. Cet "autre Peter Jackson" s'est pourtant dévoilé assez tôt, pour ainsi dire tout de suite après Braindead, lorsqu'il tourne Créatures Célestes. Ou l'histoire de deux gamines délaissant le monde réel pour leurs univers oniriques. Chose étrange, là où le Néo-zélandais développait tant de belles idées pour mettre en image un broyage de zombies, il se montre d'une pudeur presque exacerbée au service de sujets plus "respectables", épurant sa mise en scène, s'effaçant totalement derrière sa caméra comme pour vouloir capter l'instant le plus authentique. D'aucun trouveront cela cohérent, et il sera difficile de leur donner tort, reste que par un étrange paradoxe, Peter Jackson n'est jamais aussi peu à l'aise que quand il donne dans la simplicité. Lovely Bones en est malheureusement une nouvelle preuve. Pas qu'en soi le film soit mauvais, il est, à l'échelle jacksonnienne, simplement quelconque.

Si Créatures Célestes avait un côté balourd assez horripilant, Peter Jackson est parvenu depuis à nous émouvoir avec un singe en 3D grand comme un lampadaire. C'est donc sans grand surprise qu'il réussit, avec Lovely Bones, à véhiculer une naïveté fragile que l'on craint de voir à tout instant sombrer dans la niaiserie sucrée. Ce n'est jamais le cas et pour peu que l'on ait laissé son cynisme au placard, il n'est pas interdit de sortir de la salle avec un léger bourdon. Mais rien malheureusement qui ne laisse pas penser que le réalisateur se bride lui-même face aux écrits d'Alice Sebold. Le tout manque de cette folie propre au cinéaste, cette sorte d'aspérité grinçante qui, à registre quasi-égal, caractérisait son magnifique Fantômes contre fantômes déjà non dénué d'une certaine mélancolie. Détail qui ne trompe pas, les seuls instants où Lovely Bones sort du stade conventionnel sont ceux mettant en scène la grand-mère hippie de Suzie, vestige des personnages déjantés qu'affectionnaient Jackson. Le plus malheureux reste cependant la vision de l'Au Delà dont nous gratifie l'intéressé, faisant évoluer Suzie dans une sorte de paradis New Age d'un goût discutable. Un terrain où, malgré quelques fulgurances esthétiques, l'on attendait un Peter Jackson plus imaginatif, et si les images de synthèses volontairement artificielles -Weta ne manquant en temps normal pas de métier pour créer des choses photoréalistes- sont cohérentes avec l'irréalité de l'ensemble, les passages type "champ de blé sur Song of Siren" relèvent carrément du douteux.

Lovely Bones reste au bout du compte un gentil film, qui se suit sans déplaisir aucun, photogénique et interprété au diapason, où, quelque part, après nous avoir appris à rigoler de la mort, Peter Jackson nous propose de respecter la faucheuse et de profiter de la vie. Certains y trouveront une forme de maturité. Pourquoi pas. Reste à savoir si la maturité est une bonne chose.

...

Dis Peter, quand tu auras reçu tous tes Oscars, tu recommenceras à faire baiser des marionnettes ?

Partager cet article
A voir

Mac (Le)

A propos de l'auteur

3 commentaires

  • Wax

    25/02/2010 à 21h36

    Répondre

    J'apprécie les "errances gore" de Peter Jackson même si n'étant pas un connaisseur du genre mais j'ai également beaucoup aimé The Lovely Bones. Des choix parfois douteux mais un indéniable sens esthétique, casté au millipoil, la musique de Brian Eno... et puis c'est probablement par excès de sensiblerie mais le champ de blé sur Song to the Siren, ben ça m'a ému...


    Toujours un vrai plaisir de te lire en tous cas Lestat.

  • Anonyme

    03/03/2010 à 11h34

    Répondre

    Peter Jakcson maitrisait mieux la mise en scène d'un fait divers que cette adaptation, il se perd souvent lors de la fusion des deux univers qu'il dépeind.


     On a l'impression de voir une première oeuvre tant les défauts résultent de la maladresse. Un film très imparfait mais touchant.


     Zero pointé pour la conclusion concernant le voisin par contre.

  • Anonyme

    17/06/2010 à 22h10

    Répondre

    c nul je suis obliger dacheter le lecteur blue ray pour voir les bonus SNIFFF !!

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques